Artiste : faites-vous connaître, diffusez vos propres morceaux, mélangez-les à vos titres préférés dans vos playlists
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Aujourd'hui, on aurait pu vous parler du retour en images de Garbage, du premier extrait du prochain album des Hives, voire même de la programmation du Festival Interceltique de Lorient. Mais aujourd'hui, on est techno, on est Laurent Garnier.
Lire l'articlePapi Garnier et Busy P le hipster sont sur un bateau. La techno coule à flots. Personne ne tombe à l'eau. L'association vogue vers un horizon transgénérationnel...Lorsque la nouvelle est tombée, la planète techno est restée dubitative. Laurent Garnier qui signe chez Ed Banger, ça sentait le fake à plein nez. En 2009, voici ce que déclarait papi Garnier au sujet du label de Busy P : "Il y a quelque chose qui a vraiment changé dans le milieu de la musique d'aujourd'hui, et c'est la façon dont nous existons. Il y a quinze ans, on se battait pour notre musique. On s'en foutait d'être pris en photo ou en couverture des magazines. Il s'agissait d'être anonyme, laisser la musique parler à notre place. Maintenant, tout tourne autour de "à quoi je ressemble", "qui je suis", "comment je m'habille", "regardez comme je peux être stupide"."Comme on dit, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. Et surtout, les mecs talentueux se remettent continuellement en question. Laurent Garnier est ce genre de mecs. Plus précisément, un grand monsieur. Le genre de types que l'on classe au patrimoine culturel, tellement il a apporté à la scène française. La techno en France ? C'est lui. Il l'a importé des États-Unis dans les années 1990 avec ses soirées Wake Up à Paris. En vingt ans de métier, Laurent Garnier n'a cessé de se réinventer. De la techno pure et dure ("Shot in the Dark", "30", "Unreasonable Behaviour"), il est passé à une électro-jazzy expérimentale ("The Cloud Making Machine"), pour s'abandonner à une house teintée d'exotisme tribal ("Tales of a Kleptomaniac"). Aujourd'hui, avec "Timeless", il fait un pied de nez à tous ceux qui l'enterraient déjà. Toute cette horde de technophiles hardcore qui n'ont pas compris sa lubie de mélanger les genres ; cette folle aventure qui l'a mené à embrasser jazz et techno. Précurseur, il fut. Incompris, aussi. Respecté, il le redeviendra. Merci Busy P."Timeless" comprend trois morceaux. Jacques in the Box est l'inédit tant attendu qui consacre le mariage entre la sagesse et la fraîcheur. Après un début minimal, brutal, aux accents jazzy, un break salutaire. L'ambiance est pesante. Tous nos muscles sont tétanisés. Nous n'avons qu'une envie, danser. Et soudain, cette frustration est broyée progressivement par des beats sauvages, des basses saturées. Vingt ans de techno résumé en 8 minutes et 20 secondes. C'est beau. C'est hypnotisant. Un must en devenir.Après cette bombe dancefloor, Laurent Garnier nous gratifie de deux versions de Our Futur, remixé par The L.B.S Crew. La dernière création du maître. Un collectif créé avec la complicité de Scan X et Benjamin Rippert. Que l'esprit soit festif ou dark, c'est tout aussi percutant. Ce titre préfigure ce dont sera fait la techno de demain. "Our futur remains possible/Our futur remains beautiful", nous assure Laurent Garnier et Busy P. "Timeless" leur donne raison.
Lire la critiqueLaurent Garnier, c’est un peu le Beethoven de la musique électronique. Et pourtant il a bien failli ne jamais le devenir. En 2003, en conclusion d’un livre d’entretiens, il confiait vouloir se ranger des boîtes de nuits pour se consacrer aux compositions. Il craignait pour son ouïe. Mais l’appel des dance-floors a été plus fort que ses promesses. Après quelques années d’absence, le Dj est revenu sur sa décision et dans les clubs. Et tant pis pour ses oreilles! Après tout d’autres avant lui ont réussi dans le son avec une audition diminuée…
De toutes manières la musique c’est toute sa vie. Petit déjà, quand il habitait à Boulogne-Billancourt, il s’enfermait pendant des heures dans sa chambre transformée en véritable discothèque pour écouter des vinyles. Chaque fête de famille est l’occasion pour lui de montrer ses talents de disc jockey. Mais sa vie bascule quand il débarque à Londres en tant que valet de pied de l’ambassadeur de France. Parce que cette haute fonction ne l’occupe que le jour et qu’il lui reste toute la nuit pour exercer sa vraie passion. Il commence à mixer dans les bars puis devient résident à l’Hacienda, la légendaire boîte de Manchester qui a vu la rencontre entre le Rock et la Dance, sous le nom de DJ Pedro. Un pseudo qu’il a abandonné aujourd’hui, (on se demande bien pourquoi! c’était tellement chic) mais sous lequel il a quand même créé sa propre radio web : La Pbb (entendez : Pedro’s broadcasting basement). La base de son succès. Un média sur lequel il diffuse toutes les musiques qu’il aime. De la House, bien sûr, mais aussi de la Funk et du Disco (c’est un fan d’Earth wind and fire) ou du rock. Un mélange des genres qui ont fait de lui la star incontestée (il a reçu une Victoire de la musique, rempli l’Olympia et s’est offert une émission sur Fun radio) qu’il est aujourd’hui et qui a, surtout, contribuer à décloisonner la techno. Avant lui, cette petite musique de (boîte de) nuit s'adressait principalement, sinon exclusivement, aux décérébrés.
Aujourd’hui, la French Touch, dont il est un des créateurs, est une fierté nationale et Laurent Garnier vend 50 000 exemplaires de ses albums. Il a même créé un label. Alors quand certains puristes lui reprochent d’être trop commercial, il réplique dans la version net du Nouvel obs : « Ce sont des branleurs réactionnaires. Qu’ils pourrissent dans leur underground, moi je communique avec le futur ». Charmant. Son autre inimitié favorite va à un des pionniers de la musique électro française, avec qui il a travaillé: Jean-Michel Jarre. Pour lui, la production musicale de l’ex d’Isabelle Adjani, à part les deux premiers albums, c’est « de la branlette ». Bref, avec Laurent Garnier, tout le monde en prend pour son grade. Mais il pense sans doute qu’il vaut mieux entendre ça que d’être sourd.
(Source : AlloMusic, Nicolas Roux)
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