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Engagé pour la bonne cause, le chanteur demande à ce que les enfants du monde entier aient accès à l’eau propre.
Lire l'articleLe nom de Yoko Ono est tellement associé à celui de John Lennon qu’on a du mal à imaginer que l’artiste japonaise ait développer une carrière musicale rien qu’à elle. Ce fut pourtant réellement le cas, et ladite carrière est même moins anecdotique qu’on pourrait le penser…
Yoko Ono naît le 18 février 1933 à Tokyo (Japon). Fille d’un riche banquier, elle recevra une éducation très poussée, notamment au niveau de l’apprentissage de la musique classique et du chant lyrique. Après plusieurs allers-retours entre le Japon et l’Amérique (et une douloureuse période de vaches maigres durant laquelle Yoko avouera avoir développé son caractère agressif), sa famille se fixe à New York en 1947. C’est là qu’elle découvre l’art et le style de vie « bohémien » - au grand dam de ses parents ! En 1956, elle épouse le compositeur contemporain Toshi Ichiyanagi, dont elle divorcera en 1963 pour se marier aussitôt avec le musicien de jazz Anthony Cox, à qui elle donnera une fille : Kyoko. En parallèle, elle poursuit une carrière d’artiste contemporaine, faite de happenings et de créations plastiques dadaïstes, notamment au sein du collectif Fluxus.
Totalement immergée dans l’univers de la musique avant-gardiste et de l’art contemporain, Yoko Ono rencontre John Lennon en 1966, alors que son mariage avec Cox bat gravement de l’aile. Rapidement, John et Yoko deviennent inséparables, le Beatle découvrant grâce à elle une forme de création satisfaisant son goût pour la transgression et la recherche sonore. C’est notamment sous la pression de Yoko Ono que l’expérimental Revolution n°9 se retrouvera sur le double album blanc des Beatles qui sort en novembre 1968. Le couple sortira dans la foulée trois albums hermétiques, à base de cris, de bruits divers et d’improvisations au piano : "Unfinished Music N°1: Two Virgins" (1968), "Unfinished Music N°2: Life with the Lions" (1969) et "The Wedding Album" (1969) - ce dernier étant dédié (comme son nom l’indique) à leur mariage le 20 mars 1969 à Gibraltar.
John et Yoko ayant fait le serment de ne pas passer une seule journée séparés, Mrs Lennon se retrouve donc au milieu du groupe lors de chacune de leurs sessions d’enregistrement, ce qui a le don d’agacer Paul, Ringo et George. Lorsque le chanteur quitte officiellement les Beatles en 1970, John Lennon et Yoko Ono donneront alors libre cours à leur frénésie créatrice et à leur militantisme en faveur de la paix. Ils nomment Plastic Ono Band le groupe qui les accompagne sur scène et en studio, tandis que chaque 45 tours que John sort sous son nom propose un morceau entièrement composé et chanté par Yoko en face B – tel le célèbre Don’t Worry, Kyoko, qui sera repris en 1983 par les B-52’s. Tandis que Lennon connaît une popularité en dents de scie avec ses disques solos, Yoko Ono persiste dans l’avant-gardisme avec "Yoko Ono/Plastic Ono Band" en 1970 (disque jumeau du John Lennon/Plastic Ono Band qui sort le même jour mais n’a rien à voir musicalement) et le double album "Fly" (1971), qui se basent tous deux sur les cris douloureux de l’artiste et des improvisations free-jazz. "Approximately Infinite Universe" (1972) sera de facture plus classique, tandis que "Feeling the Space" (1973) reviendra, lui, à une veine radicale. Réconciliée avec John et devenue maman d’un petit Sean Lennon, Yoko Ono accompagnera son mari dans son break musical de cinq ans, pour revenir à ses côtés en 1980 sur le très pop "Double Fantasy". Suite au décès tragique de l’ex-Beatles, le 45 tours Walking on Thin Ice (for John) - ultime morceau sur lequel le couple avait collaboré – sort en janvier 1981 et sera le seul single signé Yoko Ono à percer dans les charts anglais. Il sera même repris plus tard par Elvis Costello…
Après le déchirant "Season of Glass" en 1981 (dont la pochette reprend une photo des lunettes de John Lennon tâchées de sang) et l’expérimental "It’s Alright (I See Rainbows)" en 1982, sort "Milk and Honey" (1984) – enregistré par John et Yoko en même temps que "Double Fantasy" et édité là à titre posthume. Il sera suivi par le conceptuel "Starpeace" (1985), avant que Yoko Ono ne mette sa carrière musicale en pause. Peu à peu, son influence sur la new-wave et le rock expérimental est appréciée à sa juste valeur, préparant le terrain pour son retour en 1992 via "Onobox", un coffret de six CD compilant toute son œuvre et de nombreux inédits. En 1995 apparaît un vrai nouvel album-studio, "Rising", qui associe cri primal et compositions relevant du funk ou du heavy rock – avec la participation de Sean Lennon et de son groupe IMA. Il sera suivi du EP "Rising Mixes" (1996), réunissant des remixes réalisés par Tricky, Ween ou Thurston Moore (Sonic Youth). "Blueprint for a Sunrise" (2001) est un nouvel album concept sur le féminisme, dont le successeur sera "Between My Head and the Sky" (2009), enregistré sous l’appellation Yoko Ono-Plastic Ono Band et comportant des collaborations avec Cornelius, Cibo Matto et Sean Lennon. Entre temps sont apparus "Yes, I’m a Witch" (2007) et "Open Your Box" (2007), composés de remixes réalisés par la crème du rock indé et de l’électro. Deux preuves supplémentaires de l’impact qu’ont pu finalement avoir les créations de celle qui fut raillée durant les années 60-70, et dont l’influence sur Nina Hagen, Diamanda Galàs ou Björk est aujourd’hui reconnue. Belle revanche, n’est-ce pas ?
(Source : AlloMusic, Christophe Lorentz)
11/03/2011
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