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Le concert de la 9e symphonie de Beethoven, prévu au Stade de France cet automne est annulé.
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Beethoven s'installe au Stade de France à Paris pour une soirée exceptionnelle le samedi 26 septembre 2009.
Lire l'articleLe comble du musicien ? Ne rien entendre, me
direz-vous. Et pourtant. Ce compositeur allemand, que chacun reconnaît comme
l’une des figures les plus marquantes de l’Histoire de la musique dite « savante
», était sourd comme un pot. Enfant prodige, le futur malentendant donne son
premier concert de piano à 8 ans. Son père, qui détecte tôt ses aptitudes
musicales, s’inspire de l’enfant Mozart et
tente de reproduire ce que Leopold a fait avec Amadeus. Sauf que Papa Mozart
était un fin pédagogue, alors que lui n’est qu’une brute autoritaire, amateur de
musique, certes, mais dénué de talent. Cette tentative de rendre son fils
célèbre, et d’en faire par la même occasion une source de revenus, s’avère
infructueuse. Ludwig se met cependant à composer dans son coin, de façon assez
maladroite il faut bien le dire, lui qui n’a jamais reçu d’éducation musicale
digne de ce nom.
En 1792, il a la chance de rencontrer Haydn, qui, à la lecture d’une de ses cantates est
bluffé par son inventivité. Très conscient néanmoins des lacunes théoriques de
Ludwig, il propose à son jeune collègue de l’accompagner à Vienne, afin
d’apprendre la musique à ses côtés. Beethoven accepte. Il a 22 ans quand il
arrive en Autriche et entame ses leçons avec le parrain du classicisme.
L’enseignement qu’Haydn lui prodigue se révèle
cependant décevant et prend fin en eau de boudin, le maître s’irritant des
audaces fantaisistes de son disciple, rebelle aux règles théoriques qu’il tente
de lui inculquer. Beethoven se forge malgré
tout à Vienne une réputation de pianiste virtuose et d’improvisateur de génie. A
cette époque, il n’a encore rien composé de majeur. Il n’accouchera de ses
premiers chefs-d’œuvre qu’à la fin des années 1790, comme le Concerto pour piano n°1, les six premiers
quatuors à cordes, La Grande Sonate pathétique
et la Première symphonie, qui date de 1800 et
qui marque le début de l’affirmation de sa personnalité en tant que compositeur.
Le tournant du siècle marque également le tournant de la vie de Beethoven. En 1802, il est frappé de surdité. Il a 32 ans, et, de peur d’assumer en public un tel handicap, se terre dans l’isolement. Ce qui lui vaut très logiquement une réputation de misanthrope, dont il souffrira en silence jusqu’à la fin de sa vie. Conscient que cette infirmité pourrait le contraindre à cesser de jouer du piano et de composer, il songe un moment au suicide. Mais l’optimisme un temps vacillant de l’homme reprend le dessus, et il continue d’écrire, bien qu’il doive rapidement cesser ses activités d’interprète. C’est à partir de ce moment tragique que le caractère musical de Beethoven se définit clairement. Porté par un courage hors du commun, il livre alors des œuvres brillantes, énergiques et dotées d’une puissance expressive hors du commun. On songe par exemple à son unique opéra, Fidelio (1814), à ses 17 quatuors à cordes, à ses 32 sonates pour piano (dont la Pathétique, celle Au Clair de Lune, l’Appasionnata, et la Hammerklavier), à ses innombrables concertos pour piano et à ses 9 symphonies, parmi lesquelles la 3e, dite Héroïque, la 6e, dite Pastorale (1808), et la célébrissime 9e, avec chœurs (1824), dont est tiré l’Hymne à la joie, qui sert désormais d’Hymne européen. Son incroyable force de caractère le poussera également à être le premier compositeur à ne plus écrire sur commande, mais à produire uniquement les œuvres dont lui seul à envie (ce qu’il faisait déjà quand Haydn essayait de lui enseigner les lois du classicisme viennois).
Il est le premier à ne plus être un artisan de la musique, mais bel et bien un artiste libre. Cette attitude indépendante affirmée, combinée à l’expressivité et à la vitalité débordantes de son art, feront de Beethoven le précurseur du romantisme allemand. Son influence sur la musique occidentale du 19e siècle est considérable, notamment en matière de musique symphonique, d’écriture pianistique et de musique de chambre. Et tout ça sans rien entendre, juste en couchant sur papier les phrases musicales se bousculant dans sa tête tourmentée.