Artiste : faites-vous connaître, diffusez vos propres morceaux, mélangez-les à vos titres préférés dans vos playlists
S'inscrire pour créer sa fiche artiste
Les fans ont choisi, ils l’ont élue à l’unanimité : Lady Gaga a remporté cinq prix, et a pris sa revanche sur les Grammy Awards.
Lire l'article
La rumeur courait depuis des mois, c'est officiel depuis cette semaine : la major EMI a été rachetée par sa concurrente Universal. Quelles sont les conséquences pour les artistes ?
Lire l'articleLe terme « pop » (qui dérive de « populaire », ne l’oublions pas) n’a pas exactement la même connotation chez nous que chez nos voisins anglais. En France, un groupe est étiqueté « pop » s'il pratique l’art de la mélodie parfaite sur une instrumentation généralement organique. Le terme de variété est réservé aux musiques moins nobles, moins « pures ». Il s'applique aux interprètes n’écrivant généralement ni leurs paroles, ni leurs musiques, et dont les préoccupations premières sinon exclusives sont commerciales. Au Royaume-Uni, la distinction entre pop et variété n’est pas aussi nette, et ce que les puristes de l’Hexagone considèrent comme de la dance vulgaire ou de la variété sans intérêt est souvent estampillé « pop » en Grande-Bretagne. Tout ça pour dire que Robbie Williams est l’exemple même de l’artiste qui se situe toujours sur cette fine frontière séparant la pop de la variété…
Né le 13 février 1974 à Stoke-on-Tent (Angleterre) d’un père comédien et d’une mère fleuriste, Robert Peter « Robbie » Williams démarre sa carrière musicale sur des chapeaux de roues après avoir participé à un casting pour rejoindre un boys band en devenir. Lancé en 1990, Take That (c’est le nom de ce boys band) réunit donc cinq beaux gosses sachant chanter et danser, mais parmi lesquels Robbie fait rapidement figure de mauvais garçon, un rebelle qui affronte régulièrement le reste du groupe et son management, tout en se faisant remarquer par son tempérament bagarreur et sa consommation de stupéfiants. De fait, en 1995, Robbie quitte Take That, après trois albums et une flopée de tubes. Pendant un an, il va plus souvent apparaître dans les magazines à scandales que dans les hebdomadaires musicaux, malgré une reprise du Freedom de George Michael qui fait un score honorable dans son pays d’origine. Il se lance alors dans la réalisation d’un premier album solo, "Life Thru a Lens", qui sort finalement en septembre 1997, précédé par deux singles n’ayant pas obtenu le succès escompté. Coincé entre ses cures de désintoxication, l’échec du troisième single tiré de l’album et les ventes décevantes de celui-ci, Robbie est au bord du gouffre, lorsqu’une quatrième chanson tirée de l’album, "Angels", lui sauve la mise. Cette ballade lyrique, coécrite avec le compositeur Guy Chambers, sera un succès phénoménal qui contribuera à faire de l’ex-Take That l’une des plus grandes pop stars anglaises de son époque.
Toutefois, si son album suivant, "I’ve Been Expecting You" (1998), est un nouveau réservoir à tubes, le reste du monde a encore du mal à succomber à la « Robbie Williams-mania ». C’est avec Sing When You’re Winning (2000) que le succès de Williams se fera enfin à l’échelon mondial, la controverse autour du clip censuré de Rock DJ (qui voit le chanteur effectuer un strip-tease intégral jusqu’à s’enlever les organes internes) l’ayant bien entendu aidé à asseoir sa notoriété. Pouvant désormais se permettre toutes les fantaisies, il enregistre alors un pur album de jazz vocal composé uniquement de reprises, à la manière de son idole Frank Sinatra. Titré "Swing When You're Winning" (notez le clin d’œil à l’album précédent), ce disque qui sort fin 2001, se distingue notamment par un duo avec l’actrice Nicole Kidman, et classera encore quelques singles dans les plus hautes places des charts anglais. La routine, en somme…
Comme si toutes ces réussites ne suffisaient pas, Robbie signe ensuite un contrat mirobolant (d’au moins 80 millions de Livres Sterling) avec EMI, et remporte à nouveau le jackpot avec son cinquième album studio : "Escapology" (2002). Mais son côté « bad boy » le poursuit, puisque le clip du single Come Undone sera lui aussi censuré, tandis que son compositeur aux doigts d’or – Guy Chambers – cessera brutalement sa fructueuse collaboration avec la pop star. Après un album live ("Live at Knebworth") en 2003, et une compilation best-of ("Greatest Hits") en 2004, Williams se trouve un nouveau collaborateur musical en la personne de Stephen Duffy (ex-Duran Duran et The Lilac Time), avec qui il réalise son sixième opus : "Intensive Care" (2005). Ce sera un nouveau carton, et Robbie Williams établira un autre record en vendant plus de 1,5 millions de tickets pour les concerts de sa tournée mondiale dans une seule journée ! Toujours aussi productif, mais également désireux d’explorer de nouvelles sonorités, le chanteur sort son septième album à la fin 2006. Enregistré avec pléthore de producteurs et d’invités différents, "Rudebox" se veut ouvertement électro-dance, et déconcerte ainsi les fans de britpop tout en s’attirant de mauvaises critiques. De fait, ce sera l’album de Robbie Williams qui se vendra le moins bien, poussant la vedette à se faire oublier pendant quelques temps.
C’est en 2008 que le chanteur fait à nouveau parler de lui, avec la mise en chantier de son huitième album, coécrit avec Chaz Jankel, ex-musicien de Ian Dury et auteur du tube électro-pop des années 80 Number One. De plus, Robbie affirme être prêt à rejoindre la reformation de Take That (qui court depuis 2005) et compose même quelques nouveaux titres avec ses anciens camarades. Son nouvel opus, "Reality Killed the Video Star", produit par Trevor Horn (ex-The Buggles, à qui le titre fait référence en détournant celui de leur tube Video Killed the Radio Star) sort le 9 novembre 2009 et marque un retour à la pop typiquement anglaise qui fit sa renommée. Mais alors, est-ce plutôt de la pop british ou de la variété internationale ? Ce à quoi la sagesse populaire française répondrait : « Peu importe le flacon, pourvu qu’il y ait l’ivresse ». Un dicton dont Robbie Williams a souvent vérifié la pertinence !
(Allomusic, Christophe Lorentz)
02/04/2011
30/03/2011
30/03/2011
30/03/2011