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Il y a ceux qui s’aiment. Il y a ceux qui n’aiment pas la Saint-Valentin. Pour fêter dignement ce déferlement d’amour et de haine, voici de quoi contenter toutes les passions.
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Les clash entre rappeurs sont légion dans le milieu hip-hop ; il en va de même pour les provocations en tout genre. Mais est-ce forcément nécessaire ?
Lire l'articlePlus de vingt-cinq ans avant le concert au Parc des Princes et les marques de fringues, Didier Morville (Joey Starr), Bruno Lopes (Kool Shen) et leur ami Frank Loyer (DJ S), basés en banlieue parisienne (dans le département de la Seine Saint-Denis, est-il besoin de le rappeler ?), étaient déjà largement investis dans la scène hip-hop, mais comme danseurs et comme graffeurs. En guise de défi, ils décident de se lancer dans le rap, un beau soir de 1988. Le genre est alors en plein essor en région parisienne, et le trio se fait rapidement remarquer dans le milieu grâce à son activisme forcené aux côtés d'autres pionniers parisiens du genre, tels que Dee Nasty ou Assassin.
Deux après sa création, Suprême NTM (pour Nique Ta Mère, une insulte typique de la cité où vivent les trois potes) enregistre son premier morceau, Je rappe, pour la compilation "Rapatitude", parue sur un label indépendant. Du coup, à force d'apparaître sur Radio Nova ou Canal +, NTM se fait remarquer par la major company Epic, qui le signe rapidement de peur de louper le coche du rap français ! Le premier maxi du groupe, "Le Monde de demain", définit son côté conscient et rebelle, à une période où les banlieues sont déjà sous tension. Ce disque décapant prépare le terrain pour le premier album, "Authentik", qui sort en 1991. Il se vendra à 90 000 exemplaires, propulsant NTM ! sur les routes pour une tournée de six mois qui s'achève par un concert triomphal au Zénith de Paris en janvier 1992
Désormais, le Suprême NTM a pris la place de Bérurier Noir dans le domaine de la contestation incendiaire, et il le prouve de façon encore plus cinglante avec son second opus : "1993... j'appuie sur la gâchette". Pourtant, le succès public du disque mettra cette fois plus de temps à venir, remplacé par une vague de controverses sur l'attitude et les textes des rappeurs : le morceau Police donnera lieu à une enquête (classée sans suite), tandis que la chanson qui donne son titre à l'album sera bannie des radios et des télés à cause de son évocation du suicide et de son clip trop cru. Le disque suivant, "Paris sous les bombes" (1995), verra le groupe s'affranchir de son producteur historique DJ S au profit de DJ Clyde (ex-membre d'Assassin), LG. Exp. et Lucien. Il permettra aussi à NTM de connaître à nouveau le succès commercial, avec plus de 500 000 disques vendus, notamment grâce au single La Fièvre. Pourtant, en dépit de ce tube plutôt festif, le groupe sera au cœur d'un nouveau scandale, lorsque des syndicats de policiers porteront plainte contre lui après une violente diatribe envers les forces de l'ordre lors d'un concert anti-Front National. Au terme de plusieurs mois de procès, les deux rappeurs en seront quittes pour une grosse amende et deux mois de prison avec sursis - sauf pour Joey Starr, déjà inculpé dans une affaire d'agression, et qui écopera donc de deux mois fermes pour coups et blessures. Ce ne sera hélas pour lui que la première d'une longue série de démêlés avec la justice...
Côté musique, NTM reste pourtant au top avec son quatrième album éponyme, qui sort en 1998. Porté par le single Laisse pas traîner ton fils, il s'avère plus mature dans ses thèmes, plus froid dans ses ambiances, moins rageur dans sa tonalité et plus soul dans son orientation musicale. Sacré disque d'or dès sa sortie, Suprême NTM génèrera plusieurs tubes marquants, mais sera également le dernier opus studio du combo à ce jour : au terme d'une tournée des Zéniths, le duo cessera toute prestation scénique - et annoncera même sa séparation quelque temps plus tard.
Chacun se lance ensuite dans ses projets personnels, comme la création de labels (Boss Of Scandalz Strategyz pour Joey Starr et IV My People pour Kool Shen) ou de marques de vêtements (2 High pour Kool, Com8 pour Joey), tandis que le nom de NTM continue quand même à alimenter les bacs des disquaires, avec un album live ("NTM Live... du Monde de demain à Pose ton gun" - 2000), un album de remixes ("Le Clash" - 2001) et un best-of (en 2007). Parallèlement, Joey Starr et Kool Shen sortiront des albums solos : "Dernier round" (2004) et "Crise de conscience" (2009) pour Kool Shen, "Gare au jaguarr" (oui, avec deux "r") pour Joey Starr. Et puis, en 2008, Suprême NTM remonte enfin sur scène, dix ans après son dernier concert, pour une tournée exceptionnelle, inaugurée par cinq dates au Palais Omnisport de Paris Bercy ! Cet évènement sera immortalisé sur le puissant CD/DVD "On est encore là - Bercy 2008", et aura pour épilogue un concert unique au Parc des Princes en juin 2010. À ce niveau-là, plus de doutes : NTM n'est plus juste le porte-parole d'une certaine jeunesse, c'est carrément devenu une légende !
(Source : Allomusic, Christophe Lorentz)
Kool Shen
01/12/2009