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Pour les besoins du film "Les Muppets", les marionnettes revisitent le célèbre titre de Nirvana. Une interprétation qui ne plaît pas à Courtney Love, la veuve de Kurt Cobain.
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Le producteur vient d’annoncer qu’il pourrait mourir dans deux semaines, date de son opération pour le soigner de son cancer de la vessie. Prévoyant le monsieur !
Lire l'articleFranchement, qu’y avait-il de si génial chez Nirvana, hormis des mélodies parfaites, une énergie qui prenait aux tripes, des textes brillants, des riffs inventifs et une attitude subversive salvatrice ? Hein ? Bon, d’accord : c’est déjà dix fois plus que chez nombre d’autres artistes…
Avant d’être « le porte-parole de la Génération X », Kurt Cobain était un adolescent d’Aberdeen (ville industrielle de l’état de Washington), qui, en 1985, était aussi bien fan de heavy metal et de punk que des Beatles. C’est alors qu’il accompagne sur la route les gloires locales, The Melvins, qu’il rencontre le bassiste Chris « Krist » Novoselic. Séduits par l’atmosphère créative de la ville d’Olympia, les deux amis s’y installent et, flanqués du batteur Aaron Buckhard, démarrent un projet musical nommé Fecal Matter (on vous laisse le soin de traduire). En 1988, Aaron Buckhard ayant quitté le groupe, c’est avec Dale Crover des Melvins que Fecal Matter enregistre une démo de dix titres qui atterrit sur le bureau du boss de Sub Pop, label indé de Seattle qui signe le groupe peu après. Fecal Matter se rebaptise alors Nirvana (ça fait quand même plus classe), embauche le batteur Chad Channing et le second guitariste Jason Everman, puis sort un premier 45 tours titré Love Buzz (reprise du groupe pop hollandais Shocking Blue). Enregistré en trois jours pour l’équivalent du budget eau minérale de Phil Collins en studio (600 dollars), le premier album de Nirvana, "Bleach", sort début 1989. Sur des guitares vrombissantes et des rythmes pesants, la voix, tantôt plaintive, tantôt rageuse, de Cobain déroule des mélodies entêtantes, et l’ensemble suinte le malaise d’une jeunesse rurale américaine désabusée. Le disque est bien reçu, ce qui permet à Nirvana de partir tourner en Amérique et en Europe.
À son retour, plusieurs maisons de disques sont sur les rangs pour récupérer le combo. Débarrassé de son guitariste additionnel et ayant troqué Chad Channing contre Dave Grohl (ex-Scream), Nirvana choisit finalement de signer chez Geffen, où se trouvent déjà ses amis de Sonic Youth. Le trio s’enferme alors en studio avec le producteur Butch Vig (qui sort juste de la production du "Gish" des Smashing Pumpkins) pour réaliser son second album : "Nervermind". Sorti fin 1991, ce disque fera l’effet d’une bombe incendiaire dans une usine de laque pour cheveux : bien que Kurt râle contre sa production un peu trop propre, l’album marquera le retour fracassant du rock saturé dans un paysage musical dominé par le glam-metal permanenté et le hip-hop aseptisé. Collection épatante de chansons immédiatement accrocheuses dopées à la distorsion, alternant les moments faussement calmes et les explosions de rage froide, "Nevermind" retranscrit l’instabilité psychologique de Cobain. Ce sera un succès fulgurant, qui attirera l’attention sur la scène musicale de Seattle, lancera le soi-disant « mouvement grunge » et deviendra « le disque d’une génération » : celle des adolescents paumés oscillant entre apathie et rébellion, qui adopteront bientôt la chemise de bûcheron et le jean dépenaillé comme uniforme. Propulsé malgré lui sous les feux des projecteurs, le groupe s’ingénie à démolir son statut de rock-stars en salopant régulièrement ses morceaux les plus connus avant de détruire son matériel. Évidemment, la drogue et l’alcool s’invitent à la fête, tandis que Cobain noue une relation aussi tumultueuse que le Cap Horn avec Courtney Love, sulfureuse chanteuse de Hole qui ferait passer Amy Winehouse pour Sœur Emmanuelle.
Alors que le couple est l’objet d’innombrables ragots et Nirvana en tête de tous les hit-parades, la compilation de raretés "Incesticide" apparaît dans les bacs en 1992. La même année, le groupe retourne en studio pour son très (trop) attendu troisième album. Un temps annoncé sous le titre "I Hate Myself and I Want to Die" (pas besoin de vous faire un dessin), "In Utero" sort en 1993. C’est une suite parfaite à "Nevermind", qui comporte son lot d’hymnes électriques rugueux et de ballades désespérées, même si le renouvellement n’est pas complètement au rendez-vous. En novembre 1993, les membres de Nirvana et quelques musiciens additionnels (dont leur guitariste live Pat Smear et deux Meat Puppets) enregistrent une performance live acoustique pour le compte de l’émission MTV Unplugged. Truffée de reprises (dont le fameux The Man Who Sold the World de Bowie) et évitant soigneusement les tubes du combo, cette belle prestation sera commercialisée fin 1994 sous le titre "Unplugged in New York". Mais lorsque sort ce disque, le mouvement grunge est déjà orphelin : le 5 avril 1994, Kurt Cobain s’est donné la mort à son domicile de Seattle d’un coup de fusil dans la tête.
Dave Grohl s’en ira fonder les excellents Foo Fighters, Krist Novoselic créera l’éphémère Sweet 75, et Courtney Love deviendra peu à peu la rockeuse la moins créative et la plus arriviste de toute la galaxie. Devenu aussi culte que Bob Marley ou Jim Morrison, Kurt Cobain est aussi (hélas) souvent réduit, comme eux, à un visage fatigué sur un tee-shirt décoloré. Heureusement que sa musique, elle, ne sonne toujours pas fatiguée, même si les pochettes de nos CD commencent sérieusement à se décolorer…
(Source : AlloMusic, Christophe Lorentz)
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