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Au programme : la Terre remixée, les maîtres mots du rock'n'roll et un petit nouveau en direct de New York.
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Le Benjamin de l'équipe décrypte cette semaine l'album de Pogo, Weave and Wish.
Lire l'articleVoici le Bob Marley des temps modernes, et c'est un geek cinéphile. Nick Bertke, alias Pogo, partage en effet ce même but qu'avait le roi de la Jamaïque, du reggae et d'un tas d'autres choses fumantes : rendre le monde et les gens meilleurs grâce à sa musique. Un comble pour cet Australien qui a passé son enfance en Nouvelle-Zélande, et dont le premier groupe avait pour nom Minor Conflict.
Heureusement, après quelques victoires dans plusieurs tremplins locaux, Pogo décide de revenir à ses fondamentaux, c'est-à-dire à la musique "déjà enregistrée". Ce virage musical (ou plutôt audiovisuel), il l'opère lorsqu'il déménage à Perth (une ville de l'ouest de l'Australie à l'opposé de Sidney). Là, le petit maniaque du micro enregistreur, qui s'est déjà monté quelques quatre-vingt-dix compilations sur autant de cassettes entre 7 et 18 ans, décide de passer au stade supérieur et introduit le DVD du film Oliver et Compagnie de Disney dans son ordinateur. "J'ai commencé à couper puis assembler les pièces ensembles, comme dans un puzzle.", explique Nick, qui ne se fait pas encore appeler Pogo.
L'affaire lui paraît si simple et passionnante qu'il recommence avec un autre classique Disney : Alice aux pays des merveilles. Puisqu'on y est, autant s'attaquer aux monuments. Le futur artiste monteur producteur s'emploie donc à couper dans le vif de courtes parties des dialogues du film, puis il les regroupe selon leurs rythmes pour en faire des sons originaux. C'est minutieux, donc la sauce prend. À ce moment, la meilleure des idées qui traversent l'esprit de cet ami des lapins (animal légion en Australie dont il fera son logo), c'est celle de poster ses montages sur Youtube. La pire de toutes, c'est celle de s'y inscrire en prenant un pseudonyme à la limite de l'homophobie : "Fagottron" ("fagot" étant un terme péjoratif pour désigné un homosexuel en anglais). Mais le public ne s'y arrête pas et le clip de son premier vrai titre, Alice, fait un buzz éclair. Il lui permet d'ailleurs de travailler sur les musiques de Toy Story.
Parce qu'il faut un nom cool et efficace, Nick, alias Fagottron, devient Pogo. Dès lors, le studio d'animation Disney Pixar le contacte. Le geek piqué aux dessins animés s'envole donc pour San Fransisco, où les Américains adeptes du marketing efficace voient en Pogo un allié de taille. Le géant américain lui propose de collaborer à la bande originale de sa prochaine production : le très bon Là-haut (Up en anglais). Si un Australien sorti de nulle part commence à se faire du beurre sur le dos de Disney, autant que ça leur rapporte. Les remixes s'enchaînent et, sur la toile, des milliers d'internautes cliquent encore et encore.
Pogo comptabilise plus de onze millions de vues sur Youtube, et ce en seulement trois ans et une petite dizaine de vidéos. Pour Là-Haut, il compose Upular, un titre rapide et néanmoins très relaxant, voire hypnotisant. Après quelques films, dont Toy Story et Pirates des Caraïbes, le contrat de Pogo arrive à son terme. Le retour à la réalité n'est pas aussi dur qu'on pourrait le croire : l'Australien est inondé de propositions de contrat, entre Honda, quelques studios et plusieurs boîtes de communication. Avec un certain sens de la reconnaissance, Pogo ne s'arrête pas de créer afin d'alimenter la demande de ses fans.
De cette phase sort une énième vidéo, mais pas des moindres : dans Gardyn, il monte un son à partir de bruits d'arbres et d'outils de jardinage. Pogo y fait jouer sa mère : il la montre en train de travailler et de caresser son chien. Grâce à elle, et surtout à sa voix qui fait basculer le titre dans le psychédélique, Pogo est nommé puis primé avec vingt-cinq autres vidéos au festival Youtube Play, le premier prix à récompenser les meilleures vidéos créatives échouées sur la toile. Depuis, il vend ses titres à qui veut bien les acheter, et reverse un peu de ces dons à des œuvres de bienfaisance. On parle même de lui dans le Wall Street Journal : Pogo est officiellement devenu un artiste reconnu.
(Allomusic, par Antony Milanesi)
10/11/2010
17/06/2010