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Le retour sur scène des Rolling Stones est imminent : une tournée pour 2013 est peut-être d'actualité !
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Aujourd’hui, on aurait pu vous parler du Journal de Mickey qui aime David Guetta, de Katy Perry qui fait un remake de "Full Metal Jacket", voire même de Modeselektor et de son clip Berlin made in France. Mais aujourd’hui, on est karaoké, on est Helmut Fritz.
Lire l'articleC’est bien connu : les Américains inventent un style musical mal dégrossi, que les Anglais s’empressent d’affiner, en lui rajoutant notamment l’indispensable odeur de souffre, pour ensuite le rendre mondialement populaire. De fait, si l’invention du rock’n’roll est généralement attribuée à Chuck Berry, ce sont bien les Rolling Stones qui en ont popularisé l’essence même : sexe, drogues, provocation, rébellion et riffs inoubliables !
Michael "Mick" Jagger et Keith Richards sont deux amis issus de milieux aisés, qui vivent à Dartford, une banlieue anglaise sans histoires. Nous sommes en 1962 et tous deux partagent la même passion pour la musique noire. Jagger est déjà hautement excité par le fait de se rouler par terre sur scène et, avec l’aide de leur camarade Dick Taylor, les deux adolescents créent Little Boy Blue and the Blue Boys. C’est alors qu’ils croisent la route de Brian Jones, guitariste londonien charismatique et surdoué, à peine plus âgé qu’eux, mais ayant déjà eu une vie mouvementée, et qui joue alors avec le pianiste Ian Stewart. C’est l’étincelle qui met le feu aux poudres : Jagger, Richards, Taylor, Jones et Stewart fondent The Rolling Stones et commencent à écumer les clubs de la capitale. Bientôt, Dick Taylor retourne à ses études et est remplacé par Bill Wyman, plus âgé que ses compagnons (il a alors 26 ans), tandis que Charlie Watts permet au combo d’avoir enfin un batteur. Pour l’heure, les Rolling Stones ne font que des reprises de blues et de rock, mais l’Histoire est déjà en marche !
Pris en main par un jeune manager au flair remarquable (Andrew Oldham), les Stones décrochent un contrat d’enregistrement en 1963, se séparent de Ian Stewart et se lancent sur les routes où leur attitude de « bad boys » et leur musique énergique font fureur. Leurs deux premiers albums éponymes, qui sortent en 1964, ne contiennent quasiment que des reprises de rhythm’n’blues à la sauce anglaise, mais leur popularité grandit à la vitesse d’un TGV fou parmi la jeunesse avide de musique fébrile. Le dictatorial Brian Jones est aux commandes du quintet, mais c’est bientôt Jagger et Richards qui vont s’imposer comme les compositeurs principaux des Rolling Stones : d’abord sur les quelques titres originaux de "Out of Our Heads" (1965), puis sur le désormais mythique single (I can't Get No) Satisfaction. Porté par un riff d’une éblouissante simplicité et d’une efficacité immédiate, ce morceau devenu emblématique du rock concentre en 3 minutes 45 toute la frustration de la jeunesse de l’époque.
À partir de là, et pendant toute la seconde moitié des années 60, les Stones deviendront bien « le meilleur groupe de rock du monde », accumulant les 45 tours percutants et fédérateurs ("Get Off of My Cloud", "Paint It, Black", "Let's Spend the Night Together", "Jumpin' Jack Flash", "Street Fighting Man") et les albums majeurs ("Aftermath" – 1966, "Between the Buttons" – 1967, "Their Satanic Majesties Request" – 1967, "Beggars Banquet" – 1968). Ils se posent en dandys décadents, flirtant avec les milieux artistiques expérimentaux et le satanisme tout en s’adonnant aux pires excès. Brian Jones y laissera la vie : devenu alcoolique et dépressif, accro aux drogues, il n’est plus que l’ombre de lui-même. Évincé du groupe en juin 1969, il est retrouvé mort noyé dans sa piscine un mois plus tard. Son remplaçant sera Mick Taylor, avec qui les Rolling Stones connaîtront un second âge d’or, produisant une nouvelle série de disques intenses et inspirés : "Let It Bleed" (1969), "Sticky Fingers" (1971), "Exile on Main Street" (1972). Mais la dope et les aventures sentimentales avec des mannequins grignoteront progressivement la créativité du groupe : "Goat’s Head Soup" (1973), "It’s Only Rock’n’Roll" (1974), "Black and Blue" (1976), "Some Girls" (1978) ou "Emotionnal Rescue" (1980) ne retrouveront pas la classe et la force de leurs prédécesseurs, même s’ils contiennent tous quelques titres devenus cultes (Angie, Miss You). Au passage, le groupe se sépare de Mick Taylor et le remplace par Ron Wood, tout en continuant d’accumuler scandales et cures de désintoxication.
À partir des années 80, les sorties d’albums se font plus sporadiques ("Undercover" – 1983, "Dirty Work" – 1986, "Steel Wheels" – 1989) et les musiciens multiplient les projets solos. Les Rolling Stones sont surtout devenus les champions des concerts pharaoniques, réunissant plusieurs générations de fans de rock dans des stades archicombles aux quatre coins du globe. En 1993, Bill Wyman prend sa retraite, et c’est le discret Daryl Jones qui prend sa place. Mais peu importe : chaque nouveau disque studio ("Voodoo Lounge" – 1994, "Bridges to Babylon" – 1997, "A Bigger Bang" – 2005) n’est plus désormais qu’un prétexte à une nouvelle tournée mondiale, l’exercice scénique étant le dernier dans lequel le groupe excelle toujours. On ose d’ailleurs à peine imaginer l’ampleur de l’événement lorsqu’il repartira sur les routes pour fêter ses cinquante ans de carrière en 2012 ! En plus, l’occasion sera alors tellement évidente qu’il n’aura même pas besoin de s’embêter à enregistrer un nouvel album…
(Source : AlloMusic, Christophe Lorentz)
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