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Dans son nouvel album, Maurane rend hommage à Claude Nougaro en reprenant Armstrong.
Lire l'articleDans sa petite école toulousaine, Claude était mauvais élève. “Peut mieux faire”. Adolescent, il ne fera pas mieux, échouant au baccalauréat en 1947. Convaincu que nul n’est prophète en son pays, il décide de tenter sa chance à Paris. La “ville en pluie” l’inspire et le jeune homme se fait poète. Ses atouts : une jolie plume et un esprit bercé par une culture musicale allant de Glenn Miller, Bessie Smith à Edith Piaf et Louis Amstrong. Son père, Pierre Nougaro est chanteur d’opéra et sa mère, Liette Tellini, professeur de piano. Alors forcément, le garçon trouvera sa voie(x) en écrivant des paroles de chansons, à l’école de la vie.
Parallèlement à quelques articles pour la presse nationale et étrangère, il compose pour Marcel Amont et Philippe Clay. Un temps interrompu par ses obligations militaires, il revient avec quelques textes qu’il envoie aussitôt à Marguerite Monnet, la compositrice de Piaf. La dame met ses oeuvres en musique. Nous sommes en 1959 et Claude commence à chanter au Lapin Agile pour gagner sa vie.
S’entourant des plus grands noms du jazz : Maurice Vander - surnommé “le Coq”, d’où le titre “Le coq et la pendule” quelques années plus tard - Eddy Louiss, Pierre Michelot, Michel Legrand et son ami poète Jacques Audiberti, l’artiste rencontre le succès à partir de 1962 avec son album Claude Nougaro, qui introduit sur la scène française une série de textes engagés. Les événements de Mai 68 lui inspirent “Paris Mai” qui sera interdit d’antenne. Mais le talent n’a que faire de la censure et le public, porté par le succès du Jazz et la java, Tu verras ou Amstrong, envahit les salles de l’Olympia, du Palais des Congrès de Paris ou du Théâtre de la Ville.
Son inspiration, il la puise aussi - avant tout ? - dans ses histoires d’amour. Ainsi son union avec Sylvie donnera naissance à Cécile, titre composé pour leur fille. Vient ensuite son fils Pablo, né d’une liaison avec une Brésilienne. Enfin, Hélène, sa dernière femme et sa muse.
Autre sujet de relations passionnelles : les maisons de disques. En 1975, l’artiste quitte Philips pour Barclay. Une nouvelle collaboration qui se solde par une douloureuse rupture en 1985 quand la maison de disques, déçue des ventes de l’album Bleu Blanc Blues, décide de ne pas renouveller son contrat.
Vexé, Claude opte pour l’exil. En 1986, il s’installe à New York, non sans avoir symboliquement brûlé ses vaisseaux, allant jusqu’à vendre sa ravissante demeure montmartroise. Un an plus tard, il accouche d’un album rock and funk - “Nougayork” - sous les acclamations de la critique américaine. Ainsi consacré, le Toulousain peut revenir en France pour une moisson de lauriers : aux Victoires de la musique 1988, il se voit décerner les deux récompenses les plus prestigieuses, meilleur album et meilleur artiste de l’année.
Réconcilié avec une France désormais fière de sa vedette internationale, Nougaro enchaîne albums à succès et concerts dans les salles les plus prestigieuses. Jusqu’à ce que des problèmes cardiaques récurrents le contraignent à interrompre ce parcours triomphal. Remarié - avec Hélène, en 1994 - opéré l’année suivante, il se retire dans sa maison du midi. A l’automne 1997, le “Petit taureau” a retrouvé sa fougue et son swing, comme il en fait la démonstration sur la scène du Casino de Paris d’abord, lors d’une tournée province ensuite. Au tournant du siècle, il fait la dernière rencontre importante de sa vie : le jeune arrangeur Yvan Cassar, coqueluche de la nouvelle chanson française. De leur collaboration, naît un album testament - “Embarquement immédiat” - aux influences jazz et world music, prolongé par une longue série de concerts et de participations aux festivals les plus exigeants. Épuisé, il s’obstine à mener à bien un ultime projet, un spectacle parlé de ses propres textes, réunis dans le DVD “Les fables de ma fontaine”. Après quelques représentations - dont l’une, aux Bouffes Parisiennes, fait l’objet d’une captation et d’un DVD - la tournée sera interrompue brutalement au printemps 2003.
Un an plus tard, le 4 mars 2004, Claude Nougaro meurt des suites d’un cancer du pancréas, alors qu’il préparait "La Note bleue", un album pour le label Blue Note Recors, spécialisé dans cette musique de jazz qu’il aimait tant. L’opus inachevé est sorti en 2004.
20/11/2009
18/05/2009
18/05/2009
18/05/2009