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Aujourd'hui, on aurait pu vous parler, encore, de Youssoupha, de la carrière musicale de Jack Black, voire même de Justin Bieber. Mais aujourd'hui, on est pointus, on est Thomas Dutronc.
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Françoise Hardy craignait de se retrouver à la rue. Thomas à la solution !
Lire l'articleFils de… Thomas Dutronc a dû entendre un certain nombre de fois cette sentence, intéressée ou agressive, selon les rapports que les gens cherchaient à établir avec lui. Il n’a pourtant pas choisi d’être le fruit d’un des couples les plus fascinants de France, médiatique autant que mystérieux. Avoir pour géniteurs Françoise Hardy, chanteuse astrologue et Jacques Dutronc, interprète j'm’en foutiste, tous les deux icônes de la génération Yéyé, ce n’est pas forcément une sinécure. Surtout quand on décide de se lancer dans la chanson.
Alors pour échapper à cette pression, Thomas Dutronc a multiplié les chemins de traverse. Il a commencé par s’intéresser à la photographie, puis il a obtenu, avec mention très bien, un bac scientifique (Passe encore qu’il ne soit pas cancre. Mais scientifique… Pour un artiste, ça fait tache) avant de s’inscrire en fac. Une fac d’art, quand même. Vers 18 ans, il est rattrapé par la musique. Pas celle de ses parents, mais le Jazz manouche de Django Reinhardt. Une révélation. Thomas se décide alors à apprendre la guitare. Il copie son idole jusque dans sa façon de jouer en se privant de certains doigts. A force de travail et d’obstination, il atteint même un très bon niveau. Mais le Swing gitan n’est pas exactement le genre de musique qui ouvre la porte des Majors et des radios FM. Tant mieux. Ce relatif anonymat permet au musicien de faire ses armes dans les cafés, les fêtes d’entreprises et quelques scènes un peu plus publiques. A force de tourner, il commence à gagner sa vie. Il signe quelques morceaux sur des BO et participe aux albums "Mademoiselle" d’Henri Salvador et "Brèves rencontres" de… son père. Bref, si l’on oublie ses apparitions moyennement convaincantes comme acteur au cinéma, tout lui réussit. Sur sa lancée, le guitariste décide de se lancer un défi, à priori compliqué : réconcilier ses pères - le naturel et le spirituel- et qu’ensemble ils finissent par faire la paire.
Le résultat s’appelle "Comme un manouche sans guitare"
et apparaît dans les bacs en octobre 2007. La filiation n’est plus
honteuse. Au contraire elle est assumée et même tournée gentiment en
dérision avec le titre phare J’aime plus Paris qui répond, plus ou moins directement, à Il est cinq heures Paris s’éveille. On retrouve dans cet album, rapidement certifié disque d’or, toute la nonchalance de Jacques Dutronc, tout son humour en retrait, mais aussi toute la dextérité inspirée de Django Reinhardt.
Les paroles sont bien tournées, les musiques bien troussées. Son tube a
reçu le grand prix de l’UNAC (Union Nationale des
Auteurs-Compositeurs). Ses pairs ne s’y sont pas trompés. Ses pères
peuvent être fiers de lui…
(Source : AlloMusic, Nicolas Roux)
Le JT du 7 mai 2012
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