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The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars
Damon Albarn travaille énormément, on le sait, mais son talent ne lui permet hélas pas encore d'être partout à la fois et de pouvoir suivre dix projets en même temps.
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Pour son sixième album, le groupe a préféré tenter toutes les combinaisons possibles afin de satisfaire son public et se satisfaire lui-même.
Lire l'articleSi l’on était des fainéants, on vous ferait le coup classique du « Que peut-on encore écrire sur David Bowie qui n’a pas déjà été écrit ? », qui est une façon astucieuse de s’excuser par avance de proposer un texte bourré de clichés… Et justement, nous sommes un peu fainéants et roublards, donc veuillez nous excuser par avance si le texte qui suit est plein de lieux communs. Mais franchement : Que peut-on encore écrire sur David Bowie qui n’a pas déjà été écrit ?
D’abord, les faits : David Robert Jones naît le 8 janvier 1947 dans le quartier de Brixton, à Londres. Après avoir découvert le jazz et appris le saxophone, il collabore avec divers groupes de rhythm’n’blues tout au long des années 60 : The Kings Bees, The Manish Boys, The Lower Third ou The Buzz, avec lesquels il enregistrera quelques 45 tours. En 1965, David Jones se rebaptise David Bowie, puis enregistre un premier album solo éponyme qui sort en 1967. Son style s’affirme avec l’album suivant, "Space Oddity" (1969), entièrement acoustique mais qui lance le « personnage Bowie » : androgyne, trouble et manipulateur.
La suite appartient désormais à l’histoire (du rock). De 1970 à 1980, Bowie va aligner les classiques comme une contractuelle parisienne les amendes : "The Man Who Sold the World" (1970), "Hunky Dory" (1971), "The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars" (1972), "Aladdin Sane" (1973), "Pin Ups" (1973), "Diamond Dogs" (1974), "Young Americans" (1975), "Station to Station" (1976), "Low" (1977), "Heroes" (1977), "Lodger" (1979), "Scary Monsters" (1980)... Il y incarnera successivement plusieurs personnages ambivalents (Ziggy Stardust, The Thin White Duke), jouera les provocateurs, inventera le glam rock et la pop décadente, blanchira la soul et remettra Iggy Pop sur le devant de la scène en produisant et composant les deux meilleurs albums de l’iguane : "The Idiot" et "Lust for Life" (1977 pour les deux).
Son personnage glamour et extra-terrestre influencera successivement le punk (Johnny Rotten des Sex Pistols était fan), le post-punk (il était une référence pour Ian Curtis de Joy Division, Siouxsie & the Banshees), la new-wave néoromantique (Steve Strange de Visage organisait à Londres des « Bowie’s Nights » où l’on croisait Boy George de Culture Club ou les membres de Depeche Mode) et le rock gothique (demandez donc à Peter Murphy de Bauhaus). Mais comme s’il sentait que les années 80 lui devaient déjà tout, Bowie sera moins créatif pendant cette période. Il préfère se consacrer au théâtre, à la peinture et au cinéma, puisqu’on le verra notamment dans des films aussi cultes et inclassables que lui : L'Homme qui venait d'ailleurs, Les Prédateurs, Furyo, Absolute Beginners… En revanche, il accumulera aussi durant cette décennie une série d’albums de plus en plus fadasses : "Let’s Dance" (1983), "Tonight" (1984), "Never Let Me Down" (1987), "Black Tie, White Noise" (1993).
Opportuniste de génie éternellement à l’affût des nouvelles tendances, il sait pourtant toujours s’entourer des producteurs et des musiciens les plus remarquables de leur époque. Il collaborera ainsi longtemps avec Tony Visconti, son bassiste d’origine avec qui il coproduira - entre autres - sa mythique « trilogie berlinoise » ("Heroes", "Low", "Lodger"), mais aussi avec Nile Rodgers, qui a donné ses lettres de noblesse au funk avec son groupe Chic et qui offrira à Bowie son seul album potable (et plus gros succès commercial) des eighties : "Let’s Dance". Enfin, c’est le brillant Brian Eno (ex-Roxy Music et inventeur de l’ambient) qui orchestra sa résurrection artistique au milieu des années 90 avec l’époustouflant "Outside" (1995). Entretemps, Bowie aura également été salué par Nirvana (qui exhuma The Man Who Sold the World pour en faire un tube unplugged), tandis que sa nouvelle orientation indus-rock (si, si) lui permettra de tourner avec Nine Inch Nails – qui, soit dit en passant, s’était aussi largement inspiré des instrumentaux de la trilogie berlinoise pour ses propres compositions… Et ne parlons pas de Marilyn Manson, dont le "Mechanical Animals" est un hommage à peine déguisé à "Ziggy Stardust". De même, lorsque David Bowie fête en grandes pompes son cinquantième anniversaire (sur la scène du Madison Square Garden de New York en 1997), au lieu d’inviter des rockers flétris de sa génération (genre Bob Dylan ou Neil Young), il préfère s’entourer des Smashing Pumpkins, des Pixies, des Foo Fighters, de Sonic Youth ou de Cure !
Toutefois, après le très bon "Earthling" de 1997 (qui flirte avec la drum’n’bass), la créativité de Bowie subira une nouvelle baisse de régime sur des disques plus conventionnels : "Hours" (1999), "Heathen" (2002) et "Reality" (2003). Depuis, victime de problèmes de santé, cet artiste-caméléon préfère rester tranquillement chez lui auprès de sa femme, le mannequin Iman Abdulmajid (on le comprend), et ne distille ses nouvelles chansons et ses apparitions scéniques qu’à doses homéopathiques. Vu qu’il semble n’être en forme qu’une décennie sur deux, souhaitons donc que 2010 marquera le retour de L’Homme qui venait d’ailleurs au top de ses capacités ! À 63 ans, c’est encore possible, non ?
(Source : AlloMusic, Christophe Lorentz)
04/03/2011
24/02/2011
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