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Randall Miller et Jody Savin vont consacrer un film au CBGB. Historique dans ce Let's talk about music.
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L'histoire du CBGB sera bientôt adaptée au cinéma.
Lire l'articleAvant d’être les personnages principaux de Oggy et les cafards, Joey, Marky et Dee Dee étaient surtout les principaux membres des Ramones, groupe emblématique du rock américain considéré comme « les Beatles du punk-rock » (on en revient donc aux cafards), et véritables personnages de cartoon vivants !
Fondé à New York en 1974, les Ramones furent d’abord un trio composé de Joey Ramone (alias Jeffrey Hyman) à la batterie, de Johnny Ramone (John Cummings) à la guitare, et de Dee Dee Ramone (Douglas Colvin) au chant et à la basse, un certain Tommy Ramone (Tamàs Erdelyi) jouant vaguement le rôle de manager. Dès le départ, ces faux-frères arborent tous le même look délibérément caricatural : jeans déchirés aux genoux, blousons de cuir noir, baskets usées, cheveux mi-longs et grosses lunettes de soleil. Quant à leur patronyme, il est en lien direct avec l’histoire des Beatles (décidément) : c’est en effet sous le nom de Paul Ramon que McCartney avait l’habitude de se faire inscrire dans les hôtels pour préserver son anonymat. Très vite, Dee Dee, qui n’arrive pas à chanter, propose à Joey de vocaliser à sa place, tandis que Tommy s’installe derrière les fûts. Ne maîtrisant pas très bien leurs instruments, ils feront de leurs limites un style révolutionnaire : trois accords répétitifs, des rythmes binaires, des chansons de 2 minutes 30 maximum (généralement introduites par un One-Two-Three-Four devenu mythique) et des refrains hérités de la pop des sixties.
Gamins des rues désœuvrés, grands consommateurs de drogues, habitués des commissariats et des hôpitaux psychiatriques, les Ramones projettent alors leur nihilisme, leur violence et leur humour noir dans un rock’n’roll primitif, joué très fort et très vite. Leurs concerts ne durent pas plus de 30 minutes, mais le fait de fréquenter les planches du fameux club CBGB - aux côtés des valeurs montantes que sont alors Blondie, Talking Heads ou Patti Smith - leur permet de se faire remarquer par l’imprésario des Stooges, et de signer avec Sire Records.
De 1976 à 1996, les Ramones enchaîneront alors les disques avec la régularité d’une chaîne de montage automobile de Detroit avant la crise (quasiment un par an). L’Histoire retiendra tout particulièrement leurs trois premiers opus : "Ramones" (1976), "Leave Home" (1977) et "Rocket to Russia" (1977), qui contiennent la plupart de leurs classiques. Au fil de sa tumultueuse existence, la famille Ramones connaîtra moult bouleversements. Ainsi, en 1978, Tommy quitte son poste de batteur pour celui de producteur, remplacé au pied levé par Marky Ramone (Marc Bell). Celui-ci devra pourtant s’éclipser en 1983, victime de son penchant trop prononcé pour la bouteille. C’est Richie Ramone (Richard Reinhardt) qui prendra sa place, amenant le groupe aux frontières du hardcore sur "Too Tough to Die" (1984), "Animal Boy" (1986) et "Halfway to Sanity" (1987). Désintoxiqué, Marky Ramone reprendra du service en 1988, après le départ de Richie et un passage éclair de Clem Burke (ex-Blondie). L’année suivante, Dee Dee Ramone déclare forfait pour s’en aller voler de ses propres ailes. C’est le fringant C.J. Ramone (Christopher Joseph Ward) qui reprendra alors la basse. Il tiendra bon jusqu’en 1996, date à laquelle les Ramones décident officiellement de raccrocher les gants - après un bon album studio (fort justement titré "Adios Amigos"), une mémorable tournée d’adieu et un live sauvage ("Greatest Hits Live!").
Chacun poursuivra alors une carrière solo avec plus ou moins de succès. Mais les années 2000 seront fatales pour les papas du punk. Le 15 avril 2001, Joey Ramone décède d’un cancer du système lymphatique. Le 5 juin 2002, Dee Dee succombe à une overdose d’héroïne. Le 15 septembre 2004, Johnny capitule devant son cancer de la prostate… Aux dernières nouvelles, Marky, Richie et Tommy vont bien, eux. Car visiblement, chez les Ramones c’est l’inverse de Spinal Tap : il n’y a que les batteurs qui survivent. Forcément : le sport, ça conserve !
(Source : AlloMusic, Christophe Lorentz)
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