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Le clip de Lie Down in Darkness, le single de Moby extrait de l'album "Darkness", est diffusé aujourd'hui.
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Lire l'article« Tête de nœud » opportuniste pour les uns, génie de l’électro pour les autres, Moby divise. Entre le moneymaker stakhanoviste, inlassable fournisseur de musiques pour spots de pub, et le touche-à-tout surdoué oeuvrant sans relâche au rapprochement entre rock, pop et techno, comme dirait Che Guevara : « Choisis ton camp, camarade ! »
Richard Melville Hall naît le 11 septembre 1965 à New York, d’un père professeur de chimie et d’une mère secrétaire médicale. Ce sont d’ailleurs ses chers parents qui lui donneront le surnom de Moby, en référence à son arrière-arrière-arrière-grand-oncle, l’écrivain Herman Melville, auteur du célébrissime Moby Dick. Dès neuf ans, le jeune Richard apprend la guitare, le piano et la batterie, puis se met inévitablement à tâter du rock au sein de quelques formations punk et hardcore entre 1980 et 1987 (Vatican Commandos, AWOL, Caeli Seoul, Gin Train). Parallèlement, Moby découvre la house music et démarre une carrière de DJ, tout en cherchant un label pour y sortir ses propres productions. C’est Instinct Records qui lui mettra le pied à l’étrier en 1989 en sortant ses premiers singles, dont Go, qui sample le thème musical de la série culte Twin Peaks et deviendra un énorme succès à la fois en clubs et chez les disquaires.
En 1992, après avoir placé d’autres tubes dans les charts et tourné avec Shamen, Prodigy, Orbital et Aphex Twin (excusez du peu !), Moby quitte Instinct pour signer sur le label anglais Mute Records – qui héberge également Depeche Mode ou Nick Cave. C’est là qu’il va sortir, en 1995, l’album "Everything is Wrong", qui fait sensation à une époque où la techno séduit même le public rock. D’ailleurs, Moby fait de l’œil avec insistance à tous les porteurs de perfecto : d’abord en intégrant le festival itinérant Lollapalooza aux côtés de Beck, Sonic Youth et Pavement ; puis en sortant un album tout plein de grosses guitares saturées et de rythmes binaires - l’étonnant "Animal Rights" (1996) – avant de partir faire un tour avec Red Hot Chili Peppers et Soundgarden. En 1997, nouveau revirement : le petit chauve à lunettes édite "I Like To Score", une compilation de ses morceaux électro utilisés dans divers films (dont sa version du thème de James Bond qui illustrait Demain ne meurt jamais).
Ayant quelque peu désorienté son public d’origine, Moby va sortir son nouvel album, "Play" (1999), dans une indifférence quasi générale. Si les ventes sont au départ très médiocres, ce disque va pourtant devenir peu à peu son plus gros succès, avec plus de neuf millions de copies vendues sur toute la planète, et la majorité de ses morceaux utilisée pour illustrer des pubs. Parallèlement, la polémique sur la réelle créativité de Moby va bon train, une grande partie des compositions de "Play" utilisant des samples de chants de vieux bluesmen du Mississippi sur des rythmes mid-tempo et des synthés aériens. Indifférents aux querelles de critiques aigris, le grand public se l’arrache et toutes les stars veulent se faire remixer par lui. Cette popularité massive lui permet (entre autres) d’afficher largement ses divers engagements : il est en effet démocrate, chrétien et végétarien. Ce qui peut paraître trop pour un seul homme…
Entre deux concerts, clips, compilations, maxis ou DVD, Moby parvient quand même à enregistrer un vrai nouvel album, "18", qui paraît en 2002 et tente (avec un certain succès) de reproduire la formule gagnante de "Play" (sans bluesmen cette fois, mais avec toujours autant de voix samplées et de nappes de claviers). En 2005, Moby revient toutefois à des choses plus organiques et rock avec "Hotel", qui témoigne également de son amour pour Joy Division et New Order (des références tout à fait de circonstance en plein revival new-wave). Trois ans plus tard, Moby revient une fois de plus par là où on ne l’attendait plus : la pure dance music, avec l’éclectique et très électro "Last Night", qui aura d’ailleurs droit à sa version remixée, fort judicieusement titrée "Last Night Remixed" (2008).
Tout en travaillant sur un nouvel opus censé s’appeler "Wait for Me" (et annoncé par l’artiste lui-même, en toute modestie, comme « très personnel, très mélodique, très émotionnel et très beau »), Moby est revenu à son premier amour en faisant le DJ aux quatre coins du globe. Mais restez calmes : vous avez quand même assez peu de chances de le voir derrière les platines du Macumba Night de Bures-sur-Yvette !
(Source : AlloMusic, Christophe Lorentz)
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