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Quarante ans après le début de sa carrière, Scorpions a choisi la France pour saluer une dernière fois son public. Ce sera le 2 juin prochain au Zénith de Nancy.
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Après les salles de cinéma, la 3D tend à investir les équipements domestiques. Des concerts filmés en relief débarquent dans les bacs. Beau progrès, mais a-t-on pensé à toutes les conséquences ?
Lire l'articleBien avant Rammstein et Tokio Hotel, l’Allemagne avait déjà propulsé en orbite un groupe de rock dur ultra populaire : Scorpions. Sauf que celui-ci était anglophone car, dans les années 70 et 80, le reste du monde avait encore du mal à accepter des rockers qui roulaient les « r » d’une voix gutturale dans la langue de Goethe ! Les choses ont bien changé depuis…
Le guitariste rythmique Rudolf Schenker n’a que 16 ans lorsqu’il fonde son premier groupe à Hanovre, en 1965. Son frère cadet, Michael Schenker, lui prête occasionnellement main forte à la guitare solo… C’est en 1971 que les choses deviennent plus sérieuses, lorsque la formation, qui embarque désormais le chanteur Klaus Meine, le bassiste Lothar Heimberg et le batteur Wolfgang Dziony, adopte définitivement le nom de Scorpions. Ayant fait le choix de chanter en anglais et œuvrant plutôt dans le domaine du rock psychédélique, le groupe sort un premier album titré "Lonesome Crow" en 1972. Celui-ci passe relativement inaperçu, mais les talents de guitariste de Michael Schenker sont néanmoins repérés par le combo anglais UFO, qui le débauche sans attendre. Dans la foulée, Heimberg et Dziony quittent Scorpions à leur tour. Klaus Meine et Rudolf Schenker contactent alors un guitariste virtuose dénommé Uli Jon Roth, qui fait partie du combo Dawn Road. Après plusieurs répétitions, Meine et Schenker récupèrent les membres de Dawn Road (Francis Buchholz à la basse, Achim Kirschning aux claviers et Jürgen Rosenthal à la batterie) pour créer un tout nouveau line-up de Scorpions. C’est cette nouvelle formation qui enregistrera alors une série d’albums influencés par le blues rock, Jimi Hendrix et Deep Purple : "Fly to the Rainbow" (1974), "In Trance" (1975), "Virgin Killer" (1976) et "Taken by Force" (1977). Ces disques connaîtront un succès modeste dans leur pays d’origine, mais rendront étonnamment le combo extrêmement populaire au Japon ! C’est pour cette raison que les Scorpions s’en vont enregistrer un double album live au pays du Soleil Levant, fort justement titré "Tokyo Tapes" (1978). Cet opus marque un tournant dans la carrière du groupe : en effet, après plusieurs changements de batteur, (un grand classique dans les groupes de hard rock), c’est au tour d’Uli Jon Roth de quitter le groupe allemand. Il est remplacé par Matthias Jabs, tandis que Michael Schenker, viré d’UFO pour cause d’alcoolisme, revient au bercail. Le groupe affiche donc trois guitaristes… sauf les soirs où Schenker est trop imbibé pour pouvoir jouer et où Jabs doit donc assurer seul le show ! Cela n’empêche pas les Scorpions de signer un nouveau contrat (avec EMI) et de sortir un nouvel album, "Lovedrive" (1979), qui durcit le ton avec une rythmique plus puissante et des riffs plus bruts. Le succès du groupe commence à gagner les États-Unis, ce que confirme l’album "Animal Magnetism" (1980), qui se retrouve disque d’or chez l’Oncle Sam.
Néanmoins, Michael Schenker ayant toujours des problèmes de boisson, il quitte à nouveau Scorpions… Parallèlement, Klaus Meine est victime d’une infection de la gorge, et doit se faire remplacer par le chanteur américain Don Dokken pour la réalisation des maquettes du nouvel album. Mais le chanteur d’origine retrouve finalement sa voix et sa place, et le nouvel album du quintet, "Blackout" (1982), sera un carton encore supérieur à son prédécesseur – et cela aux quatre coins du monde.
Mais c’est grâce à "Love At First Sting" (1984), et à sa ballade épique Still Loving You, que les Scorpions deviendront un véritable poids lourd planétaire du hard-rock. Établi comme l’un des groupes les plus vendeurs des années 80, les rockers teutons cèderont également à une certaine facilité musicale, que les fans de la première heure leur reprochent encore… Après le bouillonnant double live "World Wide Live" (1985), qui témoigne des tournées pharaoniques composante Hanovre, le groupe revient en 1988 avec "Savage Amusement", suivi par "Crazy World" (1990), dont le succès sera à nouveau garanti par une ballade collante : le fameux Wind of Change. Ce sera probablement le dernier gros coup d’éclat des Scorpions : au début des années 90, le hard-rock traditionnel n’a plus la cote face au grunge et au punk mélodique. Du coup, les albums "Face the Heat" (1993), "Pure Instinct" (1996), "Eye II Eye" (1999), "Unbreakable" (2004) ou "Humanity: Hour I" (2007) n’intéresseront plus que les nostalgiques qui arborent toujours leurs vestes à patches des années 80 ou le strict public d’Outre-Rhin. À côté de ces disques studio plus ou moins réussis, une multitude d’albums live et de compilations émaillera les trente dernières années d’activité des auteurs de "Still Loving You – Moment of Glory" – 2000) ou un live acoustique ("Acoustica" – 2001). désormais le quotidien de la formation d parmi lesquels on notera un enregistrement de leurs classiques réalisé avec un orchestre symphonique.
Début 2010, les Scorpions annoncent officiellement leur départ à la retraite. Un ultime album studio, "Sting in the Tail" (2010), suivi d’une tournée d’adieu d’environ 200 dates (qui doit s’achever entre 2012 et 2013), mettent donc un point final à une carrière de plus de quarante années, qui aura fourni autant de grain à moudre aux adorateurs de riffs hurlants et de ballades échevelées qu’aux moqueurs qui aiment à tourner les clichés du hard rock en dérision. Mais les membres de Scorpions, eux, se fichent bien qu’ont les comparent à la parodie « Spinal Tap » : ils ont vendu plus de 100 millions d’albums de par le monde et n’ont jamais lâché l’affaire pendant plus de quarante ans. On verra bien si Tokio Hotel pourra en dire autant un jour !
(Source : Allomusic, Christophe Lorentz)
Tom Poisson - Scorpions (Cover)
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