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Notre histoire commence à la fin des années 80, à Rodeo, dans le nord de la Californie, lorsque deux amis d’enfance, Billie Joe Armstrong (guitare, chant) et Mike « Dirnt » Pritchard (basse) recrutent John Kiffmeyer (alias Al Sobrante) pour former le trio punk Sweet Children. En 1989, le groupe se voit offrir un contrat par le label underground Lookout! Records pour enregistrer son premier EP : "1,000 Hours". Mais juste avant d’entrer en studio, Sweet Children change son nom en Green Day – en référence à leurs journées passées à fumer de l’herbe…
"1,000 Hours" sera suivi, en 1990, par un premier album, "39/Smooth", puis par deux autres EP : "Slappy et Sweet Children". Le groupe se forge une base de fans au sein de la scène punk underground californienne, même si ses textes sont alors plus volontiers potaches que réellement revendicatifs. À la fin de l’année 1990, Kiffmeyer quitte Green Day afin de poursuivre ses études, et sera donc remplacé par Tré Cool (de son vrai nom Frank Edwin Wright III, ce qui est forcément « moins cool »). La réputation du trio ne fait que grandir avec la sortie de son second album, "Kerplunk" (1992), qui confirme que les trois garçons ont bien retenu les leçons de leurs groupes de référence : Ramones, Buzzcocks et Stiff Little Fingers. Du coup, les grosses maisons de disques commencent à s’intéresser sérieusement aux trois petits keupons, et c’est Warner/Reprise qui remporte la mise en les signant en 1993. L’album "Dookie", qui paraît en 1994, sera un énorme carton, se vendant au final à plus de 10 millions d’exemplaires en Amérique et 15 millions dans le reste du monde. Revers de la médaille : la scène punk indépendante qui soutenait Green Day à ses début traite alors le groupe de « vendus », tandis que les puristes du rock ne les voient que comme des gamins mal élevés ayant le culot d’associer le punk des Sex Pistols et la pop californienne, à l’image de ces vilains garnements d’Offspring !
En 1995, Green Day reste pourtant le chouchou des skateurs boutonneux avec son nouvel opus : "Insomniac". Même s’il se vend moins que Dookie (sans doute à cause de sa tonalité un peu moins pop et joyeuse), "Insomniac" renforce quand même la pression médiatique sur le groupe, qui enchaîne les tournées-marathons. Ce rythme infernal impose au trio de faire un break en 1996, avant de réapparaître fin 1997 avec "Nimrod", qui expérimente de nouvelles sonorités au lieu de se complaire dans l’éternel schéma pop-punk ensoleillé. La ballade acoustique Good Riddance (Time of Your Life) vaudra quand même à ce quatrième album très varié de se classer dans les dix meilleures ventes d’albums aux USA.
Malheureusement, ce ne sera pas réellement le cas de "Warning", qui arrive trois ans plus (trop ?) tard et est accueilli très fraîchement par la presse et le public. Pourtant, le groupe pose là les jalons de sa future renaissance, notamment à travers des textes engagés qui changent des blagues scato qui firent sa popularité à l’origine.
Car à l’été 2003, lorsque Green Day rentre en studio pour y enregistrer un album censé s’intituler "Cigarettes and Valentines", plus grand monde ne s’intéresse à son cas, Blink 182 ayant brillamment repris le flambeau de la pop-punk acnéique. Il faudra le vol des bandes contenant les vingt chansons de "Cigarettes and Valentines" et une sérieuse thérapie de groupe pour que les trois amis repartent entièrement à zéro et enregistrent un album totalement nouveau : "American Idiot". Lorsque celui-ci sort en 2004, il prend tout le monde par surprise. Il s’agit en effet d’un « opéra punk », un album-concept particulièrement inspiré, mordant, mélodique et contestataire – qui attaque notamment de front la politique américaine. Plébiscité par ces mêmes critiques qui avaient enterré Green Day un peu trop tôt, "American Idiot" est un triomphe sans précédent, qui débouche sur le premier CD/DVD live du groupe : "Bullet in a Bible" (2005). À partir de 2006, on verra désormais Green Day aux côté de U2 (pour la reprise de The Saints Are Coming des Skids) ou s’investissant dans des causes humanitaires et environnementales (reprenant notamment le Working Class Hero de John Lennon contre la guerre au Darfour). Les trois musiciens se permettront aussi un projet récréatif nommé Foxboro Hot Tubs, avec lequel ils jouent du rock’n’roll rétro sous de fausses identités (un concept qu’ils avaient inauguré en 2003 avec le « mystérieux » groupe new wave The Network).
En mai 2009, l’album "21st Century Breakdown" est une nouvelle réussite artistique et commerciale, qui transcende le simple format punk-pop avec ses compositions ambitieuses, et impose définitivement Green Day comme un grand groupe de rock tout court. À quand Sum 41 jammant avec Bob Dylan ?
(Source : Allomusic, Christophe Lorentz)