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Beau cadeau de fin d'année de la part de Charlotte Gainsbourg : huit nouveaux titres enthousiasmants et un disque live impeccable.
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Après avoir annoncé plusieurs fois un album de lives et d'inédits, c'est finalement le 5 décembre que Charlotte Gainsbourg délivrera "Stage Whisper (live & inédits)".
Lire l'articleSerge Gainsbourg était compositeur avant d’être cinéaste. Jane Birkin était actrice avant d’être chanteuse. Leur fille, Charlotte, aura été un peu chanteuse, puis, beaucoup, comédienne… avant d’être à nouveau atteinte par le virus de la musique, un peu sur le tard mais de bien belle manière !
Née le 21 juillet 1971, à Londres, la petite Charlotte Gainsbourg a reçu en héritage un nom plus que difficile à porter. En 1984, à tout juste 13 ans, elle fait des débuts fracassants en chantant en duo avec son père sur le sulfureux Lemon Incest (tiré de l’album de Serge : « Love on the Beat »). Cette chanson ambigüe, qui suggère aussi bien l’amour d’un père pour sa fille que l’inceste ou la pédophilie, fera scandale par son texte équivoque mais aussi par son clip trouble, qui montre Gainsbourg père torse nu et Charlotte en petite culotte et tee-shirt, allongés sur un lit – même si les deux ne se touchent pas… Dans la foulée, l’auteur de Je t’aime, moi non plus écrit et compose un album entier pour sa fille : « Charlotte for Ever », qui sort en 1986. La voix fluette de l’adolescente (alors âgée de 15 ans) se pose délicatement sur les musiques langoureuses de Serge Gainsbourg, qui interprète également deux nouvelles chansons en duo avec sa fille. Les textes sont toujours aussi provocants et les 45 tours Charlotte for Ever et Elastique connaîtront un certain succès commercial.
Mais par la suite, Charlotte Gainsbourg va abandonner la musique pour se consacrer presqu’exclusivement au cinéma. Après avoir décroché le premier rôle principal dans « L’Effrontée » de Claude Miller – qui lui vaudra le César du « Meilleur espoir féminin » en 1986, elle enchaîne avec le film réalisé par son père « Charlotte for Ever » (1986), œuvre semi-autobiographique associée à l’album du même nom. Tout au long des années 80 et 90, elle travaillera ensuite avec des cinéastes aussi prestigieux que Jacques Doillon, Agnès Varda, Bertrand Blier ou Patrice Chéreau… Hormis une participation aux spectacles des Enfoirés en 1994 et en 2001, ainsi qu’une apparition sur la B.O. du film « Love, etc. » en 1996, sa voix si particulière et son allure faussement nonchalante semblent avoir largement déserté le monde de la musique. Mais voici que, alors qu’on ne s’y attendait plus, Charlotte fait une apparition remarquée sur l’album « Réévolution » d’Étienne Daho, en 2003. Elle chante en effet en duo avec Daho sur le morceau If, qui sortira en single. Et alors que sa carrière cinématographique prend une dimension internationale (elle tourne en effet avec Alejandro González Iñárritu ou Todd Haynes), Charlotte se lance d’un seul coup dans l’enregistrement d’un nouvel album, qui sera très marqué par la pop indépendante anglaise. Intitulé « 5:55 », ce disque est en grande partie écrit et composé par le duo électro-pop Air et par Jarvis Cocker, ex-chanteur de Pulp, tout en dévoilant aussi une collaboration avec Neil Hannon de Divine Comedy. Bien loin des ambiances lancinantes de « Charlotte for Ever », « 5:55 » fait de Charlotte Gainsbourg une nouvelle égérie de la chanson pop indé – majoritairement en anglais dans le texte ! Sorti le 8 août 2006, le disque se vendra à plus 500 000 exemplaires en France, ce qui poussera la jeune femme à réitérer l’expérience.
Entre deux films - dont Antichrist, de Lars van Trier,
qui lui vaudra un prix d'interprétation au festival de Cannes - elle contacte donc Beck Hansen, petit génie de la folk-pop
bricolo, et démarre avec lui une fructueuse collaboration musicale, qui débouchera sur
l’excellent album « IRM », qui sort en décembre 2009. Subtil et varié, ce disque
étonnant et séduisant (et toujours anglophone) confirme la reconversion réussie de Charlotte Gainsbourg, hors du temps et des modes,
hors de la variété et du poids du passé. Galvanisée par le succès
critique et public d’« IRM », la fille de son père est même remontée sur scène, avec une
première série de dates en Amérique début 2010, suivie d’une vraie
tournée française et d’apparitions dans les festivals d’été.
Plus de scènes et moins de plateaux, le programme 2010 de Charlotte devrait ravir les amateurs de pop et chagriner les cinéphiles. On ne peut pas plaire à tout le monde !
19/05/2011
05/05/2011
17/11/2010
16/07/2010