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Ville au climat sombre et à l'histoire chargée, Bristol a eu une influence majeure sur la musique contemporaine.
Lire l'articleLes huit potes multicolores de UB40 ont trouvé le nom de leur groupe sur l'« Unemployment Benefit form 40 » britannique. En français : le formulaire numéro 40 d'inscription aux allocations chômages. Il faut dire que nous sommes en 1978, dans la riante citée ouvrière de Birmingham, et que la politique de relance économique de Margaret Thatcher fait plutôt mal aux classes populaires Outre-Manche.
Avec leur nom pour étendard, leurs tronches de pub Benetton et leur musique fleurant bon les Antilles, le Ska, le Rock Steady et surtout le bon gros Reggae, les frères Robin (guitare) et Ali (guitare/chant) Campbell et leurs acolytes avaient tout pour rassembler un public jeune, picoleur et en mal de fête pour oublier tout le reste.
Influencés par les Gregory Isaac's et autres Jimmy Cliff, UB40 sort un premier album, "Signing Off", en 1980. La pochette représente le fameux formulaire et le titre, appliqué comme un coup de tampon administratif rouge, fait référence à la mention indiquant que le chômeur a retrouvé du boulot, comme un clin d'œil au lancement du groupe. C'est un disque auto-produit, une première dans l'industrie discographique britannique. Même s'ils ne pointent plus (ni aux allocs, ni à l'usine), les UB40 persistent dans leur révolte détendue - mais sophistiquée - l'année suivante, avec la chanson One in Ten sur leur second opus "Present Arms". Le titre est une attaque frontale contre la politique sociale de la Dame de fer.
C'est avec "Labour of Love" et la reprise de Red Red Wine en
1983 que le groupe va connaître le succès hors de ses frontières,
jusqu'à être propulsé en tête des ventes US. Depuis les albums et les
succès s'enchaînent. Les Best Of aussi, Noël après Noël. Après trente
ans de collaboration, le chanteur Ali Campbell a décidé en 2008 de
quitter le groupe. Ses anciens potes, beaucoup moins « United Colors of
Benetton » sur ce coup, ont expliqué à la presse qu'Ali voulait se
consacrer à sa carrière solo. Ce dernier s'en défend, et évoque des
décisions administratives prises au sein de UB40 qui ne lui
convenaient pas. Il a depuis été imité, pour les même raisons, par le
pianiste Michael Virtue. On n'a pas fini de voir arriver les Very Best of all Time UB40 dans
les bacs. C'est moche quand les jeunes, pauvres et chômeurs, deviennent
vieux, riches et touchent de gros droits d'auteurs.
(Source : AlloMusic, Antoine Deshusses)
30/03/2011
03/03/2011
23/04/2010
23/04/2010