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Le festival de Cannes commence aujourd'hui. Ouvrons-le en fanfare avec quelques-uns des compositeurs adoubés par la Croisette.
Lire l'articleUn homme qui décide de faire de la musique de film parce que, enfant, il a été frappé par le travail de Bernard Herrmann sur le nanar intitulé Le Jour où la terre s'arrêta (Robert Wise, 1951) ne peut pas être foncièrement mauvais. Un peu braque c'est sûr. Mais mauvais, non.
Daniel Robert Elfman est né à Los Angeles (Californie) le 29 mai 1953. Il se passionne vite pour le cinéma et fréquente assidûment ces lieux de perdition dès l'adolescence. Il commence ses activités artistiques en France, où il débarque après avoir achevé ses études. Le voici qui joue dans le Grand Magic Circus. Mais il est jeune et ne tient pas en place. Après la France, direction l'Afrique. Ghana, Mali, Haute-Volta. Il côtoie là des musiques qui sauront régulièrement se rappeler à son souvenir tant elles le marquent. Il réalise sa 1ère musique de film à son retour aux USA, pour le long-métrage de son frère Richard (Forbidden Zone, 1980). Le groupe formé pour l'occasion, Oingo Boingo, entame alors une carrière dans le rock. C'est Tim Burton qui le débauche de Oingo Boingo en lui commandant la BOF de Pee Wee's Big Adventure (1985). C'est le début d'une longue collaboration entre les 2 hommes. Au-delà des Burton, il a également écrit les partitions de Mission: Impossible (1996), Men In Black (1997), Will Hunting (1997), Spiderman (2002), Terminator Salvation (2009), Taking Woodstock (2009). Plutôt spécialiste des blockbusters, le garçon. Ses influences principales sont Nino Rota (Federico Fellini, vous voyez ?) et Bernard Herrmann (sir Alfred Hitchcock, vous revoyez ?). Voilà qui suffit à prouver son bon goût, les 2 lascars se situant dans le top 10 des compositeurs de musique de film. Il aurait dit Georges Garvarentz (Mieux vaut être riche et bien portant que fauché et mal foutu de Max Pecas 1980) et la paire Darry Cowl/Jean-Michel Defaye (Arrête ton char... bidasse ! de Michel Gérard 1977), on aurait été plus inquiet. Non ?
Si le rock est fini pour lui, suite à des problèmes auditifs liés à une fréquentation trop assidue d'amplis réglés au maximum de leur puissance, le voici qui se tourne vers le classique. Il a déjà composé une oeuvre "Serenada Schizophrana", créée le 23 février 2005 au Carnegie Hall de New-York, par l'American Composers Orchestra. A la baguette, John Mauceri, un ancien élève de Leonard Bernstein. L'accueil étant positif, il a depuis composé une nouvelle pièce, "The Overeager Overture", pour le Hollywood Bowl Orchestra.
(Source : Allomusic, Eric Tessier)