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D'ascendance chinoise par sa mère et
portugaise par son père, Sean Paul a grandi à mi-distance entre
les terres de ses ancêtres. Dans une île des Antilles anglaises, la
Jamaïque, surtout connue pour ses sprinters olympiques et sa culture du
reggae et de la ganja. Dans les beaux quartiers de la banlieue nord de
Kingston, la capitale, le petit Sean se découvre une passion pour le
sport et participe aux compétitions internationales de water-polo. Sans
que ces activités extra-scolaires ne perturbent son cursus : après le
bac, intègre une école de commerce et décroche un diplôme en
technologie. Tout cela pour, finalement, devenir chanteur. A peine sorti
de l'adolescence, le jeune homme pressé affirme son éclectisme et ses
ambitions. Qu'importe le chemin pourvu qu'il conduise aux sommets.
Très
tôt, il présente ses morceaux aux membres de Third World. Quelques encouragements et
beaucoup d’audace le conduisent à croiser la route de Jeremy Harding.
Le directeur du label 2Hard Records propose au jeune artiste de poser
un titre sur un de ses propres riddims. C'est ainsi que nait Baby
Girl, le premier tube de Sean Paul. Mais le jeune
autodidacte a encore beaucoup à apprendre. Pour faire ses armes, il
intègre le groupe Dutty Cup Crew avec Looga Man, Kid Kurup, Chicken et
Mossy Kid. Ce qui n’empêche pas Jeremy Harding de veiller
au grain : en 1996, il produit Zim Zimma Riddim, son deuxième
gros tube, puis Infiltration, qui débarque sur les radios du
monde entier. En 2002, l’album "Dutty Rock" place Sean Paul
sur la scène dancehall internationale. Sollicité par d’autres
producteurs, il monte Hot Gal Today avec Mr Vegas, une collaboration marquée par une
terrible trahison : au crédit du titre, un seul nom, Sean Paul,
la partie chantée de Mr Vegas ayant été coupée au montage et
remplacée par Deport Dem (nouveau titre de Sean Paul).
Sans
surprise, l'incident marque la séparation des deux artistes, sans
vraiment affecter la notoriété grandissante de Sean. Les ventes
de "The Trinity", sorti en 2005, dépassent ses espérances.
Largement inspiré par les rythmes de Super Cat, artiste jamaïcain des années 90,
mais aussi et surtout par la divinité locale, Bob Marley, le chanteur a vite délaissé son
pays natal pour conquérir le marché américain. Subtil mélange de reggae,
dancehall et hip hop, sa voix rauque et saccadée résonne très au-delà
des frontières de l'île. Car Sean est du genre à viser grand et
fort. En à peine cinq ans, il rafle les plus hautes récompenses du
secteur : l'Album de l'année du Dancehall
Reggae pour "Dutty Rock" en 2003, l'International
Reggae and World Music Bob Marley Award en 2004, ou encore l'American Music Awards en 2006. "Imperial
Blaze", son quatrième album studio après "A New Age" en 2008,
réunit les plus grands noms de la scène rap et r’n’b : 50 Cent, Snoop Dogg, Flo Rida, Akon, Trey Songz, Nicole Scherzinger, Alicia Keys, Brandy, Busta Rhymes, Justin Timberlake et Timbaland.
On lui prête aujourd'hui des ambitions dans la production musicale. Nul doute que cette capacité démontrée à réunir les talents ne le conduise vers de nouveaux triomphes.