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Peter Gabriel et Paul McCartney sortent ces jours-ci deux disques témoignant de leur ouverture musicale. Pour certains compositeurs pop, le musique dite "savante" ou orchestrale est une chance de recommencement.
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Le chanteur revoit ses classiques !
Lire l'articleTout petit, Peter Gabriel portait des robes et s'affublait d'une tête de renard pour annoncer que le dîner était servi (Supper's Ready, Foxtrot, 1972). Avec Genesis, il posait les jalons d'un rock progressif et théâtral, déclinant ses contes de la cruauté dans une atmosphère so British ("Nursery Cryme", 1971). Puis quittait le groupe après un dernier album étonnant ("The Lamb Lies Down On Broadway", 1974). Un cauchemar urbain et surréaliste, où l'on découvrait que Genesis pouvait être oppressant, menaçant, voire violent (Back In New York City). Loin des Lewis Carrolleries habituelles, produisant une musique convulsive, sombre, gorgée de basses fuzz et d'atmosphères malsaines. Après ça, Genesis délaissa le progressif pour devenir régressif, mais Peter Gabriel s'en foutait car il avait filé ailleurs.
A partir de ce moment, il ne cesse de surprendre. Ceux qui attendaient qu'il creuse le sillon progressif vont être déçus. Il entame une série de collaborations souvent inattendues, et livre des albums variés et toujours novateurs. Il grave le 1er sous l'égide de Bob Ezrin, avec l'aide de 2 tueurs à la six cordes : Steve HunterDick Wagner, les fous furieux de "Rock And Roll Animal" (Lou Reed) et "The Alice Cooper Show" (un tube : Solsbury Hill). Pour le 2ème, c'est Robert Frip qui s'y colle. Les suivants le verront expérimenter. Sur "MeltSecurity" (1982) il utilise alors le tout nouveau Fairlight CMI sampler. Mais malgré ces innovations, il reste accessible. Les hits Games Without Frontiers, Shock The Monkey en attestent. "Birdy" (1985), B.O. du film éponyme, confirme. Et puis déboule la Sainte-Trinité de l’ange Gabriel : "So" (1986), "Passion" (1989) et "Us" (1992), 3 albums qui font de lui un artiste immensément populaire. Carton plein : Sledgehammer, Big Time, Don’t Give Up explosent tout. The Last Temptation Of Christ de Scorsese lui vaut un grammy award et un golden globe. Il s’affirme également artiste multimédia, notamment au travers de ses vidéos qui sont unanimement acclamées et lui valent moult récompenses.
Mais Gabriel est aussi un homme engagé, à faire passer Bono et Sting pour des monstres d’égoïsme. Son amour de la world music l’amène à créer le label Real World, issu du mouvement Womad, qui propulse sur la scène internationale Nusrat Fateh Ali Khan et Youssou N’Dour. Ardent défenseur des droits de l’homme, il tourne pour Amnesty International, milite contre l’apartheid en Afrique du Sud (Sun City 1985, Biko, repris par le génial Robert Wyatt et les horribles Simple Minds). Il créé l’association Witness qui propose à ses membres de filmer les abus dont ils pourraient être témoins. En 2006, il est proclamé « Homme de la paix » par les lauréats du prix Nobel. Etc. (Il n’est pas sûr que l’homme, peu avide de gloriole, apprécierait cette énumération).
Artiste intègre, honnête homme, Peter Gabriel, né le 13 février 1950, est une des personnalités les plus fortes de sa génération. Et du rock progressif anglais en général.
(Source : AlloMusic, Eric Tessier)
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