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Intégrale Des Enregistrements Studio Et Live 1975-1983
Variété | 07/11/2011
L'Olympia vous ouvre ses portes pour une soirée mémorable au son des plus grands tubes joués par le Grand Orchestre de l'Olympia.
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Allomusic ferme son Renaudthon. Pourquoi ? Explications.
Lire l'article" Renaud ? Il fait le boulot de Rimbaud avec les mots du bistrot ». Cette définition de l’auto-proclamé chanteur énervant, qui ressemble à une déclaration d’amour, on la doit à Fréderic Dard, l’auteur des San Antonio. Juste et précise, elle résume assez bien l’œuvre populaire de ce poète loubard qui a su introduire l’argot et le verlan dans ses textes et se frayer une belle place dans la chanson française. Juste à coté des plus grands.
Né en mai 1952 dans le quatorzième arrondissement de Paris, Renaud a grandi dans l’amour des mots. Son père Olivier Séchan, professeur d’Allemand et de Néerlandais a, en plus de ses activités de traducteur, écrit plusieurs romans. Quant à Solange, sa mère, femme au foyer (quand on a six enfants c’est un job à plein temps) elle fait écouter à son fils les chansons populaires de Fréhel et d’Edith Piaf qu’elle affectionne tant. Et bien sûr, au dessus de tout ceux-là, il y avait une moustache, une bouche à pipe et des textes insolents, le premier héros de Renaud, et le seul à qui il ait jamais demandé un autographe, l’immense Georges Brassens.
Malgré ses prédispositions pour le français, Renaud, est un élève très moyen. Réticent à toutes formes d’autorité et à l’apprentissage bête et méchant, avec une haine particulière pour la gymnastique et sa discipline militaire, il rate son BEPC et redouble sa troisième. Il quitte donc le collège Gabriel Fauré où son père enseigne pour rejoindre (ou au moins faire semblant) les bancs du lycée Montaigne. Les études ne lui plaisent toujours pas, mais l’atmosphère, plus politisée, convient mieux au jeune adolescent. Il se rapproche des milieux maoïste et trotskiste qui fleurissent à l’époque, franchi régulièrement les quelques mètres qui séparent son établissement de la fac de droit d’Assas pour aller se mesurer aux étudiants d’extrême droite, et se prépare, déjà, pour Mai 68.
C’est sur les barricades du quartier latin que Renaud fête ses seize ans. Entre temps, il a squatté, avec son frère Thierry, les locaux de la Sorbonne. C’est même là qu’il a fait ses premières scènes. D’abord en reprenant des sketchs de Guy Bedos puis en écrivant ses premières chansons dont l’inénarrable mais très prometteuse Crève Salope. Plus tard, Renaud hésitera entre ses deux vocations. Après une rencontre avec Patrick Dewaere, il intègrera même l’équipe du Café de la gare (Coluche, Miou Miou, Romain Bouteille…). A l’époque, il s’espère plus comédien qu’il ne s’imagine chanteur. Et s’il se retrouve à chanter dans les rues, béret sur la tête, accompagné d’un accordéon, des chansons d’Antoine, de Bob Dylan ou d’Hugues Aufray, ce n’est que parce qu’il attend encore le rôle de sa vie.
Son premier album, "Amoureux de Paname", sorti en 1975, Renaud l’a enregistré sans vraiment y penser. Il ne voulait pas le faire. Il a juste cédé à la pression de producteurs insistants. Le disque contient pourtant le titre qui va devenir un classique de son répertoire : Hexagone. Violente diatribe contre le peuple français, donneur de leçon et drogué à la bagnole, à la télé et au tiercé, Hexagone, censuré à sa sortie, est aujourd’hui réclamé à corps et à cris dans tous les concerts de Renaud. Son deuxième opus, scellera à jamais (ou presque) ses ambitions de comédien. Une chanson, Laisse béton, dont Brassens dira, quel compliment, qu’elle est « extrêmement bien construite », donne son nom et sa couleur au disque. Moins titi et plus loubard, comme les bandes d’Argenteuil et de Bastille qu’il a un temps fréquentées. Emporté par le succès, Renaud décide, pour l’album suivant de prendre les choses en mains. Il choisit, par exemple, lui-même ses musiciens, et la pochette de "Ma gonzesse". Plus drôle et plus touchant, ce disque vaut au chanteur une certaine reconnaissance du public et les critiques violentes de certains journalistes qui l’accusent (déjà) d’être récupéré par la société qu’il dénonce. Agacé, l’homme au bandana rouge et au blouson de cuir écrira l’album Marche à l’ombre, dédié à Jacques Mesrine, et enregistre, en réponse à ses détracteurs Où c’est qu’j’ai mis mon flingue ? Tout un programme...
La suite sera bouleversée par la naissance de sa fille Lolita en août 1980. Fini l’image du blouson noir, Renaud se contentera désormais d’être un observateur du monde. Il remballe ses petites haines pour des cris d’amour. Il s’engage toujours autant (anti-militariste dans La médaille, écolo dans Fatigué, féministe dans Miss Maggie, humaniste dans toutes les autres…) mais il le fait avec plus de recul. Avec sincérité toujours, avec humour souvent, Renaud écrit avec son cœur. Il ne sait pas faire autrement. Comme il est doué, ça marche. Morgan de toi, Chanson pour Pierrot, En cloque, Dès que le vent soufflera ou l’inévitable Mistral Gagnant (qu’il n’a enregistré que sous la menace de sa femme) sont archi diffusées à la radio. Porté par l’amour de sa muse, Dominique, il sort jusqu’en 1995 des albums de haute tenue (dont l’impeccable Putain de Camion, en hommage à Coluche, le parrain de sa fille), inaugure le Zénith de Paris avec un arbre sur scène, et bat tous les records de vente. Ses disques d’or ont d’ailleurs longtemps ornés les murs de ses toilettes. Il s'essaie même au cinéma en incarnant Lantier dans le Germinal de Claude Berri. Une confirmation qu'il ne s'est pas trompé de carrière...
Puis c’est la chute. Dépressif, alcoolique, et quitté par sa femme, Renaud n’écrit plus une ligne pendant sept ans. Une victoire de la musique remise pour l’ensemble de son œuvre (qu’il ressentira comme un hommage posthume) et une tournée confidentielle mais complète, le poussent à reprendre le chemin des studios et des médias. "Boucan d’enfer", sorti en 2002, est un album moyen musicalement, mais sincère et touchant qui trouve facilement son public. Renaud repart pour une longue tournée, où son public, conquis, lui pardonne sa voix abîmée par les excès des dernières années. A nouveau présent sur tous les fronts, (anti-corrida, libération d’Ingrid Bétancourt…) et à nouveau amoureux, celui qui a inspiré toute une nouvelle génération de chanteurs (Bénabar, Renan Luce, Benoit Doremus, Monsieur Roux…) revient en 2006 avec "Rouge sang", un double album (son vingt-troisième, si l'on compte les lives et les deux albums de reprises de chanson du Nord et de Brassens) plus incisif (mais pas plus inspiré) que le précédent. Marié, et papa d’un petit Malone, la « chetron » sauvage envahie donc Bercy et se déguise en… lui-même (blouson de cuir, bandana rouge) pour assurer sa première partie avec ses vieilles chansons. Généreux, il offre même à ses fans en 2007 un concert marathon (plus de six heures) dans une petite salle parisienne. Visiblement Mister Renard a définitivement laissé la place à Docteur Renaud. Une bonne nouvelle pour tous ceux qui espèrent qu’à nouveau ses mots guériront nos maux.
(Source : AlloMusic, Nicolas Roux)
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