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Beyoncé a réussi par la bande. Un parcours difficile, tant il est peu d’exemples d’artistes ayant réussi une brillante carrière solo après avoir fait partie d’un boys-band ou d’un girls-band à succès. On peut même les compter sur les doigts d’une main : Robbie Williams (ex-Take That), Justin Timberlake (ex-*NSync) et Beyoncé Knowles, ex-Destiny’s Child. Et ce ne sont pas les expériences en solitaire sans saveur des ex-Spice Girls ou des ex-New Kids on the Block qui nous feront mentir…
Beyoncé Giselle Knowles nait le 4 septembre 1981 à Houston, Texas, d’un père producteur de disques et d’une mère styliste. Inutile de dire donc à quel point elle fut immergée très tôt dans le show-business, même si elle s’avérait être une enfant plutôt timide… Cela ne l’empêchera pas de prendre des cours de danse, puis de chant où elle se fera remarquer en enlevant quelques concours locaux. Tout en faisant partie du chœur de l’église de son quartier (en tant que chanteuse solo), la jeune fille s’inscrira aussi dans une école d’arts visuels et d’interprétation. Fort logiquement, Beyoncé rêve d’embrasser une carrière musicale, et c’est dans ce but qu’elle se présente un beau jour à une audition pour faire partie d’une formation de jeunes chanteuses et danseuses, dans laquelle sera également enrôlée son amie Kelly Rowland. Composé de six filles, le groupe est alors nommé Girl’s Tyme, mais ses débuts sont hésitants. Confiant dans le potentiel de la formation, le père de Beyoncé quitte son poste et devient le manager de Girl’s Tyme, à qui il impose un entrainement quasi-militaire pour accéder à la réussite. En 1993, Girl’s Tyme devient Destiny’s Child, avant d’être signé chez Columbia en 1997. Et là, effectivement, la réussite artistique et commerciale pointe aussitôt le bout de son nez ! Ce qui n’évitera pas de nombreuses tensions au sein du groupe, finalement réduit à un trio après plusieurs changements de line-up. Et en 2001, après quatre albums studio et une flopée de tubes, Destiny’s Child annonce sa mise en pause pour permettre à ses membres de poursuivre des carrières solo…
Néanmoins, Beyoncé n’avait pas attendu le communiqué officiel pour expérimenter toute seule. Dès 1999, elle avait ainsi enregistré un duo avec Marc Nelson pour une B.O. de film, puis participé au single « I Got That » du rappeur Amil en 2000. La même année, elle signe un contrat pour trois albums solo avec Columbia, avant de tenir le rôle principal du téléfilm de MTV « Carmen : A Hip Hopera » – version rap du « Carmen » de Bizet ! Le cinéma semble lui tendre les bras (avec un physique comme le sien, on n’a pas trop de mal à le comprendre), et Beyoncé tient alors un rôle important dans la comédie « Austin Powers – Goldmember » (2002), dont elle interprète aussi la chanson-thème : Work It Out. Elle récidive l’année suivante en apparaissant dans la comédie musicale romantique « The Fighting Temptations », pour laquelle elle chante également plusieurs chansons. Et après avoir collaboré avec Jay-Z (qui deviendra son mari), 50 Cent ou Luther Vandross, Beyoncé Knowles sort enfin son premier album solo : « Dangerously in Love » (2003). Même si ses deux consœurs de Destiny’s Child, Kelly Rowland et Michelle Williams, l’ont coiffée au poteau en sortant leurs opus personnels avant, c’est pourtant bien elle qui décrochera la timbale en se plaçant directement au sommet des meilleures ventes, notamment grâce aux tubes Crazy in Love et Baby Boy. Ayant remporté de multiples récompenses en tant qu’artiste solo 2004, Beyoncé participe néanmoins à la reformation de Destiny’s Child pour l’album « Destiny Fulfilled » (2004), qui sera un carton au Billboard américain et débouchera sur une tournée mondiale du trio en 2005. Mais au terme de cette tournée, le groupe annonce officiellement sa séparation, fin 2005. Du coup, Beyoncé reprend le cours de ses fructueuses activités personnelles, en jouant notamment dans le remake de la « Panthère Rose » (avec Steve Martin) puis dans « Dreamgirls » – deux films pour lesquels elle interprète aussi des chansons qui deviendront des tubes…
Le jour de son vingt-cinquième anniversaire (soit le 4 septembre 2006), Beyoncé sort enfin son second album : « B’Day ». C’est un nouveau carton, toujours grâce à la voix à la fois veloutée et puissante (qui couvre trois octaves et demie) de la chanteuse, et à son mélange habile de R’n’B suave et de hip-hop dansant, qui garantit la popularité de singles tels que Déjà Vu ou Irreplaceable.
La tournée qui suit la sortie du disque, The Beyoncé Experience, donnera lieu à un DVD live (étonnamment titré « The Beyoncé Experience Live! »), et confirmera le charisme et la popularité de l’ex-Destiny’s Child. Entre début 2007 et fin 2008, celle-ci continue d’engranger des Awards à la pelle, de battre des records et d’apparaître dans des films (Cadillac Records), puis sort son troisième album : « I Am… Sasha Fierce » (novembre 2008), dont le titre fait référence au personnage que Beyoncé s’est inventé sur scène. Pas de surprise là encore : c’est un nouveau triomphe, générant (encore) des tubes internationaux, lançant (encore) une tournée fort lucrative et rapportant (encore) moult récompenses à la chanteuse. En 2010, Beyoncé trouve même le moyen de créer à nouveau l’évènement grâce à son duo avec Lady Gaga, « Telephone », dont le clip sera vu des milliards de fois sur le Net et qui battra le record détenu jusque là par Mariah Carey en faisant simultanément de Knowles et Gaga les deux artistes féminines ayant eu le plus grand nombre de singles classés n°1 des charts américains. Même le parfum qu’elle a créé, Heat, se vend comme des petits pains ! Si Beyoncé est une « enfant du destin », celui-ci s’est avéré jusqu’ici particulièrement souriant pour elle. Et, à ce jour, il ne semble pas y avoir de raisons pour que ça change !