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Le chanteur sera enterré aujourd'hui.
Lire l'articleChanteur engagé, grande gueule marginale de la chanson française, Jean Tenenbaum, devenu à la scène Jean Ferrat, ne se résume pourtant pas à ses prises de positions politiques ou ses colères médiatisées.
Né le 26 décembre 1930 à Vaucresson, dans la région parisienne, il est le cadet d'une modeste famille juive de quatre enfants. Au début de la seconde guerre mondiale, Jean a 15 ans et son père est déporté. Il ne le reverra jamais. Plus tard, en 1963, il écrira Nuit et Brouillard en hommage aux déportés par les nazis. Pour l'instant, il doit surmonter la douleur et interrompre ses études pour travailler et aider sa famille. Déjà son attirance pour la musique et le théâtre se dessine. Il dit aujourd'hui qu'elle l'a peut être sauvé. Dès le début des années 50, il entre dans une troupe de théâtre, compose quelques titres et devient guitariste dans un orchestre de jazz. C'est sous le nom de Jean Laroche qu'il passera, sans succès, ses premières auditions.
En 54, il décide de se consacrer exclusivement à la musique. Les premiers temps sont difficiles. Admirateur d'Aragon (le poète, pas la région espagnole), compagnon de route, comme lui, du Parti Communiste Français, il met en musique Les yeux d'Elsa en 1956. C'est André Claveau, qui jouit d'une confortable réputation dans les années 50, qui interprètera le titre. Son succès rejaillira sur Jean Ferrat et lui permettra de décrocher, en 1957, un contrat au cabaret La Colombe, où il fait la première partie de Guy Béart. A l'époque, ça en jette ! Enfin porté par les bonnes « vibes », Ferrat enchaîne l'année suivante avec un premier 45 tour, certes un flop, et rencontre Christine Sèvres, jeune chanteuse qui interprète ses titres et plus encore car affinités : ils se marient en 1961.
A la même époque il fait la connaissance de l’éditeur Gérard Meys. Deuxième coup de foudre, amicalo-professionnel cette fois, puisque les deux hommes ne se quitteront plus. Ma môme (Decca), fruit de leur première collaboration, marche fort. En 1963, Nuit et Brouillard, (Barclay) obtient le Prix de l’Académie Charles Cros. En 66, Ferrat « fait » Bobino, à Paris. Première scène solo qui en amènera d'autres, nombreuses en France et ailleurs, jusqu'en 1973 où, en bon gaucho à moustaches, Jeanot décide d'arrêter la scène et de se retirer...en Ardèche ! Il n'y remontera plus, mais continuera de produire, pour lui (La Femme est l'avenir de l'Homme, Dans la Jungle ou dans le Zoo etc.) et pour les autres (Juliette Gréco ou Isabelle Aubret, par exemple).
Poète - en plus d'avoir vendu plus de deux millions d'exemplaires de "Ferrat chante Aragon"
il s'est aussi attelé à l'œuvre de Frederico Garcia Lorca. « Coco »
jusqu'au bout des manches de son pull en laine mais critique acerbe de
l'Union Soviétique, Ferrat a beaucoup chanté, un peu gueulé, pas mal écrit. Dans Chanter, justement, il écrit «
Chanter, il faut s'y jeter à tue-tête, à bras le cœur, à fendre l'âme,
avec un seul point au programme, celui de n'être sûr de rien ». Ceci explique probablement tout cela.
(Source : AlloMusic, Antoine Deshusses)
30/07/2010
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