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Le rappeur américain a puisé dans le vivier de créatifs de la mode londonienne pour réaliser le clip de Lost in the World. Et ça lui a plutôt réussi !
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Un clip du 2h12Crew lancé sur le Web retrace la visite du candidat socialiste en banlieue parisienne. Sur un son de Kanye West. Big up !
Lire l'articleKanye West a beau être l'un des rappeurs/producteurs les plus marquants des années 2000, il n'a pas grandi dans un ghetto et ne peut se prévaloir d'un glorieux passé de gangster. Malgré ces lourds handicaps, il est parvenu à se faire un nom, et quel nom, dans une industrie du Rap US où le talent ne suffit pas toujours. Sa «Street Credibility», Kanye l'a peut-être gagnée en 2002, quand, producteur déjà respecté mais rappeur en devenir, il est victime d'un grave accident de la route. Il en sort vivant mais gravement blessé, la mâchoire fracturée en trois endroits. Quelques semaines seulement après ce drame, sort son premier single, Through the Wire, l'histoire d'un rendez-vous manqué avec la mort. La prod est (comme toujours avec lui) impeccable, le texte (comme bientôt systématiquement) finement cisaillé, et le flow diminué par la mâchoire blessée. Crédible. Son visage tuméfié apparaît furtivement dans le clip. Le cocktail détonne, West y gagne une image de dur à cuire et sa place au côté des Bad Boys du Rap US. Et même un peu au dessus.
Né en juin 1977 à Atlanta d'une mère prof d'anglais et d'un père photo-journaliste, le jeune Kanye abandonne, au grand dam de ses parents, ses études universitaires pour se lancer dans la musique. Il fait ses premières armes dans la production en 1998 sur l'album de Jermaine Dupri, "Jermaine Dupri Presents: Life in 1472". Repéré, il devient rapidement le «ghost producer» (prod' non crédité sur les albums) préféré du label Roc-A-Fella Records du malin Jay-Z et de Beanie Sigel. Il lâche sa première bombe sur l'album "The Dynasty: ROC La Familia" avec le titre This can't be life sur lequel rappent Jay-Z, Beanie Sigel et Scarface. Son style fait mouche et déborde même le cadre du Rap pour lorgner du côté du R&B. En quelques années il va ainsi travailler avec des artistes aussi divers que Talib Kweli, DMX, Scarface, Monica, Alicia Keys, Mary J. Blige ou Janet Jackson. Soit: du pointu, du jeune, du confirmé et du très lourd. What else?
(Bien) produire ne lui suffit pas et en 2002, il décide de se lancer en tant que rappeur. Après avoir essuyé un premier revers, ses amis de Roc-A-Fella jugeant son image proprette indigne de leur label, il s'immerge totalement dans la préparation de sa première maquette. Arrive l'accident qui va bouleverser sa vie et son single initiatique. Deux ans plus tard, c'est bien chez Roc-A-Fella Records que Kanye West publie sa première galette, "The College Dropout". L'album cartonne et met en lumière les talents de rappeur du producteur de l'ombre. Mélodique, drôle et inventif, son Rap fait souffler un vent frais sur un genre en mal de renouvellement, et sort de l'ornière grosse bagnoles/gros nénés/grande piscine. Ses albums suivants confirmeront sa tendance à toujours chercher à surprendre. Locomotive artistique du genre, il devient bientôt également découvreur de talents en créant son propre label, G.O.O.D Records.
Le désormais producteur, rappeur, défricheur est aussi un homme engagé qui a soutenu en 2008 la candidature de Barack Obama à l'élection présidentielle US. Dans le droit fil d'un combat politique entamé en 2005, après l'ouragan Katrina. En direct à la télévision, il s'était fait remarquer en déréglant la jolie mécanique d'un gala organisé en soutien aux victimes: refusant de lire le texte lénifiant qui défilait sur son prompteur, il a accusé en direct Georges W. Bush, alors président des États-Unis, de se «foutre des Noirs» avant d'être coupé par la chaîne.
Kanye West dénonce également l'homophobie et la culture Bling Bling du Rap: le remix d'une de ses propres chansons, Diamonds From Sierra Leone,
évoque la face cachée du commerce du diams et les conditions de travail
des mineurs africains... Don Louis Vuitton, un des ses surnoms, n'est
certes pas un Bad Boy. Mais il est crédible devant et derrière un
micro, et dans toutes les «Streets» du monde.
(Source : AlloMusic, Antoine Deshusses)
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