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Aujourd'hui, on aurait pu vous parler du nouveau single d'Archimède, de la B.O. de The Avengers, voire même des teasers d'Anaïs. Mais aujourd'hui, on est roots, on est Yannick Noah.
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En ce premier lundi du mois de juillet, la rédaction d'Allomusic vous propose une sélection d'albums à écouter sur la route des vacances.
Lire l'articleBob est une affiche sur un mur, un portrait sur un T-shirt ou un large bonnet vert, jaune, rouge, vendu sur un marché aux puces. Ou plutôt des millions d'affiches sur des millions de murs, des millions de portraits sur des millions de T-shirts ou des millions de larges bonnets vert, jaune et rouge, vendus sur des millions de marchés aux puces... Bob est surtout Marley. Bob est le Reggae. Mythe récupéré et essoré jusqu'à la dernière dreadlock par le mass marketing, il est à jamais respecté et vénéré par les plus exigeants. Star mondiale et intemporelle issue d'un des pays les plus pauvre de la planète, Bob Marley a réalisé son tour de force en moins de dix ans, durée de son intense carrière internationale.
Nesta Robert Marley naît à Saint-Anne, en Jamaïque, en février 1945 d'une (très) jeune mère noire et d'un officier blanc d'origine anglaise qui disparaît rapidement. Métis et pauvre, le jeune Nesta quitte son village pour Kingston en 1957 et plus précisément pour le sordide ghetto de Trenchtown. Il y découvre les Sound Systems et assiste à la naissance d'une musique aussi métissée que les jamaïcains, le Ska. C'est une révélation. Avec ses amis Bunny Livingstone et William Hubert Mackintosh (aka Bunny Wailer et Peter Tosh), il enregistre ses premiers morceaux. Rejoints par Franklin « Junior » Braithwaite et Ermine « Cherry » Green, ils fondent en 1963 les Wailers. Plus qu'aucune autre formation, les Wailers vont « spiritualiser » la musique Ska d'abord, puis leur Reggae pour influencer de façon drastique ce genre musical et le lier intimement au mouvement Rastaphari. Jésus avait ses apôtres, Bob a ses Wailers.
Ses rencontres avec Mortimo Planno, figure emblématique du mouvement rasta à Kingston, puis avec Vernon Carrington, « Gad the prophet », fondateur de l’Eglise des 12 tribus d’Israël, ont fait du jeune Bob ce qu'il est devenu : il laisse pousser ses dreadlocks et arbore fièrement les couleurs vert, jaune et rouge de l'Éthiopie, en l'honneur d'Hailé Sélassié Ier, empereur du pays de 1930 à 1974 et incarnation de « Jah », l'Homme Dieu.
Le groupe travaille avec Leslie Kong et Lee « Scratch » Perry et enchaîne les tubes. En 1971, la chanson Trenchtown Rock cartonne mais dépasse encore difficilement les rivages de leur île. Qu'importe, ce succès vaut aux Wailers d'être repérés et signés par Chris Blackwell, un jamaïcain blanc, chez Island Record, puis distribués en Angleterre.
L'histoire est en marche et la suite difficilement racontable. L'album "Catch" a Fire pose les bases de la musique de Marley, militante, prônant la paix, l'unité, l'amour et la fierté du peuple africain oppressé. En 1973, les Wailers deviennent Bob Marley & the Wailers. C'est donc en « solo » que Bob livre Get Up Stand Up ou I shot the Sheriff sur l'album "Burnin". No Woman No Cry sort l'année suivante, sur "Natty Dread".
En 1976, la bible Rolling Stone en fait son groupe de l'année. "Rastaman Vibration" qui sort cette année là, sera le disque de Bob le plus vendu de son vivant, et son premier succès américain. Revers de ce succès fulgurant, Bob est victime d'une tentative d'assassinat chez lui, à Kingston, et reçoit plusieurs balles dans le corps. Le mythe voudrait que cet assassinat raté ait été fomenté par une CIA gênée par le message du Rasta (« Rasta don't work for no CIA »... dans "Rat Race"). De plus en plus impliqué politiquement, le champion du Tiers Monde reçoit une médaille de la Paix aux Nations Unies. Lors du "One Love Peace Concert" de Kingston il fait monter sur scène les deux grands ennemis politiques jamaïcains qui se serrent la main. Il donne des concerts mythiques en Afrique, au Kenya, au Zimbabwe, en Éthiopie...
Également amoureux de foot, Bob organise des matchs dès qu'il le peut. En 1980, au cours d'une de ces parties improvisées, il se blesse au pied. Au moment de le soigner, les médecins découvrent un cancer, qui va se généraliser. En 1981, après l'ultime "Uprising", et sa perle Could you be loved, Bob Marley s'éteint à Miami, terrassé à 36 ans. Il laisse les Wailers, ses treize enfants reconnus, et le Reggae orphelins. Suivront des dizaines de compilations et d'albums posthumes. L'un de ces opus post-mortem, parmi les plus dénaturés et remasterisés, s'appelle "Legend"... Comme Elvis, Bob est mort. Mais pas trop.
(Source : AlloMusic, Antoine Deshusses)