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Le clip de Oh Amadou, réunissant Bertrand Cantat et Amadou et Mariam, vient de sortir.
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Bertrand Cantat revient tout doucement dans le monde de la musique, en mars vous pourrez l'entendre sur l'album d'Amadou & Mariam.
Lire l'articleDepuis un certain fait divers tragique, le nom de Noir Désir est presque devenu synonyme de « crime passionnel » et de « peine de prison ». Mais avant cette triste nuit de juillet 2003 à Vilnius, Noir Désir était surtout LE groupe rock français, à la fois énergique, créatif, intelligent et totalement intègre. Chienne de vie !
Bordeaux, 1980. Deux copains de lycée, Bertrand Cantat et Serge Teyssot-Gay, décident de former un groupe punk/new-wave. Ils sont rejoints par Denis Barthe (batterie) et Vincent Leriche (basse), se baptisent Psychoz et écument les bars de leur ville. Rapidement, le groupe change son nom en 6.35 puis en Noirs Désirs (au pluriel). En 1982, Serge et Vincent s’en vont former un duo expérimental nommé B.A.M. (Boîte À Musique). Frédéric Vidalenc (du combo bordelais Dernier Métro) reprend alors la place du bassiste et Luc Robene celle du guitariste. Le quatuor tranche déjà sur la cold-wave d’alors par son rock incantatoire et ses concerts puissants, dans la lignée des Doors, de Nick Cave et du Gun Club. En 1985, Serge Teyssot-Gay réintègre la formation, alors que celle-ci envoie sa démo à ses artistes de référence : Ray Manzarek (The Doors), Jeffrey Lee Pierce (Gun Club) et Théo Hakola (Passion Fodder). Ce dernier présente alors le groupe à sa maison de disques, Barclay, qui le signe en 1986.
Produit par Hakola, "Où veux-tu qu’je r’garde" (1987), le premier effort de Noir Désir (désormais au singulier), est un mini-album de six titres contenant déjà les principaux éléments de son style : alternances de violence et d’accalmies, ambiances sombres et tendues, textes gorgés de jeux de mots poétiques, et cette voix très expressive qui pousse parfois des ululements glaçants. Mais c’est en 1989, avec son véritable premier album "Veuillez rendre l’âme (à qui elle appartient)", que Noir Désir commence à s’attirer les faveurs du grand public, notamment grâce au tube Aux sombres héros de l’amer, tandis que les derniers gothiques encore debout font des Ecorchés leur nouvel hymne.
Avec l’âpre "Du ciment sous les plaines" (1991), le quatuor affirme un peu plus son engagement politique (à gauche bien sûr), en plus de ses références littéraires typées « poètes maudits », et toujours sur un rock convulsif et ambiancé. Noir Désir véhicule ainsi une image d’artiste tourmenté et revendicatif, malmené par la presse mais suivi par un public fervent et grandissant. En 1992, le virulent "Tostaky" creuse les thèmes de prédilection du groupe (révolution, fascination pour l’Amérique du Sud, haine du fascisme et du capitalisme), associés à une musique encore plus bruitiste et audacieuse. Les années suivantes n’amènent qu’un double live d’excellente facture ("Dies Irae" en 1994), vu que Bertrand se voit contraint de se reposer de peur de perdre sa voix. Serge Teyssot-Gay en profite pour réaliser un album solo sombre et expérimental, "Silence Radio" (1996), tandis que Frédéric Vidalenc quitte le groupe au profit de Jean-Paul Roy.
Noir Désir refait surface en 1996 avec "666.667" Club, qui renoue partiellement avec la rage sourde des débuts tout en étant plus moderne. Paraît ensuite un étonnant (mais inégal) album de remixes : "One Trip, One Noise" (1998). On parle de séparation alors que Serge Teyssot-Gay réalise un second album solo, "On croit qu'on en est sorti" (2000), et que Bertrand collabore aux disques du saxophoniste de free-jazz Akosh S.Unit. Mais Noir Dèz revient en 2001 avec "Des visages des figures", qui confirme le nouveau goût du groupe pour les expérimentations électroniques, parfaitement intégrées à des chansons rock aux ambiances faussement apaisées.
Hélas, deux ans plus tard intervient le (trop) médiatisé drame impliquant Bertrand Cantat dans la mort de sa compagne, l’actrice Marie Trintignant… La condamnation du chanteur à huit ans de prison semble mettre un terme à la carrière du combo bordelais. Libéré cinq ans après, Bertrand Cantat retrouve pourtant Noir Désir pour enregistrer deux nouvelles chansons, téléchargeables librement sur son site officiel fin 2008 : Gagnants / Perdants et Le Temps des cerises. Après cette discrète réactivation, les musiciens laissent entendre qu’un nouvel album est en cours de réalisation, bien qu’un retour sur scène reste peu probable. Mais comme on dit au journal télévisé : « C’est une information à prendre au conditionnel. » Alors soyons désinvoltes, n’ayons l’air de rien…
(Source : AlloMusic, Christophe Lorentz)
Le JT du 19 avril 2012
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