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Le Garance Reggae Festival fête sa 20e édition en grande pompe. Pendant 4 jours, du 27 au 30 juillet, plus de 40 artistes viendront se produire sur scène.
Lire l'articleJimmy Cliff est un peu le paradoxe du reggae. Son ouverture culturelle a fait que sa musique s’est étendue aux autres genres et qu’il a ainsi atteint une notoriété internationale. Mais en multipliant les tubes planétaires destinés à un large public, le Jamaïcain s'est éloigné de ses origines et s’est mis à dos le public purement reggae. Ce qui ne l’a pas empêché de réaliser une carrière exceptionnelle (25 albums studio entre 1967 et 2003) et de travailler avec les plus grands, pour notre plus grand bonheur et son plus grand profit..
Ca n’est pas une blague, James Chambers est né le 1er avril 1948 à Ste Catherine en Jamaïque. Elevé par son père chrétien à la campagne, il arrête l’école à l’âge de 13 ans pour apprendre la musique (sa voix unique est alors déjà remarquée). Dans un premier temps passionné de rock, il découvre les travaux de Fats Domino, Little Richard, Bobby Day et Dee Clark. Fort de ces découvertes, il rejoint Kingston en bus où il rencontre Count Boysie avec qui il enregistre Daisy got me crazy et I’m sorry pour le sound system de Sir Cavalier. C’est à ce moment qu’il traine à la Monkey Rock Tavern et où il découvre les sons subversifs du r’n’b, de la calypso, de la rumba ou du merengue. 1961 est une année charnière pour la carrière de Jimmy. Lorsqu’il enregistre ses premiers titres personnels, le producteur jamaïcain d’origine chinoise Leslie Kong les apprécie. Jimmy devient alors le premier artiste reggae à signer chez Island Records, et sort son disque en Angleterre en même temps qu'un certain Bob Marley. Dearest beverley, Hurricane hattie, King of kings et surtout Miss Jamaïca sont des cartons.
En 1964 il entame une tournée avec Byron Lee (The Dragonaires) qui l’emmène à New-York avec les grands noms du ska : Prince Buster, Millie Small, Delroy Wilson. L’Amérique découvre ce genre encore peu représenté. A vrai dire Jimmy est bien souvent sur la route, ou de par le monde. Il peut être à Londres avec un groupe de rockeurs blancs (où il se confronte pour la première fois au racisme), et se retrouver l’instant d’après au Brésil à représenter la Jamaïque pour un concours de chanson. Qu’il gagne d’ailleurs avec le titre Waterfall qui sera le déclic de la célébrité pour lui en Amérique du Sud, et le début d’une grande histoire d’amour. Les maisons de disques commencent à se bousculer au portillon, A&M chez l’Oncle Sam, Trojan en Angleterre, et l’album de 1969 produit par Leslie King "Wonderful world, beautiful people" est un total triomphe populaire. Deux perles mélodiques sortent nettement du lot, la future reprise de Joe Cocker Too many rivers to cross et Vietnam qui emballe alors Bob Dylan et Paul Simon (de Simon & Garfunkel).
Il enregistre ensuite plusieurs disques teintés de pop ("Hard road to travel", "Another style") avant de signer chez EMI en 1973 pour réaliser "Unlimited", hélas sans grand succès. De retour chez Island, il s’adonne à ce qu’il affectionne le plus, le ska. Mais, toujours avide de connaissance, Jimmy ne peut s’empêcher de s’essayer à la variété, ou à la musique sud américaine avec qui il entretient une relation particulière depuis 1968 et son séjour au Brésil. Jimmy continue ensuite de sortir des disques, et surtout un nombre incalculable de morceaux qui deviennent des hits du reggae : Reggae night, We all are one, Hot shot et bientôt sa reprise de Johnny Nash I can sea clearly now. En fin de carrière Jimmy a travaillé sur le fameux titre Hacunana Matata pour le film de Disney Le Roi Lion, ainsi que sur un duo avec le français Bernard Lavilliers, Melody tempo harmony.
Fort d’une discographie extrêmement riche ainsi que d’un rôle remarqué au cinéma dans le film The harder they come sur l’industrie du disque en Jamaïque, Jimmy Cliff reste l’une des personnalités reggae les plus connues de la planète. Et ce, même si tout le monde ne connait pas son nouveau nom, El Hadj Naïm Bachir. Après s'être intéressé à toutes les cultures et toutes les religions, Jimmy a finalement porté son dévolu sur l’Islam, qu’il a découvert au Sénégal et qu’il juge universel. Tout comme sa musique.
(Source : Allomusic, Julien Deverre)
23/04/2010
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