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Selon les dires de Pascal Obispo, sa nouvelle comédie musicale serait une œuvre engagée contre le capitalisme et pour l'amour et la mixité.
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Sans épouser les contours de la frontière linguistique du pays, deux scènes musicales belges cohabitent. L'une à tendance francophone et l'autre tournée vers les anglo-saxons. Chassé-croisé ?
Lire l'articleJacques Brel a tout donné. Dans chaque chanson, dans chaque texte, dans chaque concert dont il sortait ruisselant de sueur, brisé de fatigue et d'émotion. Jamais il ne s'est retenu, jamais il n'a triché. C’est sans doute pour ça qu’il restera, pour toujours, une référence absolue de la chanson française. Un monument.
Pourtant quand il a commencé en 1952 à se produire dans différents cabarets bruxellois, (n’oublions pas qu’il est belge et pas français comme on aimerait souvent le croire), ses proches, peu enthousiastes à l’idée que l’un des leurs deviennent un saltimbanque, l’encourageront surtout à arrêter. Mais, Brel n’est déjà pas homme à se soumettre aux règles. Au contraire, elles sont faites, selon lui, pour être transgressées. C’est ce qu’il s’efforcera de faire tout au long de sa carrière. Mais avant de se faire entendre, et accepter, le grand Jacques devra affronter quelques difficultés. Comme quand, lors de son premier passage à l’Olympia, il est obligé de se changer derrière le bar du célèbre music hall. Mais même dans ces conditions difficiles, il se fait remarquer. Et personne ne peut résister à sa puissance, à son envie, à sa sincérité.
En 1954, après quelques titres sur des 78 tours un peu oubliés, il publie son premier album. Dont est extrait son premier chef d’œuvre : Quand on que l’amour . Un titre qui renferme l’idée centrale de toute sa vie et avec laquelle il ne transgressera jamais. Car toutes ses chansons parlent d’amour. Bien sûr, dans ses textes, il s’en est aussi pris souvent à certaines institutions (les bourgeois et les curés ont souvent fait les frais de ses colères), mais il n’oubliait pourtant jamais de les écrire avec le cœur. Et quand il dénonçait une injustice ou un dysfonctionnement, c’était essentiellement pour protéger ceux qui en étaient les victimes. Mais, fatigué par ses combats et après quelques succès légendaires (Ne me quitte pas, La valse à mille temps, Le plat pays, Au suivant, Madeleine…), qui occupent encore aujourd’hui une place à part dans l’imaginaire collectif, après plus de dix ans de carrière, Jacques Brel décide de se retirer de la scène. En 1966 il donne une série de concerts d’adieu à l’Olympia. C’est là qu’il présente Amsterdam, où des marins se mouchent dans les étoiles. Et si David Bowie, entre autres, l’a réengistré en anglais, cette version live est la seule trace que l’on garde de cette chanson interprétée par le chanteur gingival. Planté devant son micro, il transpire, il s’agite, il vibre. Sur ces images d'archives, on peut le voir vivant chaque mot, chaque chanson, comme un déchirement. Pour le récompenser, et pour se consoler, le public, lui offre tous les soirs près de quinze minutes de standing ovation. Les gens refusent de le voir partir, mais savent déjà qu’il ne reviendra pas sur sa décision. Ou alors pas vraiment.
En 1968, il remonte sur scène avec une version francophone de L’homme de la Mancha, où il tient le rôle de Don Quichotte au côté de Dario Moreno. Puis il se consacre au cinéma. Il tourne dans quelques films, pour Edouard Molinaro ou Claude Lelouch, et en réalise deux, dont un, Franz, où il offre un rôle à Barbara. Puis, diminué par un cancer au poumon, il se retire aux îles Marquises un archipel perdu au milieu du Pacifique, cher à Gauguin. Là, il jouera, pour quelque temps, le rôle d’avion-taxi pour les gens de l’île. Il emmène les îliens dans son petit coucou, qu’il conduit lui-même, de Hiva-Oa à Tahiti. Mais parce qu’il a encore quelques vérités à asséner, en 1977, Jacques Brel rentre en studio pour enregistrer "Les marquises", son ultime album. Un disque qui se finit sur cette phrase, sublime, « Veux-tu que je te dise, gémir n’est pas de mise, aux Marquises ».
Deux ans plus tard, ses poumons lâchent son cœur. Le cancer l’emporte. Alors, comme le chantait Barbara : « Il a du s’étonner Gauguin quand ses femmes aux yeux de velours ont pleurer des larmes de pluie qui venait de la mer du nord… ». Heureusement, que le génie est immortel. Parce que sinon, c’est sûr, Jacques Brel nous manquerait terriblement.
(Source : AlloMusic, Nicolas Roux)
Le JT du 13 octobre 2011
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