Artiste : faites-vous connaître, diffusez vos propres morceaux, mélangez-les à vos titres préférés dans vos playlists
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Cette semaine, le p'tit Nicolas profite du désert musical pour offrir une playlist à un nouvel être cher.
Lire l'articleLa musique lui a sauvé la vie. Née dans une famille noire américaine en 1933, pauvre, forcément pauvre, Nina Simone, n’avait de toutes manières pas beaucoup d’autres choix. En ces temps de ségrégation institutionnelle, le sport et la musique sont les seuls moyens de s'inventer un autre destin lorsqu'on a la peau trop sombre. A condition d’avoir un don. Et que quelqu’un s’en aperçoive.
Heureusement pour elle, et pour ses six frères et sœurs, Eunice Waymon, son vrai nom, n’a que quatre ans quand on détecte chez elle de grandes facilités en l’entendant jouer du piano à l’église. Convaincue de son génie, sa prof va alors organiser une quête pour financer les études de musique de sa petite protégée. Et elle y arrive, en affichant son ambition : faire de Eunice la première concertiste noire d’Amérique. Grâce à la générosité de sa communauté afro-américaine, et à son talent, la jeune fille va rapidement gravir les échelons. Mais le plafond de verre résiste, solide amalgame de racisme sournois et d'apartheid inavoué : Eunice est recalée au concours d’entrée de la Curtis Institute. C’est la plus grande déception de sa vie. La blessure qui stimulera son ambition.
Quelques années plus tard, en 1954, une amie, prostituée de luxe, lui décroche une place de pianiste dans un bar grill d’Atlantic City. Histoire de patienter en attendant mieux. Mais son patron la prévient dès le premier jour : si elle se contente de jouer du piano, il la vire. Comme elle est obéissante et qu’elle a besoin d’argent, Eunice cède. Le boss la fait chanter. Mais, prévoyante, pour ne pas salir son nom et l’honneur de sa famille, elle se choisit un pseudonyme. Ce sera Nina, pour petite, et Simone, pour Signoret. Ainsi camouflée, la nouvelle chanteuse pense qu’elle n’a aucune chance d’être reconnue. Heureusement, sa voix et son talent vont la trahir. Et Nina Simone rencontrera le succès. Ce n’est pas tout de suite le coup de foudre, et il faudra encore quelques allers-retours, entre Philadelphie et Atlantic City, et quelques concerts dans des bars miteux, avant que l'histoire se mue en success story. Ce sera en en 1958, avec "Little Girl Blue". Un premier album, enregistré en une seule journée. Un premier carton. Suivront ensuite une trentaine de disques, entre lives et enregistrements studio, où Nina se balade entre toutes les sortes de Jazz, les reprises (Ne me quitte pas de Brel), et les tubes taillés pour les pubs (My baby juste cares for me a illustré le spot d’un célèbre numéro de parfum).
35 ans de carrière pour prouver qu’elle sait tout faire. Et surtout se battre. Pendant toute sa vie, même dans ses plus grandes heures de gloire, Nina Simone n’a jamais oublié Eunice et son rêve brisé. Alors, pour la venger, elle a lutté contre la discrimination sous toutes ses formes, contre le racisme de toutes ses forces. Et elle est morte en 2003, dans le Sud de la France, sans se douter que cinq ans plus tard Obama deviendrait président des Etats-Unis. Sans doute, un peu, aussi, sa victoire à elle. Posthume, mais magnifique.
(Source : AlloMusic, Nicolas Roux)
04/06/2010
14/05/2010
14/05/2010
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