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Pour présenter son futur album, "Ring'n'roll", l'ex-chanteuse des Rita Mitsouko a entamé une résidence à La Boule Noire, à Paris.
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À bas la Saint-Valentin ! Vous le pensez sans doute au fond de vous, mais attendez le 15 février pour le dire !
Lire l'articleExcentriques, singuliers, créatifs, branchés, originaux, dynamiques, décalés, éclectiques, charismatiques… Les adjectifs ne manquent pas lorsqu’il s’agit de décrire Les Rita Mitsouko, duo phare de la pop et du rock hexagonal qui aura marqué de son empreinte près de trois décennies de musiques (oui, au pluriel) en France – dressant même des ponts avec les scènes anglo-saxonnes. Et si l’on parle des Rita Mitsouko au passé depuis le décès de Fred Chichin, l’héritage musical que laisse le couple appelle un autre adjectif : inestimable !
On ne s’attardera
pas sur les parcours respectifs de Catherine
Ringer et Fred
Chichin avant Les Rita Mitsouko, qui
mériteraient chacun une fiche dédiée… L’histoire du groupe, elle, ne
commence qu’en 1979, lorsque ces deux-là se rencontrent au sein de la
troupe d’une pièce de théâtre expérimental. Ils tombent amoureux et se
découvrent en même temps une passion commune pour les Stooges, Bowie et le Velvet
Underground. Fred s’y connaît en production musicale et
en guitare, tandis que Catherine a une certaine expérience de la comédie
et du chant. Ensemble, il vont transformer leur petit appartement en
home-studio et créer une musique à la fois théâtrale et minimaliste,
qu’ils vont ensuite présenter dans tous les lieux alternatifs parisiens,
vêtus de façon décalée et accompagnés de la danseuse argentine Marcia Moretto.
Baptisé Rita Mitsouko, le duo
réussit à convaincre la maison de disques Virgin, qui édite son premier
single, Minuit Dansant, en 1982. Total échec commercial
total, qui remet en question la collaboration entre Rita Mitsouko et Virgin.
Grâce à la ténacité de son directeur artistique, le duo parvient quand
même à enregistrer un premier album éponyme, qui sort en 1984... dans
l’indifférence générale ! Pourtant, un an plus tard, c’est l’explosion :
le single Marcia Baila, extrait du disque dédié à leur amie Marcia Moretto (décédée d’un
cancer), est LE succès de 1985, qui deviendra le morceau le plus joué
de tous les temps sur les radios françaises ! Grâce à son mélange de
groove et de new-wave, et à son clip mettant en scène des costumes
délirants d’un certain Jean-Paul Gaultier, Marcia Baila s’écoule à
plus d’un million d’exemplaires et ouvre la voie au second opus du combo
(qui rajoute “Les” devant “Rita Mitsouko” pour éviter
que l’on pense qu’il s’agit du patronyme de Catherine
Ringer). Ce disque, qui reste leur plus gros succès, c’est “The No
Comprendo” (1986), véritable creuset de funk, rock, pop, punk, électro
et new-wave, porté par la voix de cantatrice gouailleuse de Ringer et la guitare
crispée de Chichin. Il générera trois tubes inusables : Les Histoires
d'A,
Andy et C'est comme ça, dont le clip
est signé Jean-Baptiste Mondino. Devenu très à la mode, le groupe est
même filmé au travail par Jean-Luc Godard pour son film
Soigne
Ta Droite (1987). Les Rita Mitsouko enchaînent
ensuite sur “Marc et Robert” (1988), un peu moins loufoque et plus
‘dance’, mais qui contient quand même le fameux Le Petit Train ainsi que le
savoureux Singing in the Shower avec l’exubérant duo américain Sparks.
À l’aube des
années 90, Les Rita Mitsouko déchaînent moins les passions mais
s’imposent néanmoins comme un groupe aussi incontournable qu’inclassable. En
1990 paraît d’abord “Re”, album de remixes signé Tony
Visconti, William
Orbit ou Dee Nasty. Le groupe se
consacre ensuite à la scène - terrain sur lequel il se sent toujours
comme un poisson dans l’eau -, et peaufine son quatrième album, “Système D”, qui sort en
1993. Funky et à l’affût des nouvelles tendances musicales, le disque
n’a sans doute pas le retentissement de ses prédécesseurs (malgré un duo
avec Iggy Pop), mais la
cote d’amour des Rita auprès du public francophone ne faiblit pas -
comme le prouvent les innombrables tournées, concerts exceptionnels ou
collaborations improbables (avec Richard
Galliano, Archie
Shepp, Pierre
Henry ou Assassin) qui vont
émailler les années suivantes. Fin 1996 sort l’album “Acoustiques”,
enregistrement live et unplugged de quelques-uns de leurs tubes, dont un
duo avec Doc
Gynéco !
Les Rita Mitsouko reviennent
enfin dans les bacs en 2000 avec l’album “Cool Frénésie”, qui fait
toujours le grand écart entre rétro et moderne, entre humour et gravité…
Un “Bestov” sort en
2001, précédant d’un an “La Femme Trombone”, sixième
album studio après lequel le couple fait une pause d’au moins quatre
ans. En septembre 2006, ils participent au spectacle Les Noces de
l'Enfant-Roi, création d’Alfredo Arias présentée à
Versailles dans le cadre du festival Fêtes de Nuit de Versailles, et
annoncent la réalisation de leur septième opus. “Variety” sort en
avril 2007 et comprend notamment un duo avec Serj
Tankian, le chanteur de System of
a Down. Mais dès le début de la tournée qui suit, Fred
Chichin se voit diagnostiquer un cancer foudroyant. Plusieurs dates
sont annulées, et Catherine
Ringer doit même monter seule sur la scène de l’Olympia le 13
novembre 2007. Le 28 novembre 2007 au matin, Frédéric
Chichin succombe à son cancer, à l’âge de 53 ans. Courageusement, Catherine
Ringer termine la tournée seule, sous l’appellation “Catherine
Ringer Chante Les Rita Mitsouko And More”. Les deux derniers concerts, à
La
Cigale (Paris) seront filmés pour un DVD éponyme qui sort fin 2008.
Depuis, la
chanteuse poursuit sa carrière en solo, composant pour la B.O. du film Adèle
Blanc-Sec ou participant à un hommage au compositeur italien Nino Rota. Car même en
ayant perdu sa moitié, la voix des Rita Mitsouko reste fidèle à
son style à la fois arty et populaire. Tiens, encore deux adjectifs que
l’on pouvait sans problème accoler aux Rita…
17/07/2010
18/11/2008
18/11/2008
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