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Hier soir, à Dallas, Radiohead a interprété une chanson inédite et une B-side encore jamais jouée en live.
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Le trio Keane, devenu quatuor depuis l'arrivée de Jess Quin à la basse, s'apprête à sortir un album le 7 mai.
Lire l'articleVéritable exception culturelle, Radiohead démontre qu'il est bel et bien possible de devenir un groupe pop mondialement adulé, vendre des disques par millions et faire se pâmer la presse musicale en ayant un chanteur aussi sexy qu’un cocker borgne et une musique aussi peu racoleuse que Jean-Marie LePen en string. Hé oui : dans ce monde pourri, on peut pourtant encore bâtir une carrière en ayant simplement du talent !
C’est en 1986 que cinq étudiants d’Abingdon, non loin d’Oxford, forment un groupe dénommé On a Friday. Thom Yorke est au chant, Jonny Greenwood à la guitare, Ed O’Brien à la seconde guitare, Colin Greenwood (frère du premier) est à la basse et Phil Selway à la batterie. Après cinq ans de démos et de concerts, le quintet finit par attirer l’attention de la major company EMI, qui accepte de le signer à condition qu’il change de nom On a Friday devient donc Radiohead, en hommage à une chanson des Talking Heads – pourtant bien plus joyeuse et lumineuse que la totalité de la discographie des Anglais !
Enregistré rapidement, "Pablo Honey", le premier album de Radiohead sort en 1993. Fraîchement accueilli par la presse anglaise, il recèle pourtant LE morceau qui va propulser le groupe sur le devant la scène : Creep. Ce sera un peu leur Smells Like Teen Spirit : un morceau dépressif et heavy qui deviendra un tube tellement énorme (surtout en Amérique) que le groupe finira par en être dégoûté… Cherchant absolument à ne pas faire un Creep bis, Radiohead explore d’autres voies sur son second album : "The Bends" (1995). Son rock à fleur de peau se teinte d’arrangements sophistiqués, alternant violence et mélancolie, le tout porté par la voix touchante de Thom Yorke. Le succès perdure et va même croissant, ce qui conforte le groupe dans son désir d’aller bien plus loin artistiquement que la simple ritournelle pop. C’est cette ambition (pourtant digne du musicien de rock progressif le plus pompeux) qui donne naissance à l’acclamé "OK Computer" (1997), disque audacieux et complexe mais toujours gorgé d’émotion.
Même si on les considère comme les nouveaux messies de la musique anglaise, les membres de Radiohead restent stoïques comme des pneumatiques : pas de drogues, pas de coucheries avec les groupies, pas de bitures… Au lieu de ça, ils se murent dans un silence de deux ans, avant de réapparaître en 2000 avec un ODNI (Objet Discographique Non Identifié) : "Kid A". Plus expérimentale que jamais, la musique du quintet n’a plus grand-chose de rock, et flirte au contraire avec l’electronica ambient et le free-jazz. Une tendance à l’abstraction confirmée par "Amnesiac" (2001), aussi peu accessible que l’Everest en hiver. Mais toutes ces dérives sonores ne découragent pas un public toujours plus fervent (ou qui abuse encore plus de l’herbe qui rend nigaud), et Radiohead joue désormais dans des endroits habituellement réservés aux évènements sportifs populaires (communément appelés « stades »).
La redescente se fait en douceur avec "Hail to the Thief" (2003), un peu plus direct que ses prédécesseurs, et qui voit le groupe affirmer clairement son engagement idéologique. Puis, Thom Yorke s’échappe en solo avec "The Eraser" (2006), qui s’inscrit dans la même veine électronique et pop.
Débarrassé de son contrat avec EMI, Radiohead offre son septième album, "In Rainbows" (2007), en téléchargement libre, voire contre une somme laissée à l’appréciation de l’Internaute. Une démarche qui influencera vite d’autres artistes désireux de s’affranchir de leurs encombrants labels… Et comme le groupe et son leader semblent obsédés par la négation du statut de stars, peut-être est-ce là le premier pas vers la dissolution complète de Radiohead dans le cyber espace. N’oublions pas qu’une de leurs chansons s’appelle justement How to Disappear Completely (« Comment disparaître totalement")
(Source : AlloMusic, Christophe Lorentz)
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