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Deux frères de musique, Souchon et Voulzy, sortent tous deux des albums, à une semaine d'intervalle. On s'est demandé si, à force d'être associés, les deux ne pouvaient pas être "croisés".
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Ce lundi 28 novembre, l'artiste dévoile son sixième album studio. Un projet à l'inspiration médiévale, étrange mais terriblement envoûtant.
Lire l'articleMélodiste de talent, passionné de pop music, de musique brésilienne, chanteur à la voix douce à l'appât certain, Laurent Voulzy demeure une figure du paysage musical français depuis la fin des années 1970. Avec ses albums ensoleillés ou ses chansons nostalgiques, il a développé une écriture qui lui est propre, en parallèle de collaborations fameuses.
Né en métropole mais d'origine guadeloupéenne, ce petit garçon appelé à connaître un grand destin est placé en nourrice jusqu'à ses huit ans, sa mère menant une dure carrière de chanteuse pour élever ses enfants. Souffrant de quolibets racistes à l'école ou de l'intolérance de son voisin d'immeuble, le jeune garçon se découvre une véritable passion pour la musique à l'occasion d'une colonie de vacances, où il côtoie Christian Vander, futur leader de Magma. De retour à Nogent-sur-Marne, Voulzy se perfectionne à la guitare et participe à quelques groupes, comme les Tigers (à prononcer "tijers") ou Le Temple de Vénus. Il participe également, à la guitare, à la tournée de Mark Robson, chanteur de blues accompagné d'un orchestre surnommé Le Poing.
Au milieu des années 1960, Voulzy, tout juste majeur, débute sa carrière solo, et reste dans l'ombre une bonne dizaine d'années. On le trouve dès 1966, comme arrangeur, sur l'un des classiques de l'époque, Les Neiges du Kilimandjaro, de Pascal Danel. Féru de pop et admirateur des Beatles, Voulzy conçoit la chanson comme un espace de création musicale, à une époque où la France reste portée par sa tradition de mise en avant des paroles.
Au rythme d'un par an, Voulzy sort des 45 tours, qui sont autant d'insuccès rageant. Mais ses capacités sont reconnues par la profession : on emploie son sens inné de la mélodie à des fins diverses, si bien qu'on peut trouver de lui un album de la collection Standard Music Library, une sonothèque destinée aux professionnels du cinéma. Ce qui vaudra à Voulzy de voir certains de ses morceaux prendre place dans des films X.
C'est au milieu des années 1970 que le compositeur fait la rencontre déterminante d'Alain Souchon, un jeune auteur-compositeur-interprète qui a du mal, lui aussi, à prendre son envol. Ils vont former l'un des duos les plus intéressants de la chanson française : Souchon et ses textes piquants rencontre les mélodies carénées de Voulzy, ainsi que ses arrangements. Le premier album de Souchon comprend le tube J'ai dix ans, premier exemplaire d'une longue série de succès. Le titre est inspiré d'une chanson de McCartney, Bip Bop, et témoigne de la parfaite alchimie entre les deux hommes.
1976 et 1977 sont deux années déterminantes pour le duo, puisque Souchon publie les albums "Bidon" et "Jamais content", dont les singles Allô Maman bobo et Y'a d'la rumba dans l'air sont les pièces maîtresses. La collaboration entre les deux hommes s'inverse : c'est à Alain Souchon qu'on doit les paroles du premier tube de Voulzy, Rockollection, medley de onze minutes évoquant avec nostalgie l'ambiance et la pop des années 1960. La collaboration croisée s'inscrit ensuite sur plusieurs décennies, et le duo va également s'atteler à écrire pour d'autres artistes, comme Nolwenn Leroy dans les années 2000.
Le premier album de Voulzy, en 1979, "Le Cœur grenadine", lui permet de devenir un vrai chanteur populaire, aux musiques imparables, et aux textes malins. Sa voix aiguë, son penchant pour les harmonies vocales très californiennes forgent sa signature. Les fans du chanteur vont cependant découvrir une autre facette de sa composition : le perfectionnisme. Au point que la sortie de ses albums va de plus en plus s'espacer, même si sa présence en single lui permet de tenir régulièrement le haut des charts. Si son deuxième disque, "Bopper en larmes", permet le début de sa carrière scénique, c'est un single qui va l'asseoir dans le panthéon de la pop française : entre la très eighties face A Mes nuits sans Kim Wilde et la superbe ballade Belle-Île-en-Mer, le savoir-faire de Voulzy n'est plus à prouver.
Il mettra neuf ans à sortir son troisième opus, "Caché derrière", avec la participation de Manu Katché, de l'éternel Souchon, et quelques influences celtiques. Il se vend à plus de 300 000 exemplaires et remporte la victoire de la musique du meilleur album de l'année en 1993. Chanteur engagé, il est de bien des opérations destinées à soutenir de grandes causes : l'Arménie, Les Enfoirés ou Sol en Si.
En 2001, après avoir seulement passé... trois ans et demi en studio, le mélodiste signe un nouveau succès, avec l'album "Avril", aux arrangements variés. La décennie 2000 lui permet de réaliser quelques vieux rêves, comme la sortie d'un album de reprises, "La Septième Vague", décrit comme le disque idéal pour partir en vacances, puis une relecture de "Rockollection" intitulée "Recollection". Ce dernier comprend une nouvelle version de son premier succès, qui dure près de dix-neuf minutes, avec un clip associé qui détient le record de longueur dans la chanson française.
Maître de sa création depuis les années 1970, Laurent Voulzy demeure, à l'égal d'Alain Souchon, l'une des figures de la chanson française, sans jamais avoir renié ses influences anglo-saxonnes.
(Allomusic, par Thomas Chouanière)
18/05/2009
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15/02/2009
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