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Ecoute, Charles : il était une fois, fin 2003 à Paris, deux jeunes gens. CC est guitariste, Frah est web designer. Tous deux entrent en contact avec un pirate américain nommé Stan, qui met à leur disposition sa création : le singe Goz, personnage de palette graphique qu’il utilise pour détourner les campagnes pub. Peu à peu, les deux Français vont bâtir autour de Goz un concept multimédia faisant intervenir animations, vidéos et musique, organisant autour du simiesque personnage des fêtes en forme de happenings artistiques toujours. Ainsi naît Shaka Ponk, véritable collectif fédérant vidéastes, musiciens, VJs, etc. Au plan musical, on trouve alors, outre CC et Frah, Mathias (basse), Steve (claviers, samples) et Bob (batteur, ex-Sortilège) – tout ce beau monde jouant généralement derrière un écran où sont projetées des séquences d’animation, dans lesquelles Goz fait office de chanteur…
Mais l’homme va bientôt prendre le pas sur le primate, à la faveur d’un coup du sort. Début 2004, alors qu’il s’apprête à donner un concert au Glaz’Art de Paris, Shaka Ponk est victime d’un grave plantage informatique qui le prive des interventions visuelles et sonores de Goz. En remplacement, Frah s’empare du micro… et le garde ! Désormais, la créature animée Goz servira surtout de contrepoint au chanteur humain, tout en restant la vedette de tous les visuels. Conscients que la scène française a l’esprit trop étriqué pour accepter leur démarche novatrice, les principaux membres de Shaka Ponk (CC, Frah, Bob et Mathias) choisissent alors d’aller vivre et créer à Berlin début fin 2004. L’adaptation sera difficile, mais permettra au groupe d’obtenir une vraie cohésion et de définir pleinement son identité sonore et visuelle. Peu à peu, le combo réussit à gagner la confiance d’un manager, qui leur trouve des concerts en Allemagne et met à leur disposition un ancien bunker en guise de local de répétition ! C’est là qu’ils vont mettre au monde leur premier album, "Loco Con the Frenchy Talking", qui sort début 2006 sur le label germanique Edel. On y découvre une fusion inclassable et énergisante de rock, de hip-hop, d’électro, de metal, de punk ou de pop, que certains comparent à Faith No More.
Avec un album détonnant dans les bacs, la formation franco-allemande s’offre alors une foule de premières parties prestigieuses, comme celles de Skin (Skunk Anansie), Mudvayne ou Boss Hog. Mais en 2007, Shaka Ponk réintègre pourtant son Paris natal, échangeant quelques membres au passage : Ion remplace ainsi Bob à la batterie, tandis que Mandris (frère de Steve) prend la place de Mathias à la basse. De ce retour au bercail naîtra une foule de nouvelles chansons, toujours interprétées dans un mélange d’espagnol, d’anglais et de français. Après plusieurs tentatives avortées, un second album verra finalement le jour en mai 2009 : titré "Bad Porn Movie Trax", il reste dans la veine métissée et explosive de son prédécesseur, faisant le lien entre rock et techno, entre hardcore et rap latino, entre disco et neometal. Une véritable auberge espagnole, mais qui témoigne toujours d’une vision très personnelle de la théorie de l’évolution : toute musique excitante descend du rock’n’roll, aussi sûrement que Shaka Ponk descend du singe. CQFD !
(Source : AlloMusic, Christophe Lorentz)
Le JT du 22 novembre 2011
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