Artiste : faites-vous connaître, diffusez vos propres morceaux, mélangez-les à vos titres préférés dans vos playlists
S'inscrire pour créer sa fiche artiste
Deux ans après la cassette autoproduite "Concept" qui leur ouvrit la voie vers le show business, IAM sort en 1991 sur Hostile ce premier album appelé à faire date dans l'histoire du hip hop français. "…De la planète Mars" surprend d'abord par sa similarité de son et de ton avec le hip hop ricain made in New York, notamment Public Enemy et De La Soul. Si la rage des premiers est restée intacte chez les Marseillais, l'approche ludique et potache des seconds s'est progressivement diluée au fil des ans. Ce premier album témoigne d'une époque où dénonciation des inégalités et franche déconnade savaient encore faire bon ménage, comme deux visages d'une même réalité, certes loin d'être toute blanche, mais jamais toute noire non plus.
Les historiens du rap mondial, focalisés sur les Etats-Unis, ont souvent tendance à décerner à All eyez on me de 2Pac, sorti en 1995, le titre de "premier double album de l'histoire". Or deux ans avant, IAM mettait déjà la double dose avec "Ombre est lumière", son deuxième album. Porté par l'immense succès de Je danse le Mia qui déborda allègrement des limites du genre pour s'assurer les faveurs des classements, "Ombre est lumière" voit un IAM plus confiant, à l'identité sonore plus affirmée et au style lyrical plus maîtrisé. Dans le sillage direct de "Planète Mars", ce deuxième album compte certains des morceaux les plus tordants des Marseillais parmi lesquels Les je veux être, Harley Davidson, et le deuxième épisode d'un Attentat déjà bien gratiné. Inversement, avec des morceaux plus graves comme Le sachet blanc, Une femme seule ou J'aurais pu croire, IAM représente brillamment pour l'Ombre. Une réussite majeure écoulée à plus de 600 000 exemplaires.
Mais le chef d'œuvre des Marseillais restera certainement "L'Ecole du Micro d'Argent" (1997). Sur ce troisième album à l'esthétique fortement influencée par l'Asie médiévale, IAM touche au sommet de son art martien. Supérieur en tout point, "L'Ecole du Micro d'Argent" surplombe le rap français et offre au collectif ses lettres de noblesse. Musicalement, le disque s'élève au niveau des meilleurs beatmakers mondiaux, notamment RZA du Wu-Tang Clan dont l'influence est particulièrement prononcée. Thématiquement parlant, le groupe bascule définitivement du côté obscur. L'heure est à la désillusion, les années "fracture sociale" de Chirac ne prêtent plus à la gaudriole et il est temps pour Akhenaton et sa bande de tirer la sonnette d'alarme. Petit Frère, Nés sous la même étoile, Dangereux ou Un cri court dans la nuit sont autant de facettes sombres d'une France malade. Entre deux constats d'urgence, IAM intercale quelques exercices de style du plus bel effet (L'Ecole du Micro d'Argent, L'Empire du Côté Obscur…) où les mots virevoltent, tranchants et légers comme un essaim de shurikens.
En 2003, IAM s'empêtre dans l'air (vicié) du temps sur "Revoir un Printemps" : la fratrie mettra d'ailleurs plus de deux ans pour concrétiser sa vision d'un monde écorché par deux dates macabres : le 11 septembre 2001 et le 21 avril 2002. Pas facile dès lors pour le groupe de garder la tête hors de l'eau. Plombé par une gravité omniprésente et un manque de recul flagrant, son quatrième album menace de couler à pic. Enfin, après la sortie en 2007 de "Saison 5", qui fleure bon le bitume et la nostalgie, IAM fête l'année suivante son vingtième anniversaire au pied des pyramides de Gizeh en Egypte. Un live commémoratif, Retour aux Pyramides, sortira quelques mois plus tard.
I AM, I WAS, I WILL BE.
(Source : AlloMusic, Michael Rochette)