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Aujourd'hui, on aurait pu vous parler du nouveau single de Best Coast, de la séparation de Jet, voire même de la Bonne Nouvelle de Natasha St-Pier. Mais aujourd'hui, on est porno choc, on est The Electronic Conspiracy.
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Le couple le plus glamour de la jet set représente la nouvelle voiture de Renault, la Twizy.
Lire l'articleOn ne pourra pas dire qu'on n'avait pas vu venir ces deux sales gosses!
Justice, dont la terre entière, enfin la partie du globe qui aime
danser, prononce le nom avec émotion et attend le premier album de pied
ferme, depuis que le duo français a dévasté les dancefloors avec deux
tubes radicalement différents.
Tout d'abord, le très house et élégiaque « Never Be Alone », qui
en 2003 plongea les clubbers dans l'hédonisme le plus total. Puis, deux
ans, après le percutant et crissant «Waters Of Nazareth » qui engouffra
les clubs dans le noir et la démence avec ses rythmiques découpées à la
tronçonneuse et ses ambiances crépusculaires.
Xavier de Rosnay et Gaspard Augé se sont rencontrés il y a quatre
ans. Gaspard est originaire de Vincennes, Xavier de Seine et Marne. À
l'époque, Xavier est en école de graphisme. Gaspard dessine des flyers.
Xavier a tâté de la basse et de la guitare dans des formations de disco
périmée, Gaspard a joué de la batterie dans des groupes de rock
déprimé. Xavier est bavard, Gaspard est réservé. Un mois après leur
rencontre - juste aidés d'une groovebox et d'un sampler - ils bricolent
deux morceaux.
Le premier, un hommage aux Buggles, finit sur une compilation et
sombre dans les oubliettes. Le second, dont les samples vocaux sont
tirés du «Never Be Alone » du groupe anglais Simian, tombe un jour, par
le génie du hasard, dans les oreilles de Pedro Winter, homme
emblématique de la french touch, manager des Daft Punk et qui avec son
label Ed Banger Records entend bien donner un nouveau souffle au
concept de french touch, qui à force d'avoir été pillé et copié à
travers le monde a pris un sacré coup de vieux. Pedro, cherche alors,
pour la deuxième sortie de son label (un titre de Mehdi remixé par
Château Flight) une face B. Le deal avec Justice est signé dans la
foulée, le test-pressing est envoyé aux DJ's et devant les retours
hallucinants, la face B devient face A. « Never Be Alone » est licencié
par Gigolo, le label de DJ Hell, puis les Anglais s'y collent. 50 000
exemplaires s'écoulent, le morceau squatte trois ans les dancefloors et
les Justice font une entrée fracassante dans l'histoire de la dance
music. Boostés par leur soudaine popularité, ils sont invités à faire
les DJ's aux quatre coins du monde et ils remixent à tour de bras
appliquant méthodiquement leur sens de la Justice à Britney Spears,
Franz Ferdinand, Soulwax, Scenario Rock, NERD avec des versions
impressionnantes par leur manière de se foutre des usages et des
coutumes en règle, de ne pas respecter les mélodies de base et de
s'asseoir sur les convenances de la dance music.
2005, au lieu de capitaliser sur leur succès foudroyant et de
pondre en deux temps trois mouvements un « Never be alone » bis qui
leur aurait assuré une retraite dorée en tête des charts, le duo
préfère calmer le jeu, quitte à prendre tout le monde à rebrousse poil,
avec « Waters Of Nazareth ». Un titre attendu comme le messie, et où
les Justice semblent s'amuser à saborder tout ce qui faisait « la
recette» de « Never Be Alone ». Autant ce dernier était lumineux,
limpide, jouissif et pop autant « Waters Of Nazareth » plonge les
dancefloors dans l'obscurité, déglingue les rythmiques, bousille les
tympans, s'adonne avec innocence au plaisir de la brutalité et redonne
à une électro épuisée le souffle neuf dont elle avait cruellement
besoin. Reclus dans leur studio souterrain depuis plus d'un an, ne
sortant de leur abri post-nucléaire, que les week-ends, juste pour le
plaisir d'aller défoncer les oreilles de clubbers cosmopolites. Xavier
et Gaspard se sont plongés sur leur premier album comme sur leur grand
oeuvre. Et le résultat est au-delà de toute espérance avec douze titres
qui s'ouvrent en fanfare sur « Genesis ». Une intro crépusculaire et
baroque annonçant un album étourdissant où les Justice prouvent qu'ils
ont le talent d'être partout, sauf là où on les attendait. Prenez par
exemple, « Let There Be Light » et son électro stridente et énervée
portée par des basses en uppercut, « Dance » pur > pure tranche de
house vicieuse chantée innocemment par une chorale d'enfants, « Newjack
» auto parodie funky des riches heures de la french touch, « Phantom I
» qui enchaîne là où « Waters of Nazareth » s'achevait pour dériver
vers « Phantom II » et ses violons disco entêtants. « Valentine »,
comptine érotique et mélancolique, qui résonne en hommage à Vladimir
Cosma.
« The Party », pur track d'électro-funk où la sexy Uffie joue plus
que jamais à la Lolita chipie. « DVNO », claque foudroyante à tous ceux
qui s'acharnent à fusionner électro et rock. « Stress », course panique
à rendre fou de jalousie les Chemical Brothers. Ou «One Minute To
Midnight », sorte de pendant final du « Genesis » d'ouverture, qui clôt
l'album en beauté. En bons enfants de la French touch, et de sa manière
d'avoir décomplexé la dance music et ses règles ( la notion de bon et
de mauvais goût, les frontières étroites entre l'underground et la pop,
les étiquettes visqueuses entre l'électro et le rock ), les Justice
possèdent cette faculté fantastique de synthétiser et mélanger leurs
influences sans arrière-pensée aucune, que ce soit la disco cosmique de
Larry Levan que le romantisme en petite culotte mouillée de Vladimir
Cosma, le rock progressif de Camel que les thèmes angoissants des
Goblins pour Dario Argento, le funk clinquant des Brothers Johnson ou «
ABC » des Jackson 5, en un mix qui n'appartient désormais qu'à eux. Et
dont la force évocatrice et la puissance de frappe forcent le respect.
Pas étonnant dans ces conditions que «†» le premier album de Justice
soit une merveilleuse claque pour les oreilles et les pieds. Une sorte
d'opéra musical, emprunt de symboles baroques et religieux, où les
guitares copulent avec les violons, où les beats déchiquettent les
mélodies, où l'électro règle son compte au rock et où la pop se prend
un sacré coup de botox. Rarement, dans l'histoire de la house
française, un premier disque n'avait placé la barre aussi haut, sans la
faire tomber aux premières mesures. Mais le gros coup de bluff des
Justice, en plus d'avoir inventé un son immédiatement reconnaissable,
est d'avoir su éviter tous les pièges du premier album.
Manifeste générationnel, idéalement situé sur le bord du
dancefloor, «†», insolent de jeunesse, atteste en beauté que la scène
électro française ne s'est jamais aussi bien portée. Justice en tête.
(Source : Disc-over.net)
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