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Alors que les trois acteurs principaux de ce qu’on a appelé “la nouvelle chanson française” sont au cœur de l’actualité, Allomusic fait le bilan de ce qu’est devenu ce mouvement musical.
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Le chanteur sort deux livres avant de proposer une pièce de théâtre. Premier bilan.
Lire l'articleUne voix qui ne fait presque pas d’effort pour chanter des petites histoires très quotidiennes, des arrangements qui se limitent, le plus souvent, à du piano-voix, des références plutôt pointues et du "name-dropping" (placer le nom d'autres personnalités dans ses textes, comme dans Fanny Ardant et Moi) : voilà la recette qui a assuré à Vincent Delerm son succès et la rancœur de ses plus fervents détracteurs. Car l'auteur-compositeur-interprète-arrangeur divise.
Né d’un père écrivain Philippe Delerm, auteur, entre autre, du best-seller La première gorgée de bière (un recueil de nouvelles très détaillées sur les petits plaisirs de la vie... Ça vous rappelle quelque chose ?) et de Martine Delerm illustratrice de romans pour la jeunesse, Vincent a toujours été nourri par les mots. Mais pour les accompagner il s’orientera très vite vers la chanson avec une prédilection pour le piano.
Musicalement, ses idoles de jeunesses s’appellent William Sheller, Barbara ou Alain Souchon, pour les français ou The cure pour les anglais. Mais ce qui le touche aussi, et qui ne le quittera plus jamais, c’est le cinéma de François Truffaut. Ces histoires d’amour, cette mélancolie, ces personnages qui se cognent à la vie. Il consacre même sa maîtrise de lettres moderne au cinéaste. "François Truffaut cinéaste écrivain" sous titrée "en quoi le cinéma de Truffaut est-il littéraire ?". Puis, Vincent se tourne vers le théâtre. C’est là qu’il découvre les plaisirs de la scène. C’est par là que va naître sa vocation.
En février 98, à Rouen, où il fait ses études, il donne donc ses premiers concerts dans une toute petite salle. Il rôde ses premiers textes qui deviendront, quelques années plus tard ses premiers succès. Puis il a une idée de génie. Plutôt que d’envoyer sa maquette à une maison de disque il se débrouille pour qu’elle tombe entre les mains de l’acteur François Morel. Parce que Vincent Delerm imite très bien les Deschiens et qu’à cette époque, François Morel a une chronique sur France Inter. L’idée, risquée, porte ses fruits puisque l’acteur tombe sous le charme de ses chansons minimalistes et réussi à les diffuser sur les ondes. Résultat, Thomas Fersen entend parler de lui et lui permet de rejoindre Tôt ou tard, sa maison de disque. Fin avril 2002 "Vincent Delerm" sort dans les bacs. Un premier album surprenant qui, avec des titres comme Fanny Ardant et moi (en référence directe à François Truffaut) ou Tes parents (chanson qui réussit l’exploit de réunir Joe Dassin et Télérama !) se fraie une jolie place dans la chanson française. Avec Bénabar ou Jeanne Cherhal ils forment la nouvelle scène française. Une famille estampillée "chanson à texte" que l’on veut opposer, parfois malgré ses propres membres, à la Star Ac. Comme un contre pouvoir. Résultat, "Vincent Delerm", premier album, se vend à 400 000 exemplaires. Il ne reste plus qu’à fidéliser le public.
Si certains se sont lassés, un peu, du style Vincent Delerm, c’est sûrement qu’ils n’ont pas eu la chance de le voir en concert. Entre deux albums, pour l’instant il en sort un tous les deux ans, le chanteur occupe la scène. Initialement en piano voix, il a depuis élargi son band. Rejoint par cinq musiciens, il offre plus que des concerts. Ses cours de théâtre lui reviennent, il propose une vraie mise en scène, se permet quelques blagues d’un humour à la fois fin et grinçant, et surtout il donne à ses chansons une toute autre ampleur. Il s’en dégage une mélancolie frêle, fragile et insoupçonnée. Si les critiques l’égratignent parfois, le public et les professionnels le suivent toujours de près. Il a ainsi enregistré en 2007 un disque de ses chansons favorites aux côtés, entre autres de Bénabar, Renaud, Alain Souchon, Philippe Katerine, Héléna Noguerra ou Valérie Lemercier. Alors finalement, il n’y aucune raison qu’il change de recette. C’est toujours aussi bon.
(Source : Allomusic)
VINCENT DELERM@ALLOSONG
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