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L'artiste est contraint d'annuler trois dates à New York à cause d'un producteur américain qui l'a escroqué.
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L'Olympia vous ouvre ses portes pour une soirée mémorable au son des plus grands tubes joués par le Grand Orchestre de l'Olympia.
Lire l'articleFrank Sinatra est l'Aznavour américain. Non, ce n'est pas une plaisanterie. La plaisanterie, ce serait de dire qu'Elvis Presley est le Johnny Hallyday américain. Mais avec Charles Aznavour, vu le niveau du bonhomme, c'est du sérieux. Et ils ne sont pas nombreux, en France, à tutoyer les sommets mondiaux comme lui.
Ça ne commençait pourtant pas forcément bien. Nom de naissance : Shahnourh Varinag Aznavourian. Allez mettre ça tout en haut de l'affiche ! C'est pourtant ce qu'il a fait, Shahnourh, sous le nom de Charles Aznavour.
Il naît le 22 mai 1924 à Paris, de parents arméniens. Paris n'était qu'une étape, les Aznavourian devant gagner les États-Unis. Mais le visa tarde et Micha, le père, fils d'un des cuisiniers du tsar Nicolas II, ouvre un restaurant qui devient un lieu de rencontre pour la communauté arménienne. Et comme l'homme est un ancien baryton, il chante pour les clients ; certainement l'origine de la vocation du garçon. Charles Aznavour commence en duo avec Pierre Roche, mais c'est sa rencontre avec Édith Piaf, en 1946, qui est déterminante. La Môme emmène les deux lascars dans ses bagages pour une tournée américaine. Très vite populaire au Québec, le duo y reste un an et demi.
En 1952, quand Aznavour revient à Paris, il est seul, Roche s'étant établi à Montréal. Curieusement, celui devant qui tout le monde se pâme aujourd'hui connaît des débuts critiques difficiles. Il a beau écrire des succès pour les autres (Patachou, Mistinguett, Juliette Gréco), dès qu'il se présente sous son propre nom, c'est la curée. "Comment réussir avec un physique et une voix pareils ? Il ne sait même pas bouger." Nul n'est prophète en son pays. Après Montréal, c'est Casablanca qui lui fait un triomphe en 1956. La suite, c'est la prise d'assaut de l'Olympia et de l'Alhambra.
Les critiques le détestent toujours autant mais il a conquis le public. C'est le début d'une série de tubes qui marque la chanson française et mondiale : Je m'voyais déjà, Tu t'laisses aller, La Mamma, For me, formidable, La Bohème, Comme ils disent. Ray Charles chante La Mamma, Fred Astaire Les Plaisirs démodés, Bing Crosby Hier encore. Excusez du peu.
Parallèlement, il mène une carrière sérieuse d'acteur, accumulant les grands films (Tirez sur le pianiste de Truffaut en 1960, Paris au mois d'août de Granier-Deferre en 1965, Le Tambour de Schloendorff en 1979, Les Fantômes du chapelier de Chabrol en 1983).
Il entretient des liens profonds avec son pays d'origine. À l'occasion du tremblement de terre de 1988 à Erevan, il crée la fondation Aznavour pour l'Arménie et enregistre, avec quatre-vingt-dix artistes français, Pour toi Arménie. Il est nommé ambassadeur d'Arménie auprès de l'Unesco et en Suisse, où il réside.
Depuis 2006, Charles Aznavour, qui est un facétieux, a entamé une tournée d'adieu pour annoncer sa retraite. Et les gens, qui l'aiment bien, font semblant d'y croire.
(Allomusic, par Éric Tessier)
Le JT du 20 octobre 2011
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