Artiste : faites-vous connaître, diffusez vos propres morceaux, mélangez-les à vos titres préférés dans vos playlists
S'inscrire pour créer sa fiche artiste
Coups de cœur, attentes ou déceptions : notre (modeste) contribution hebdomadaire, pour orienter vos oreilles dans la jungle des sorties d'albums.
Lire l'article
Le chanteur américain Ben Harper viendra défendre son nouvel album sur la scène de La Flèche d'Or le 9 mai prochain.
Lire l'articleUne voix de miel dans un corps de colosse. Des doigts d'horloger suisse qui auraient poussé au bout des bras d'un bucheron canadien. Benjamin, dit Ben Harper, né en 1969 en Californie est un drôle de mélange. Au sens premier du terme d'abord puisque, illustration quasi caricaturale du grand melting-pot américain, Ben a du sang indien, africain et européen dans les veines. Et ça se voit sur sa belle gueule. Le grand métisse, dont la côte auprès des filles oscille entre celle de Lenny Kravitz et celle de Johnny Depp, mélange aussi les genre musicaux. A la croisée du Folk, du Blues, de la Country et du Rock, sa musique également mâtinée de Reggae réussit le périlleux exercice de séduire le plus grand nombre, tout en restant exigeante.
Élevé au milieu des instruments de ses grands parents luthiers, bercé par la musique que pratiquent ses deux parents, le petit Ben gratouille la guitare dès son plus jeune âge. Il se fait offrir son premier instrument à 7 ans. Une révélation pour le gamin qui se met à composer comme il respire, pour exprimer ce qu'il ressent et mettre sa vie en musique. Ni noir, ni blanc, ni riche, il entame à l'adolescence un parcours classique, le Conservatoire de la vie : il passe de job en job pendant la journée et se produit le soir dans les bars du coin. C'est là qu'il peaufine la technique du Slide, guitare jouée posée sur les genoux, qui deviendra sa griffe dans ses premiers albums. Il parvient justement à enregistrer "Pleasure and pain" en 1992, un opus entièrement acoustique qui lui vaudra d'être remarqué et signé par Virgin Records. En 1993, il joue pour la première fois en Europe, aux Transmusicales de Rennes. C'est donc en confiance qu'il pond l'année suivante "Welcome to the cruel World", une drôle de bombe musicale qui le lance pour de bon.
Il trace, depuis, une route unique entre les genres musicaux. Son son ne ressemble à rien de véritablement connu mais reste suffisamment familier pour que le public adhère et suffisamment novateur pour que la critique l'adoube. "Fight For Your Mind" (1995), "The Will To Live" (1997) et surtout "Burn to shine" (énorme carton en 1999), sont autant de réinventions réussies et plébiscitées du style Ben Harper. Il a collaboré depuis avec les Blind Boys of Alabama ("There will be a Light" en 2004, puis "Live at the Apollo" en 2005) et The Innocent Criminals ("Lifetime", en 2007) sans jamais perdre le fil.
Si ses albums tournent aujourd'hui un peu trop souvent en fond sonore des dîners en semaine entre amis ("Burn to Shine" passe très bien entre la poire et le dessert) ou des apéros entre filles, Ben Harper mérite certainement une ou deux réécoutes attentives. Quitte à sauter pour la forme quelques écarts "commerciaux", comme sa reprise du "Sexual Healing" de Marvin Gaye, ballade un peu trop mielleuse.
(Source : AlloMusic, Antoine Deshusses)
17/05/2011
31/03/2011
30/03/2011
13/02/2011