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LE RACHAT D'EMI : LES CONSéQUENCES
La rumeur courait depuis des mois, c'est officiel depuis cette semaine : la major EMI a été rachetée par sa concurrente Universal. Quelles sont les conséquences pour les artistes ?
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CHER RAP FRANçAIS
Cette semaine, le p'tit Nicolas écrit une lettre ouverte au rap français, pour lui dire tout le bien qu'il aimerait penser de lui.
Lire l'articleOxmo Puccino a la rime
riche, le vocabulaire vaste et le ton novateur. Né au Mali et installé à
Paris depuis 1975, le rappeur, Abdoulaye Diarra de son vrai nom, ne se
demande pas comment il en est venu à se faire surnommer le « black
Jacques Brel ». Sans se poser de questions, il chante depuis ses 13 ans
en se mêlant aux autres rappeurs du quartier de la Place des Fêtes.
Porte-parole et porte-drapeau d’une culture urbaine aux racines
multiples, il fait entendre sa voix étonnante, qui porte haut un langage
fleuri émaillé de verlan et d’injures, d’adresses abruptes et d’images
poétiques. La vie fera le reste.
Tout commence au sein du collectif Time Bomb, qui lui permet de
collaborer avec les X-Men ou Lunatic. Il sympathise
notamment avec Booba qui le fait travailler
sur le morceau “Pucc Fiction” de la compilation L 432, un succès dans les
milieux underground du rap français. Aussitôt, Oxmo se retrouve à faire
une série de freestyles dans l’émission “Original Bambattak “de la
radion Générations. En 1998, il compose “Mama Lova”, sorti sur la
compilation Sad
Hill du
marseillais Kheops, le DJ du groupe IAM. Une véritable
aubaine qui lui permet de se faire connaître auprès du grand public.
Cette même année, le collectif se sépare. Sans conséquence dramatique
pour Oxmo, qui se voit aussitôt
sollicité par Virgin pour un premier contrat solo . Le label ne le
regrettera pas : Studio Opéra Puccino (1998) devient disque d’or en un instant.
Séduit, le réalisateur
Jacques
Doillon
lui demande un titre pour la musique de son prochain film “Petit Frère”.
Ce sera “L’enfant
seul”,
qui ouvre sa plume au monde du cinéma, un nouvel horizon qu’il continue
d’explorer en collaborant à la BO de “Mesrine”.
Mais si le 7e art lui
tend les bras, son second album studio L’amour est mort (2001) est boudé par
le public. Nullement découragé par ce revers inattendu, Oxmo revient l’année
suivante avec le single “Avoir des potes”, véritable ode à
l’amitié qui deviendra la chanson emblématique du festival Urban Peace
au Stade de France. La reconquête est lancée, guidée par un troisième
opus Cactus
de Sibérie,
suivi d’une grande tournée dans toute la France.
Ce n’est pourtant
qu’en 2006 qu’Oxmo
Puccino
viendra asseoir sa réputation de “Black Jacques Brel” en sortant Lilopette Bar, album créé en
collaboration avec The Jazzbastards sous le célèbre label
de jazz Blue Note. Inspiré des films noirs, l’album retrace l’histoire
d’une diva dénommée Billie, Billie Holiday évidemment.
Car Oxmo est un homme à
histoires. Sa passion pour l’écriture le conduit à composer pour Florent Pagny (“Vivons la Paix” de l’album Abracadabra en 2006) ou Alizée (“Décollage” et “Par les paupières” de Psychédélices en 2007). Surtout, le
chanteur s’envole pour Bogota en compagnie de DJ Cream. De leur
collaboration avec un groupe colombien, Choc Quib Town, naît un CD 4 titres,
“Paris-Bogota”.
En mars 2009, l’album L’arme de Paix réunit les musiciens
des Jazzbastards ainsi que Sly the Mic
Buddah
du groupe Saian Supa Crew, K’Naan et Olivia Ruiz. Récompensé aux
Victoires de la musique 2010 - meilleur album de musique urbaine -, Oxmo Puccino assure également la
publication d’un recueil Mine de cristal, regroupant quelques uns de ses
meilleurs textes.
12/05/2011
24/02/2011
24/02/2011
17/11/2010