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Le génial musicien veut se produire à Paris, au pied de la tour Eiffel, et livrer les bénéfices de ce concert (pourtant gratuit) à l'Unicef. Toujours aussi chelou.
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La chanteuse a désormais des ambitions de cinéma. Et elle rêve de grands rôles.
Lire l'articleIl y a des prénoms qui vous condamnent à un destin hors norme. Prince, par exemple, n’offre aucune alternative : pas vraiment d’autres choix que d’être le meilleur dans ce qu’on entreprend. Mais évidemment si l’on choisit de tenter sa chance dans un milieu aussi encombré de génies - réels ou présumés - que la musique, c’est encore un peu plus compliqué.
Mais, outre une obligation d'excellence, Prince a reçu en héritage le culte d'une culture, celle du son. Son père, John, était pianiste dans une formation jazz (Le prince Rogers Trio…) et sa mère Mattie Shaw en était la chanteuse. Quand le couple se sépare, Skipper, le surnom du petit Prince, se console de l’absence de son père en faisant ses gammes sur le piano que celui-ci a abandonné. Quelques années plus tard, lorsque le jeune adolescent décide de fuir le nouveau mari de Mattie et de rejoindre son père, celui-ci offre, pour se faire pardonner ses insuffisances, une guitare à son fils. Un cadeau utile. Prince est si souvent seul qu’il a tout le loisir d’apprendre à maîtriser l’instrument de ses idoles Jimi Hendrix, Carlos Santana ou Sly and the Family Stone. Puis, lassé d’être abandonné, le jeune garçon déménage chez des voisins. Les Anderson ont six enfants et une cave. C’est là que le kid de Minneapolis s’installe et constitue avec Andre et Linda Anderson, Grand Central, son premier groupe.
Multi-instrumentiste, il aspire rapidement à une carrière solo. Il se trouve un agent qui lui fait signer en 1977 un contrat historique. A 19 ans, celui qui se fait désormais appeler Prince obtient de la Warner un contrôle artistique total et un budget confortable pour la conception de trois albums. Passant parfois jusqu’à 24h de suite dans les studios, pour enregistrer lui-même tous les instruments l' un après l'autre, le jeune artiste engloutit l’intégralité de la somme qui lui avait été versée juste pour réaliser le premier, "For You". Quand l’album sort en 1978, le public, orienté disco, n’est pas sensible aux compositions mélangeant pop et funk de ce premier essai. C’est un flop. La tournée annoncée est même annulée après le premier concert…
L’année suivante, l’artiste, déjà un rien mégalo, sort un deuxième album qui porte son nom. La pochette provoc - Prince torse nu et cheveux long au recto, dans le plus simple appareil et sur un cheval au verso - et deux tubes imparables I wanna be your lover et I feel for you, assurent au disque un joli succès. Mais pour son troisième album, "Dirty Mind" le chanteur pousse un peu plus loin le vice. Les musiques osent le mariage du rock et du funk, et les paroles versent dans le franchement salace. Entre fellations et incestes, le disque fait scandale. Le résultat est à double tranchant : les ventes sont pitoyables mais la réputation de Prince est faite. Pour que le chanteur ne devienne la star que l’on connait aujourd’hui, il faudra encore deux ans (et donc deux albums). En 1982, il sort "1999". Une révolution. C’est d’ailleurs comme ça qu’il baptise humblement le groupe qui l’accompagne désormais…
Fort de ce succès, Prince passe l’année suivante à établir une nouvelle stratégie artistique. Son prochain album, il le veut conceptuel et définitif. Il doit faire de lui LA super star de la musique. Ce sera donc "Purple rain". Un film musical, soit disant autobiographique, et une B.O. vendue à 13 millions d’exemplaires à travers le monde. Pari réussi. Prince monte même son propre studio d’enregistrement, Paisley Park, dans sa ville natale de Minneapolis. Mais le plus dur reste à faire : désormais il faut confirmer.
Prince le fera à de nombreuses reprises, pendant la deuxième moitié des années 80 et au début des années 90. Ses projets sont ambitieux, inattendus, et souvent risqués. Mais le génie opère. Kiss ou Girls and boys, tirés de l’album "Parade" (qui est aussi la B.O. d’un film qu’il a lui-même réalisé et qui a vu débuter Kristin Scott Thomas) sont devenus des classiques, sa Batdance écrite pour le premier opus de l’homme chauve-souris réalisé par Tim Burton est un carton, et son album "Diamonds and Pearls" un modèle d’efficacité. Warner ne s’y trompe d'ailleurs pas. La firme propose à l’artiste un contrat en or qui l’engage pour les sept prochaines années. Sans savoir qu’ensemble, par ce bout de papier, ils signent en fait l’arrêt de mort de leur relation.
La maison de disque demande à Prince de sortir des albums à un rythme moins intense. Lui se sent prisonnier de ses nouvelles obligations. Il cherche à se libérer de ses contraintes, mais c’est juridiquement impossible. Il se fait donc désormais appeler ... (Veuillez remplacer les points de suspensions par un signe imprononçable qui mêle les symboles mâles et femelles communément appelé Love Symbol. Merci.) ou TAFKAP (The Artist Formerly Knows As Prince) et prend garde à avoir, à chacune de ses sorties publiques, le mot Slave (qui n’est pas une déclaration d’amour à nos amis Russes, mais bien esclave en Anglais. Ce qui est, c’est vrai, moins romantique) écrit au feutre sur sa joue. Entre 1993 et 2000, il offrira donc à la Warner quelques disques très moyens, composés essentiellement de chutes de studio sans grand intérêt. Seuls ses fans les plus acharnés (ceux qui collectionnaient déjà les nombreux enregistrements pirates vendus sous le manteau) réussissent à suivre sa production parallèle parue sous différents pseudos ou groupe ("Exodus" ou "Gold Experience" avec les NPG par exemple). Les autres, à défaut de bons albums, le lâchent peu à peu.
Mais en 2001, libéré de son contrat (mais lié aux témoins de Jéhovah), celui
qui est redevenu Prince sort sous son propre label "The Rainbow
children", son 24e opus, aux résonances très jazzy et se
réconcilie avec la critique. Désormais, il sort des albums (inégaux) au
rythme qu'il lui chante (c'est-à-dire élevé), et surtout il les distribue comme
il l’entend. Parfois gratuitement sur le Net, d'autres fois, en les offrant avec
une place de concert (le Nain Mauve, un surnom qu’il doit à sa petite taille et
à ses étranges goûts vestimentaires, est une bête de scène qui déplace toujours
des foules) ou un magazine. Et ça marche. Ses disques s'écoulent régulièrement à
plusieurs millions d'exemplaires. Bref, il se venge des maisons de disques,
chante au Super Bowl, propose des résidences (à Las Vegas ou à Londres) avec
show et surtout after-shows, s’entoure des meilleurs musiciens (Maceo
Parker entre autre) et s’éclate. Il était temps. Espérons juste qu'il ne
soit pas trop tard …
(Source : AlloMusic, Nicolas Roux)
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