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Avant un nouvel opus prévu au printemps, Dominique A fête deux décennies passées à renouveler dans l’ombre (et parfois dans la lumière), la chanson française, en rééditant tous ses albums.
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Le chanteur est en studio pour son nouvel album. Il promet quelques beaux duos.
Lire l'articleS’il était arrivé un peu plus tôt, Dominique A aurait sans doute été adopté par le mouvement new-wave. S’il était arrivé un peu plus tard, on l’aurait certainement raccroché au train de la nouvelle chanson française, ou bien estampillé ‘chanson rock’. À l’époque où il a été découvert, ce sont finalement les amateurs de pop indé qui se le sont approprié… Mais finalement, Dominique A fait un peu partie de tous ces courants, sans y être totalement immergé. Et c’est bien de là que vient sa singularité.
Né le 6 octobre 1968 à Provins
(Seine-et-Marne), Dominique Ané (de son vrai nom) est
le fils unique (et assez solitaire) d’un professeur et d’une mère au
foyer. Adolescent dans les années 80, c’est tout naturellement qu’il se
tourne vers le punk, puis vers la new-wave. Après des études de lettres
modernes et un déménagement à Nantes, Dominique monte son premier
groupe, John Merrick (nom du fameux Elephant Man), qui
pratique une musique sombre et torturée tout-à-fait dans l’air du temps.
Cela dit, sa route croisera celle de Philippe Katerine, qui lui fera
don d’un peu plus de légèreté…
Lancé en solo sous le simple patronyme
de Dominique
A,
le jeune homme conserve de ses années cold-wave un goût pour le
minimalisme et pour un certain esprit rock – deux choses qu’il injecte
dans les compositions dans son premier opus. “Un Disque
Sourd”, qu’il a autoproduit en 1991, lui permettra d’être accepté
par le label indépendant nantais Lithium, chez qui il sortira ensuite “La Fossette” (1992). Le
magazine Les Inrockuptibles le porte alors aux nues, et la chanson Le Courage des
Oiseaux (avec son rythme synthétique obsédant et sa ligne de chant
décalée) devient un tube parmi les lecteurs dudit magazine… Malgré une
production lo-fi et une instrumentation minimaliste (guitare + clavier),
le Nantais se prend au jeu de la scène et commence à arpenter les
routes de France. “Si Je Connais Harry” (1993)
élargit légèrement son auditoire, mais c’est “La Mémoire
Neuve”
(1995) qui va réellement mettre Dominique A sous les feux
des projecteurs. Et notamment grâce à la chanson Le Twenty-Two
Bar
dont le succès dépasse l’underground pour atteindre les radios. Le style
à la fois littéraire et insolent de Dominique A est désormais
reconnu à sa juste valeur.
Cependant, l’artiste n’apprécie guère le soudain (et artificiel) intérêt de la profession à son égard, alors qu’il a déjà trois albums derrière lui. Du coup, il saborde volontairement sa prestation aux Victoires de la Musique en changeant les paroles de sa fameuse chanson ! Peu soucieux de plaire au grand public, il préfère produire et co-écrire les albums intimistes de sa compagne (et mère de son fils) Françoiz Breut, avec qui il s’est installé à Bruxelles.
Le fait qu’il
écrive pour d’autres artistes (parmi lesquelles on trouvera aussi Jeanne
Balibar, Yann
Tiersen ou Jane
Birkin) et qu’il fasse beaucoup de scène ne laisse pas beaucoup de
temps à Dominique A pour travailler sur ses propres disques. Il
faudra donc attendre au moins quatre ans avant de voir débarquer
l’austère “Remué” (1999), suivi par la musique du film Banqueroute d’Antoine
Desrosières (2000), puis par “Auguri” (2001), beaucoup
plus abordable que son prédécesseur. Par la suite, de l’aveu même de Dominique A, l’écoute de
l’album de Bashung “L’Imprudence”, en 2002,
lui occasionnera un véritable choc et le poussera à remettre en question
sa façon de travailler. Du coup, après un coffret compilatoire (“Le Détour”), il
embauche justement l’équipe de production de “L’Imprudence” pour œuvrer
avec lui à la réalisation de “Tout Sera Comme Avant” (2004).
Assez déroutant dans son instrumentation et ses arrangements, le disque
sera néanmoins acclamé par la critique et permettra au chanteur de
donner à nouveau de nombreux concerts, sous différentes formations (en
solo, en trio ou avec un groupe au complet). Le DVD Solo aux
Bouffes du Nord (2004) témoignera de cette période faste au
niveau scénique…
Affranchi de la maison de disques Labels
(chez qui il était depuis 1993), Dominique A retrouve
quelques anciens collaborateurs pour enregistrer “L’Horizon”, disque
spacieux qui sort en 2006 et sera suivi de son premier véritable album
live : “Sur Nos Forces Motrices” (2007). Un livre de Bertrand
Richard, Les Points Cardinaux, célèbre à ce moment-là la carrière
atypique et précieuse de cet artiste unique – le tout accompagné d’une
compilation d'inédits en édition limitée numérotée : “Les Sons
cardinaux”. En parallèle, le Nantais continue de collaborer avec Françoiz
Breut (malgré leur séparation à la ville), ou avec des gens comme Oslo
Telescopic, Keren Ann & Vincent
Delerm, Psykick
Lyrikah, Jack the
Ripper ou Calogero.
En 2009, Dominique A revient au
style minimaliste, synthétique et intimiste de son premier opus avec “La Musique”, même si la
production se veut plus ample et que le disque donnera lieu à une
tournée très rock et électrique. Une façon de boucler la boucle tout en
se ménageant une porte de sortie, qui donne clairement à penser à
l’auditeur que le chanteur chauve a eu plus qu’une influence sur des
artistes comme Cali, Miossec, Holden ou Arman
Méliès. Et ce, autant par son style entre chanson à fleur de peau et
rock mélancolique, que par ses textes à la poésie réaliste et ses
audaces musicales.
03/03/2010
04/12/2009
19/06/2009
26/06/2008