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Parce que Frédéric François fait partie de la culture musicale française, Allomusic vous propose ses plus grands tubes en écoute.
Lire l'article« A l'est, il y a les corons... » Non, c'est au nord ! Ça dépend, si vous êtes Belge, c'est à l'est, dans la province de Liège. A Tilleur précisément, pour ce qui est de la famille Barracatto qui, comme celle de Salvatore Adamo et beaucoup d'autres Italiens, est venue s'établir ici. Quittant sa Sicile pour ce coin industrieux de Belgique, à la pointe nord des Ardennes, paysages contrastés où l'on passe vite des usines des bords de la Meuse au Signal de Botrange, point culminant du pays, en pleine forêt de conifères. A mille lieux du plat pays que chante Brel.
Francesco Barracatto naît le 3 juin 1950 à Palerme. C'est en 1951 que sa famille quitte Lercarra pour la Belgique. Peppino, le père, travaille à la mine. Dure vie, celle des ouvriers qui partent tôt le matin pour piocher la roche, avec pour seule pause le déjeuner du midi, où l'on sort de sa musette une saucisse (une fricandelle) et un pistolet (un sandwich) qu'a préparé la mère, Nina. Vie dure mais non dénuée de plaisir. Le soir, on chante, on fait de la musique et, parfois, dans les cabarets, on fait danser. C'est comme ça qu'il débute, le petit Francesco, qui choisit Frédéric François comme nom d'artiste, après avoir tenté un François Barra qui ne sut pas le contenter. Lui aussi va à la mine et pousse la chansonnette. Il est de ces gars du peuple qui réussissent, sans jamais perdre leurs racines, qu'elles soient culturelles (la Sicile) ou sociale (les corons, où qu'ils soient).
S'il n'avait eu sa voix, on l'aurait bien vu champion cycliste. Parce que c'est profondément populaire, pas uniquement en terme de notoriété, mais parce que quand on veut échapper à l'usine, il n'y a pas 36 solutions. Le sport ou la chanson. Vous avez vu beaucoup de fils d'ouvriers sur un terrain de golf ou à Roland Garros ? Mais dans le vélo, il y a toujours le régional de l'étape, et sur le bord de la route toujours quelqu'un qui dit : « Eh c'est le fils Martin. Ça a jamais été un fainéant çui-la, t'as vu comment y mouline ! ». Et il y a la reconnaissance de l'effort, du corps qui souffre. Et gageons qu'aux galas de Frédéric François, le public reconnaît en lui « le fils Martin ». Se reconnaît en lui. « C'est un des nôtres ». C'est ça, la légitimité de sa popularité. Popularité d'ailleurs qu'il a gagnée en écumant les provinces, en allant là où les autres ne vont pas. Trop loin, trop petit, pas assez prestigieux. Le gars de Tilleur s'en fout, lui. Il est chanteur, il chante. Va à la rencontre des gens, à l'Olympia comme à la salle des fêtes de Trouville-Les-Oyes. Et sans doute y trouve-t-il le même plaisir. Et ce qui est sûr, c'est qu'il donnera tout dans l'un ou l'autre lieu, sans faire de différence. Parce qu'un sourire, ici ou là, c'est toujours un sourire. Avec la même valeur. Et peut-être aussi parce qu'il aime le travail bien fait, comme le lui a appris son père, Peppino l'ouvrier.
Frédéric François chante l'amour (Je t'aime à l'italienne, 1985) et ses racines (Les plus grandes mélodies italiennes, 1999). C'est dans les années 1970 qu'il est le plus médiatisé, avant d'être jeté aux orties par ces mêmes médias. Mais le public, lui, lui reste fidèle et assiste toujours nombreux à ses galas.
(Source : AlloMusic)
21/12/2010
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