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Pour son sixième album, le groupe a préféré tenter toutes les combinaisons possibles afin de satisfaire son public et se satisfaire lui-même.
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Le duo américain des Black Keys annonce la sortie de son septième album, El Camino, le 6 décembre.
Lire l'articlePour un certain nombre d’entre nous, le meilleur groupe de rock du monde n’est ni AC/DC, ni The Rolling Stones, ni Tokio Hotel (cherchez l’intrus), mais The Clash ! D’autant que, au sein de l’explosion punk de 1977, les Clash faisaient figure de « gentils » comparés aux vilains Sex Pistols : ils savaient jouer et chanter, avaient des textes conscients, faisaient preuve d’un sincère engagement politique et quittèrent vite les rivages du punk basique pour s’ouvrir aux sonorités reggae, funk et, plus simplement, rock.
C’est en 1976, à la fin d’un concert de son groupe de rhythm’n’blues The 101’ers, que le chanteur Joe Strummer rencontre le guitariste Mick Jones et le bassiste Paul Simonon, membres du combo punk London S.S. Impressionnés par sa voix et son attitude, ceux-ci parviennent à le convaincre de les rejoindre pour créer un nouveau groupe. Baptisée The Clash, la formation est vite complétée par l’arrivée du batteur Terry Chimes, et se forge une réputation sur la scène punk naissante en moins de temps qu’il ne faut pour dire « One Two Three Four » ! En 1977, le quatuor sort un premier single, l’incendiaire White Riot, rapidement suivi d’un formidable premier album éponyme, qui se classe aussitôt dans les charts anglais. Il pose les bases d’un punk-rock contestataire et urbain teinté de reggae, qui se durcira sur l’album suivant : l’abrasif "Give’ Em Enough Rope" (1978). Celui-ci marque l’arrivée de Topper Headon derrière les fûts, en remplacement de Terry Chimes, qui a quitté le groupe de manière amicale quelques mois plus tôt. Sans atteindre le degré de sauvagerie des Pistols, les membres du Clash ont quand même quelques démêlés avec les autorités, d’autant qu’ils sont fidèles à leur doctrine anarchiste à la scène comme à la ville. Mais leurs ambitions vont plus loin que la biture du soir : fin 1979, le groupe livre un double album époustouflant titré "London Calling". Considéré aujourd’hui comme un monument du rock, ce disque parfait de bout en bout dévoile tous les talents des Clash, aussi à l’aise dans une version blafarde de la musique jamaïcaine que dans la relecture du rockabilly ou le rock énervé. L’année suivante, le groupe va même plus loin en proposant un triple album : "Sandinista !" Le résultat est loin d’être à la hauteur de son prédécesseur, même s’il contient quelques grands moments et creuse encore plus profondément le sillon reggae-dub, en y ajoutant même des influences gospel, funk ou pop. Le groupe prend aussi ouvertement fait et cause pour le mouvement sandiniste au Nicaragua – ce qui donnera, quelques années plus tard, des idées à Mano Negra, Noir Désir ou Rage Against the Machine !
En 1982, Combat Rock est le disque de la consécration commerciale, notamment avec les inusables singles Should I Stay or Should I Go (mais si : la pub Levi’s !) et Rock the Casbah (mais si : le morceau qui a été repris par Rachid Taha !). Mais c’est aussi le début de la fin pour le groupe, qui commence à se déchirer : Topper Headon et Mick Jones sont ainsi évincés, le premier à cause de son addiction à l’héroïne (un grand classique du punk), le second pour son insistance à vouloir incorporer des éléments de hip-hop dans la musique du groupe ! Accompagnés de deux nouveaux membres (Nick Sheppard et Vince White), Strummer et Simonon donnent une série de concerts musclés, avant de boucler un album calamiteux : le judicieusement nommé "Cut the Crap" (littéralement : « Arrête les conneries »), qui signera l’arrêt de mort du Clash.
Mick Jones étanchera sa soif de groove de 1984 à 1998 avec son très bon projet hip-hop/rock/électro Big Audio Dynamite (B.A.D.), avant de fonder le sympathique Carbon/Silicon. De son côté, Joe Strummer multipliera les apparitions au cinéma ou aux côtés d’autres groupes, avant de remonter sérieusement sur scène en 1999 avec son nouveau combo : The Mescaleros. Alors que son comeback attise les rumeurs quant à une reformation des Clash, Strummer décède brutalement le 22 décembre 2002, à l’âge de 50 ans, d’une cardiopathie congénitale jamais diagnostiquée. Il rentre ainsi définitivement dans la légende, tout comme son groupe. Demandez donc à Manu Chao !
(Source : AlloMusic, Christophe Lorentz)
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