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La Sacem a publié les chiffres des tournées en France. La personnalité préférée des Français est en tête !
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Aujourd'hui, on aurait pu vous parler du nouveau single d'Archimède, de la B.O. de The Avengers, voire même des teasers d'Anaïs. Mais aujourd'hui, on est roots, on est Yannick Noah.
Lire l'article« Mamaaaaaan ! Soit Papa se fout de ma gueule, soit il est frappé de sénilité précoce. Dans les deux cas c’est inquiétant. Il prétend quand même que Yannick Noah a été champion de tennis ! Mamaaaaaaan ! C’est encore pire que prévu. Maintenant il me soutient que Yannick Noah a gagné Roland Garros. Ça se saurait quand même si des Français, des Français vivants s'entend, avaient gagné Roland Garros… »
Ce petit extrait d’une conversation entendue (ou alors imaginée. Mais tellement probable que ça ne compte pas) peut se résumer en un concept ponciforme : le fossé des générations. Ou alors un sacré coup de vieux. Mais dans tous les cas il va falloir s’y faire, pour les ados d’aujourd’hui Yannick Noah est une star de la musique. Pas un sportif de (très) haut niveau qui a réussi sa reconversion… Il était donc nécessaire, vital pour la paix des familles, de revenir sur le parcours, atypique, de Yannick Noah.
Si le garçon voit le jour en 1960 à Sedan dans les Ardennes, c’est que son père, Zacharie, y joue au foot en tant que professionnel. Sa mère, Marie-Claire-Echalier-Perrier est enseignante et fille d’un professeur de dessin, auteur de plusieurs recueils de poèmes. Bref, tout petit déjà, le garçon navigue entre le sport et l’art. Mais comme il est plus évident, et plus habile, de commencer par le premier avant de se reconvertir dans le second plutôt que l’inverse (on a rarement vu un romancier précoce devenir champion du monde de foot à 50 ans) c’est vers le tennis que Yannick va se tourner d'abord. Une discipline que le garçon découvre au Cameroun, à Yaoundé, où sa famille est venue s’installer quand il avait trois ans. Doué, il se verra même offrir une raquette par Arthur Ashe (à ne pas confondre avec le très bon Arthur H, parce que ça n’a rien à voir). Pour le reste c’est au début des années 80 que Yannick se forge sa réputation dans le milieu de la balle jaune, qui à l'époque était d'ailleurs plutôt blanche. Joueur sympathique et extravagant, il remporte Roland Garros en 1983. Ensuite, il connaîtra plus de hauts que de bas, collectionnera les (rares) coups d’éclats et les défaites aux premiers tours. Peu importe, son empreinte était déjà là, gravée dans la terre battue de la Porte d'Auteuil. A la fin de sa carrière il se voit confier le capitanat de l’équipe de France en Coupe Davis. En mêlant la préparation mentale aux conseils techniques, il permet aux bleus de se hisser au sommet du monde en 91 et en 96 et aux filles de faire de même en 97.
Pourtant dès le début des années 90, Yannick Noah pense à changer de passion. Il enregistre un premier morceau, Saga Africa, succès en trompe l’œil : la chanson est bien le tube de l’été 91, mais elle ne permet pas à Yannick de s’installer en tant que chanteur. Le côté chenille du titre lui nuit un peu. L’album Urban Tribu qui sort en 1993 passe alors inaperçu. Il mettra sept ans pour en sortir un deuxième. Entouré cette fois-ci de Jean-Jacques Goldman et de son frère, Jean Kapler, l’album éponyme s’offre un joli succès. Yannick investit même le Zénith de Paris. Il sort un disque live, puis un nouvel album Black and What qui ne marque pas les esprits. Un an plus tard, en 2003, il fait un retour gagnant avec Pokhara (rien à voir avec M Pokora non plus) qui se vend à près d’un million d’exemplaires. Les rythmes sont exotiques, les paroles universelles, la recette imparable. Mais Yannick ne se contente pas de ça. En parallèle de sa nouvelle carrière il monte deux associations, Les enfants de la terre et Fête le mur, qui viennent en aide aux enfants défavorisés. Des initiatives et des valeurs qui lui valent d’être élu personnalité préférée des Français dans un célèbre journal dominical.
Les succès de Métisse(s) ou de Charango, portés par des tubes comme Métisse (avec Disiz La peste), Mon eldorado, Donne moi une vie ou Aux arbres citoyens, semble prouver que le chanteur aux pieds nus a définitivement trouvé sa voie. Quelque part entre coups de gueules citoyens et messages de paix et d’espoir. Quelque part entre la world music et la variété française. Bref, une terre inconnue, mais pas franchement hostile.
Quand à la suite, elle est d’ores et déjà assurée. Mais dans vingt ans, quand Joachim Noah, le fils de, sera un des acteurs les plus connus du monde, les ados auront du mal à croire qu’il a été basketteur dans la même équipe que Michael Jordan (Michael qui ? Oh le coup de vieux…). Ceux qui se souviennent de Yannick Noah tennisman, tiendront alors leur vengeance. D’ici là il va falloir patienter.
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