Artiste : faites-vous connaître, diffusez vos propres morceaux, mélangez-les à vos titres préférés dans vos playlists
S'inscrire pour créer sa fiche artiste
Coldplay, Björk, Colonel Reyel... Les vedettes de la musique, si différentes soient-elles, éprouvent parfois des difficultés vis-à-vis de la réalité. Revue d'effectif.
Lire l'article
En marge de la sortie de son nouvel album "Biophilia", tentons d'apprivoiser la plus célèbre des Islandaises.
Lire l'articleL’Islande est une bien étrange contrée, géologiquement connue pour ses glaciers, volcans et geysers, musicalement célèbre pour ses artistes musicaux, parmi les plus extravagants du globe (Sigur Rós, Mùm, Gus Gus). Et la déesse de cette petite bande de géniaux illuminés est incontestablement Björk, chaînon manquant entre la femme libérée (celle qui est si fragile) et l’elfe des forêts, mélange de fée nordique et de sorcière pernicieuse, dont la baguette magique produit de drôles d’effets…
Björk Gudmundsdóttir (à lire d’une seule traite sans respirer) est née le 21 octobre 1965 dans une communauté hippie de Reykjavik, de « père incertain » (normal dans une communauté hippie…). Intéressée très tôt par la musique, elle enregistre à 12 ans un disque de reprises de standards islandais qui aura un beau succès, au moins national. Elle intègre ensuite pléthore de groupes locaux, dont seuls Tappi Tikarrass ou KUKL laisseront quelques traces discographiques. Mais c’est vraiment avec l’excentrique combo The Sugarcubes qu’elle révèle au monde entier sa voix unique et son grain de folie. Néanmoins, malgré trois bons albums, une indéniable reconnaissante critique et un succès commercial croissant, les Sugarcubes se séparent en 1992, au terme de six ans d’existence. Ceux qui voyaient en eux le futur de la pop indé sont au bord du gaz, mais c’est en fait vraiment là que la carrière de Björk va prendre son envol.
En 1993 sort Debut, premier album solo (comme son titre l’indique) de la chanteuse. Ancré dans la pop mais gorgé de jazz et d’électro, ce disque enregistré à Londres avec le producteur Nelle Hopper (Massive Attack) est à la fois parfaitement dans l’air du temps et totalement indémodable. Il sert aussi d’écrin à la voix entre ciel et terre de Björk, tout à la fois puissante et empreinte d’une naïveté angélique, céleste mais zébrée de feulements et de cris qui inquiètent quant à sa santé mentale… Dans la foulée, les albums vont se suivre mais ne se ressembleront jamais : Post (1995) durcit le ton mais propose aussi des titres orchestrés dignes des comédies musicales de Broadway ; Homogenic (1997) est plus mature, grave et lyrique ; Selmasongs (2000) est la B.O. du rugueux mélo chanté Dancer in the Dark – dans lequel Björk joue le rôle principal ; Vespertine (2001) est totalement introspectif et minimaliste ; Medùlla (2004) est un disque expérimental et exigeant dédié à la voix humaine ; Drawing Restraint 9 (2005) est la bande-son japonisante du film éponyme réalisé par son mari, l’artiste contemporain Matthew Barney ; Volta (2007) est chaleureux et spontané, avec de belles couleurs acoustiques.
Tout au long de sa riche carrière (qui est évidemment loin d’être finie), Björk a toujours su collaborer avec les artistes les plus avant-gardistes et créatifs de leur époque : les géniaux vidéastes Michel Gondry, Spike Jonze et Chris Cunningham, le producteur électro Howie B, le controversé cinéaste danois Lars Von Trier, le duo electronica décalé Matmos, le compositeur David Arnold, les rappeurs Rahzel et Timbaland, ou les chanteurs Tricky, Thom Yorke (Radiohead), Mike Patton (Faith No More)… Sans oublier les nombreux graphistes, producteurs, remixeurs, photographes, créateurs de mode ou vidéastes qui ont contribué à bâtir l’univers fantasque et chamarré de l’audacieuse islandaise.
Icône de la « branchitude » pareillement adulée par l’underground et le grand public, artiste imprévisible et personnalité ambivalente, Björk est parvenue (à l’instar de Radiohead ou Massive Attack) à dépasser les limites de la pop, à transcender les genres, à concilier totale liberté artistique et succès commercial mondial. Et si l’on doit faire un vœu, souhaitons que son conte de fée se poursuive encore longtemps, et que le majestueux carrosse de cette reine des glaces garde sa belle allure…
(Source : AlloMusic)
Le JT du 16 septembre 2011
16/09/2011
04/10/2011
06/06/2011
13/05/2011
13/05/2011