Artiste : faites-vous connaître, diffusez vos propres morceaux, mélangez-les à vos titres préférés dans vos playlists
S'inscrire pour créer sa fiche artiste
La musique classique s'offre une seconde jeunesse grâce au sampling, souvent utilisé dans la musique moderne, avec plus ou moins de réussite...
Lire l'article
Lire l'article
Même si l’iroquoise remporte plus de suffrages que la perruque poudrée
dans les squatts de punks à chiens, W.A. Mozart aurait très bien pu s’intégrer à
une telle populasse de freaks. A première vue, du moins. Scato, alcoolo, trousse
jupon, rebelle, poil à gratter, rien qui ne dénote réellement des crêteux
susnommés. Il serait parfaitement dans le ton du punk, pourrait-on dire, en
s’essayant à un jeu de mots douteux. Seulement voilà, loin de se limiter aux
trois accords simplistes en vogue chez les aficionados du oï !, le Monsieur,
bien que lui aussi frivole et décadent, a révolutionné la musique de son époque,
et la musique tout court. Né à Salzbourg (Autriche) le 27 janvier 1756, Mozart a
en effet été celui par qui le langage musical classique a trouvé sa voie. Il fut
celui qui su simplifier l’harmonie, après des siècles de tentatives confuses de
clarification du langage tonal.
La musique fut, dès ses premières années,
le langage de prédilection du jeune Amadeus, qui rappelons-le, signifie « Aimé
des dieux ». En effet, le bambin, comme touché par la grâce divine, révèle dès
l’âge de 3 ans des dons prodigieux pour la musique. Il n’est pas inutile de
préciser que son père n’est autre que Leopold Mozart (1719-1787), fameux
compositeur et fin pédagogue, ce qui permet à Wolfgang de baigner dans une
ambiance musicale dès ses premiers balbutiements… et même avant ; Amadeus sait
déchiffrer une partition et jouer en mesure avant même de savoir lire, écrire,
compter ou même s’exprimer oralement de façon correcte. Il a l’oreille absolue
et une mémoire musicale hors du commun, quasi miraculeuse. Déconcerté par les
facilités et la précocité de son enfant, Papa apprend à Junior à jouer du
clavecin dès l’âge de 5 ans. L’apprentissage du violon suit, puis celui de la
composition, domaines dans lequel le surdoué excelle rapidement. A 6 ans, il
couche sur papier ses premières œuvres, et Leopold décide de faire voyager son
chérubin à travers l’Europe. C’est au cours de la tournée qui suivra que le
jeune phénomène se forge une solide culture musicale, très variée qui plus est,
et qu’il rencontre deux musiciens qui le marqueront grandement : Joseph Haydn et
Johann Christian-Bach, fils cadet de J-S Bach, qui lui apprendra le pianoforte.
Il lui enseignera également les bases de la composition d’une symphonie et
l’initiera à l’opéra italien. C’est donc sur la route que le virtuose de la
partition d’orchestre accouchera de son premier opéra, "Appolo et Hyacinthus"
(1767), genre auquel il donnera ses lettres de noblesse, grâce à une parfaite
maîtrise de la polyphonie vocale. Mozart aime les voix, et c’est un homme de
théâtre. Il sera en outre le premier compositeur à mettre en scène des
personnages à dimension humaine, bien loin des divinités et autres allégories
qui étaient à l’époque légion sur les planches de l’opéra. Ainsi, les
protagonistes cessent d’être des stéréotypes et redeviennent « terrestres »,
emberlificotés dans la complexité psychologique propre à l’Homme.
Toute
l’existence de Mozart sera liée à l’Opéra, son parcours étant jalonné de perles
lyriques, et ce, dès son plus jeune âge ; durant l’été 1768, alors qu’il n’a que
12 ans et qu’il est de retour en Autriche après sa tournée des capitales
européennes, il écrit deux autres opéras : "Bastien et Bastienne", et "La Finta
Semplice", toujours joués aujourd’hui. "L’Enlèvement au sérail" (1782), "Le Nozze di
Figaro" (1786), "Don Giovanni" (1787), "Cosí Fan Tutte" (1970), "Die Zauberflöte" (La
Flûte enchantée, 1791) ou encore "La Clemenza di Tito" (1791) figurent en effet
parmi les sommets de l’art lyrique. On lui doit également la "Messe du
Couronnement" et le fameux "Requiem", toujours dans le registre de la musique
vocale, religieuse cette fois. L’œuvre instrumentale de Mozart est elle aussi
unanimement reconnue comme l’une des plus abouties. Il est notamment le
compositeur de la "Symphonie n°40 en en sol mineur", la "Symphonie n°41", dite
"Jupiter", d’une flopée de sonates et de concertos, ainsi que d’innombrables
pièces pour musique de chambre.
Durant les dernières années de sa vie,
ayant une fâcheuse tendance à brûler la chandelle par les deux bouts, le
compositeur tombe régulièrement malade et croule sous les dettes, malgré des
succès phénoménaux. Il compose néanmoins beaucoup, mais, accablé par la maladie
et les privations dues à sa pauvreté, il décède le 5 décembre 1791, à 35 ans et
est enterré à la va-vite dans la fosse commune du cimetière de St Marx, dans la
banlieue de Vienne. Avec plus de 650 œuvres au compteur (soit plus de 200 heures
de musique), il laisse derrière lui un héritage colossal, et ne cessera
d’influencer des générations de musiciens. Spontané, irrévérencieux, audacieux
et terriblement prolixe, Mozart aura vécu vite mais pleinement, en parfait punk,
somme toute.
(Source : AlloMusic, Sophie Noël)