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Lire l'articleParmi les choses que Nine Inch Nails a inventées, il y a notamment le concept de « one man band » - ou « projet monocéphale » pour les intellos. Autrement dit : Trent Reznor EST Nine Inch Nails et vice-versa. Une équation rendue possible par le fait que l’électronique et le travail en studio sont des composantes essentielles de la musique de ce « projet », qui sait néanmoins devenir un vrai groupe lorsqu’il s’agit de monter sur scène et de se transformer alors en véritable tsunami sonique !
Né le 17 mai 1965 à Mercer (Pennsylvanie), Michael Trent Reznor possède une formation de pianiste classique mais aussi d’informaticien, de guitariste, de bassiste et de chanteur, ce qui lui confère le statut envié de « multi-instrumentiste » - une sorte d’homme-orchestre à la Rémy Bricka avec des corbeaux à la place des colombes ! Après plusieurs expériences de jeunesse au sein de formations électro-pop, il se lance dans la réalisation d’un premier album sous le patronyme de Nine Inch Nails. C’est ainsi qu’il compose, interprète et enregistre seul "Pretty Hate Machine", qui sort en 1989 sur le label TVT. Aussitôt, Reznor monte un groupe live (comprenant notamment Chris Vrenna à la batterie et Richard Patrick à la guitare), puis part tourner aux États-Unis et en Europe. Grâce à sa musique alliant les mélodies synthétiques de Depeche Mode aux manipulations bruitistes de Throbbing Gristle et aux guitares saturées de Kiss, il conquiert aussi bien les publics gothiques qu’industriels, et vendra plus d’un million d’exemplaires de "Pretty Hate Machine" dans son pays.
Bloqué par des batailles juridiques avec TVT, Reznor ne parvient pas à sortir de nouvel album et choisit donc de fonder sa propre structure : Nothing. C’est par ce biais qu’il édite "Broken" (en 1992), un mini-album qui durcit sévèrement le ton à grands coups de guitares velues, de cris de rage, de textes sado-maso et de rythmes qui claquent comme des fouets. Ça fait mal, mais c’est bon ! Et c’est encore plus vrai avec "The Downward Spiral" (1994), pur chef-d’œuvre qui transcende les genres pour proposer une musique à la fois ambitieuse, sophistiquée et viscérale, marquant l’union de l’expérimentation électro-indus et de la virulence metal, tout en empruntant aussi à la new wave et au rock progressif. Une œuvre au noir qui lui vaut de gagner à sa cause un public de plus en plus massif. Et après avoir offert le pendant remixé de "Broken" ("Fixed" en 1992), Reznor propose également une relecture de son troisième opus ("Further Down the Spiral") par Coil, Fœtus ou Aphex Twin. Désormais, tout comme le réveillon du Jour de l’An est suivi par une gueule de bois, chaque nouvel album de Nine Inch Nails aura droit à sa version remix !
À partir de 1995 commence pourtant une sérieuse baisse de créativité pour Reznor, qui peine à composer un nouvel album. D’autant plus que ses problèmes de drogue et de dépression ne sont pas fait pour le motiver… Il préfère alors s’adonner aux musiques de films (Tueurs Nés, Lost Highway), aux collaborations (Tori Amos) ou aux remixes (David Bowie). Il révèle également au monde entier (qui n’en demandait pas tant) le fameux Marilyn Manson en produisant ses trois premiers disques.
Après des années de solitude dans son studio de la Nouvelle-Orléans, Trent Reznor accouche enfin de l’imposant "The Fragile" (1999), double album encore plus complexe et épique que ses précédentes productions. Mais entre-temps, tous les petits clones de Nine Inch Nails ont pris la place laissée vacante par Reznor, qui ne parvient plus à réitérer les ventes records de ses autres disques. Reznor et sa musique ont mûri en même temps que leur public, tandis que les adolescents se sont rabattus sur Marilyn Manson. Les ingrats !
Et c’est en 2005, que l’on retrouve un Trent enfin débarrassé de ses problèmes d’addiction (comprenez : qui a pris du poids et perdu une partie de sa hargne), pour un "With Teeth" modérément convaincant mais qui a le mérite de remettre Nine Inch Nails en selle. On lui préférera "Year Zero" (2007), passionnant album-concept plus électro et expérimental. Celui-ci marquera aussi le début de l’émancipation de Reznor : débarrassé de sa maison de disques Universal, il met en place un système de diffusion de sa musique uniquement via Internet. Ce qui lui permet d’écouler aussi bien un double CD d’instrumentaux ambient ("Ghosts I-IV") qu’un vrai nouvel album ("The Slip"), et de garder un contact permanent avec ses fans. Pendant ce temps-là, Marilyn Manson est, lui, en passe de devenir has been…
(Source : AlloMusic, Christophe Lorentz)
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