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Le chanteur a décidé de faire comme son pote : il change de producteur.
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Le chanteur investit dans un nouveau business : les chevaux de courses !
Lire l'articleOn ne vous présentera pas le bonhomme. Pardon, le Monsieur ! Grande star de la chanson française, Sardou se découvre sur les vieux vinyles des maisons de famille ou sur les ondes de Nostalgie. Et puis, accessoirement, dans les bacs, oui oui ! Car après plus de 30 ans de disques d'or et de triomphes scéniques, ce chanteur un brin poussiéreux est avant tout, reconnaissons-le, un homme qui a su balayer devant sa porte.
Avec des parents et des grands-parents comédiens, une grand-mère danseuse, Michel n’allait certainement pas devenir médecin. Dès son plus jeune âge, il fait l’école buissonnière entre les ruelles de Pigalle et de la place Clichy. Aussi, personne ne s’étonne quand le jeune garçon décide de passer de la récitation au récital. Sa cour de récré : les coulisses des théâtres et des music-halls. Du haut de ses treize ans, il anime la salle de « Chez Fernand Sardou », le cabaret de papa. Il y sera le plus jeune serveur-artiste, exclusivité du fils du patron. De quoi se forger une fibre artistique… et amoureuse. Car à force de fréquenter les divers cabarets parisiens, Michel rencontre sa première femme, Françoise, alors danseuse au Châtelet. Les tourtereaux s’installent dans une chambre de bonne et vivent d’amour et d’art frais. Sur les planches des cours de théâtre, Michel rencontre son homonyme, Michel Fugain, avec qui il écrit quelques unes de ses premières chansons. Alors tout s’accélère. Lâché par son associé, papa Sardou doit fermer son palais de la nuit, obligeant le jeune Michel à se présenter chez Barclay. Première audition, premier contrat et un premier 45 tours à la clé, Le Madras, co-écrit avec Michel Fugain et Patrice Laffont, qui lui apporte une petite notoriété. S’en souviennent les premiers fans, qui ont vu leur chouchou passer des cabarets aux jaquettes de vinyles. Ce timide début de carrière est pourtant contrarié par 18 mois de service militaire, une prolongation pour avoir « oublié » de répondre au recensement du Ministère des armées.
Tout commence vraiment en 1967, avec une censure et une polémique. En cette époque de guerre du Vietnam, l’esprit français est à l’anti-américanisme. A contre-pied, Michel sort "Les Ricains", une allusion à la Libération de 1944 par les forces alliées. De Gaulle réagit en interdisant le morceau sur les ondes. Suivi par Barclay qui résilie son contrat au motif que Sardou « n’est pas fait pour ce métier ». Heureusement le chanteur à deux bonnes étoiles : Jacques Revaux et Régis Talor qui créent le label Tréma, producteur des disques de Michel.
Très vite, Sardou devient une machine à tubes. Ses titres phares, Le rire du sergent ou La maladie d’amour lui assurent une réputation de chanteur populaire. Vite marquée à droite : en 1977, sa chanson Le temps des colonies est perçue comme un acte raciste et Je suis pour, comme une apologie de la peine de mort. A force de labourer le terrain politique, le chanteur fait l’objet de controverses de plus en plus grandes, notamment du côté des féministes qui se soulèvent contre Les villes de la solitude et Les vieux mariés. Les années 70 se terminent dans un climat hostile avec une tournée perturbée par les comités anti-Sardou et un opuscule « Faut-il brûler Sardou ? ».
Mais la vague des insurgés ne parviendra pas à éteindre la flamme des premiers fans. La décennie suivante sera bien plus heureuse, avec notamment des tournées à guichets fermés et deux distinctions : le chanteur est fait Chevalier des Arts et des Lettres en 1985, puis Chevalier de l’Ordre National du Mérite en 1989. Sardou fait peau neuve, allant jusqu’à corriger son image de raciste avec Musulmane, qui lui vaut une Victoire de la musique en 1990. Jolie pirouette Mr l’artiste…
Suivie d’un double salto, le chanteur décide de se consacrer à sa seconde passion, la comédie. On le retrouve au générique de Promotion Canapé, un film de Didier Kaminka, et sur les planches parisiennes avec une nouvelle priorité : la direction du théâtre de la Porte Saint-Martin. En amour également, Michel fait des galipettes. Après 22 ans de mariage, son divorce avec Babette, sa seconde femme, marque les esprits. Terminé Les Mariés du music hall, les médias s'emparent d'un nouveau scoop: une union avec Anne-Marie Périer, alors directrice du magazine Elle. A la ville comme à la scène, l'artiste fait parler de lui. Au terme de sa tournée Bercy 2001, il annonce qu’il se retire du monde musical, décision prise suite à un contentieux financier avec sa maison de disque Trema. On le retrouve pourtant trois ans plus tard en contrat chez Universal Music. Malheureusement, le nouvel opus ne semble pas à la hauteur des attentes des sardouphiles. Reste le parrainage de la Star’Ac et des duos avec Garou et Chimène Badi... Depuis, il continue à ne pas faire ses adieux. Mieux, ou pire c'est selon de quel côté on se place, il a sorti en 2010 un remake de son succès Femmes des années 80, intelligement intitulé Femme des années 2010... Pas con.
(Source : Allomusic, Aurélie Martin)
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