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Sixteen Saltines est le deuxième morceau que Jack White a choisi comme single de son premier album solo, "Blunderbuss".
Lire l'articleOn aurait tort de réduire The Cure à la coupe en pétard défraîchie, aux fringues trop larges (pour masquer son tour de taille de plus en plus proéminent) et au rouge à lèvres dégoulinant de Robert Smith. Certes, « gros Bob » est à lui seul l’image de Cure, son seul membre inamovible et son compositeur principal. Mais The Cure, c’est aussi une collection de grandes chansons longue comme un jour sans bière, une carrière chaotique mais toujours couronnée de succès, le symbole de toute une époque (les années 80) et d’un style musical (la cold-wave) qui n’en finissent plus de faire des émules (Bloc Party, Editors, Interpol… est-il nécessaire de continuer ?).
Tout
commence dans la très quelconque ville de Crawley, dans le Sussex
(Angleterre), où quelques ados mal dans leurs peaux trompent l’ennui en
jouant une musique inspirée à la fois par Jimi Hendrix et le glam-rock
(Bowie, Bolan). Ils ont pour nom Robert Smith, Laurence « Lol »
Tolhurst et Michael Dempsey. Leur formation (qui verra défiler d’autres
musiciens autour du trio fondateur) se nomme successivement Malice, Easy Cure puis The Cure. En 1977, The Cure
décroche un contrat avec le label Hansa, mais l’aventure tourne court
lorsque la maison de disques refuse de sortir les dix titres originaux
enregistrés (dont le controversé Killing an Arab, inspiré par le
roman L’Étranger, d’Albert Camus). Les trois musiciens
désespérés font alors une rencontre providentielle : celle d’un certain
Chris Parry, qui vient de monter son label indépendant (Fiction) et qui
les prend sous son aile.
C’est le début d’une grande histoire, avec tout d’abord la sortie (en 1979) d’un premier album symbolisant l’après-punk ("Boys Don’t Cry"), puis l’arrivée de Simon Gallup (le bassiste aux jambes élastiques) – qui remplace Dempsey. Le trio Smith-Tolhurst-Gallup accouche ensuite de trois albums qui relèguent au rang de démos pour claviers Bontempi les trois quarts de la production musicale de l’époque : le brumeux "Seventeen Seconds" (1980), l’écrasant "Faith" (1981) et le radical "Pornography" (1982). Précisons quand même que l’abus de drogues et d’alcool, ainsi que l’état mental lamentable de Smith et sa bande durant ces années-là, ne sont pas étrangers à l’atmosphère délétère dans laquelle baigne cette noire trilogie…
Comme s’il se réveillait après un coma éthylique particulièrement profond, Robert Smith va pourtant tirer un gros trait de mascara sur cette période autodestructrice en sortant une série de singles ouvertement pop et stupides, uniquement en duo avec Tolhurst – Gallup ayant déclaré forfait fin 1982. Let’s Go To Bed, The Walk et Lovecats se révèleront être de véritables succès commerciaux, apportant à Cure un nouveau public. Aujourd’hui, ils sont même devenus incontournables dans la moindre « soirée années 80 » de village !
Après avoir embauché Phil Thornalley et son vieil ami Porl Thompson pour réaliser le psychédélique "The Top" (1984), Smith se réconcilie avec Simon Gallup. C’est donc encore une nouvelle mouture de Cure qui sort "The Head on the Door" en 1985, disque-clef qui réconcilie la pop enjouée et le rock ténébreux. Le look « baskets blanches-amples vêtements noirs-maquillage qui coule-palmier sur la tête » de Smith va devenir l’emblème de la génération new-wave, et The Cure son groupe phare. Après le bigarré double album "Kiss Me Kiss Me Kiss Me" (1987), Cure semble vouloir revenir aux ambiances froides et aux compositions pesantes de ses débuts avec le magnifique "Disintegration" (1989). Marqué par le limogeage de Tolhurst pour cause d’alcoolisme chronique (il boit encore plus que Smith, ce qui est devenu insoutenable !), ce disque est annoncé comme le testament de Cure. Ce ne sera pas le cas, mais nombre de fans auraient préféré qu’il en soit réellement ainsi. Car ni le trop propre "Wish" (1992), ni l’inconsistant "Wild Mood Swings" (1996), l’ennuyeux "Bloodflowers" (2000) ou le surestimé "The Cure" (2004) ne retrouveront la flamme et l’inspiration qui habitaient la formation anglaise dans les années 80. Tout juste donnera-t-on une mention « bien » au dernier opus en date : "4:13 Dream" (2008).
Néanmoins, The Cure continue de mobiliser une armada de fans fervents de par le monde à chacune de ses apparitions. Et pas seulement pour constater à quel point Robert a encore forci ou si Simon sait toujours aussi bien faire le grand écart !
(Source : AlloMusic, Christophe Lorentz)
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