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Pour son prochain album, la jeune femme pourrait travailler avec Paul McCartney !
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Une chouette B.O.F., qui propose une musique inventive, subtile et délicate.
Lire l'articleBeck : un patronyme court qui craque et fait sourire, immédiatement sympathique, élégamment accrocheur, à l’image de la musique de l’artiste : des titres directs, croustillants et décalés, souvent faits de bric et de broc, mais d’une efficacité et d’une créativité indéniables.
Beck David Campbell naît le 8 juillet 1970 à Los Angeles (Californie), d’un père musicien-arrangeur et d’une mère artiste pluridisciplinaire (et ancienne collaboratrice d’Andy Warhol). Notons également que le grand-père maternel de Beck est Al Hansen, artiste contemporain pilier du mouvement surréaliste Fluxus. C’est dire si le jeune garçon a baigné dans un milieu artistique, et on ne s’étonne donc pas d’apprendre qu’il abandonnera ses études au milieu des années 80 pour tenter de vivre de sa musique. Il parcourt l’Europe en chantant dans les rues, hébergé quelques temps chez son excentrique grand-père, avant de s'installer dans le mouvement underground de l’anti-folk, une forme de folk-music à l’éthique et à l’esprit très punk.
Entre 1992 et 1994, il acquière un statut d’artiste culte grâce à des concerts totalement loufoques. Parallèlement, Beck autoproduit des cassettes (« Banjo Story ») ou des disques sur d’obscurs labels indépendants (« Golden Feelings », « A Western Harvest Field by Moonlight », « Stereopathetic Soulmanure », « One Foot in the Grave »), avant d’enregistrer un titre en collaboration avec le producteur de hip-hop Karl Stevenson : Loser. Gravé sur vinyle, ce morceau entêtant sera rapidement programmé sur toutes les radios étudiantes, acheminant le nom de Beck jusqu’aux oreilles des directeurs artistiques de grosses maisons de disques – qui vont alors se battre pour signer le jeune homme. Celui-ci choisira finalement Geffen Records, label hébergeant son ami Thurston Moore (Sonic Youth), qui lui offre moins d’argent que les autres mais lui garantit une totale liberté artistique !
S’ouvrant sur le fameux hymne rap-folk déglingué Loser, « Mellow Gold », le premier album de Beck pour une major-company, révèle une musique sans œillères, qui mélange hip-hop, country, pop, folk, noise rock et électro expérimentale, dans une ambiance joyeusement bricolo et avec une production très crue. Le style « lo-fi » (pour « low-fidelity », par opposition aux productions pop trop policées) vient de trouver son ambassadeur ! Si certains pensent que Beck n’est que l’homme d’un seul tube à cause du succès massif de Loser, il leur prouvera le contraire avec « Odelay » (1996), produit par les Dust Brothers et encore plus accrocheur que son prédécesseur – tout en restant expérimental et bigarré. C’est un nouveau carton commercial, sacré « Album de l’année » par de nombreux magazines, qui vaudra de nombreuses récompenses à ce chanteur atypique et créatif. Ce vrai-faux « loser » enchaîne sur « Mutations » (1998), disque censé être à l’origine un intermède récréatif édité par une structure indépendante mais qui sera sorti par Geffen sans le consentement réel de l’artiste. Produit par Nigel Godrich (Radiohead), ce disque enregistré en 14 jours (à raison d’une chanson par jour) est nettement plus marqué par le blues et la folk, mais connaîtra quand même un beau succès commercial grâce à son côté plus accessible. Artiste protéiforme et prolifique, Beck organisera également une exposition de collages, dessins et textes au côté de son grand-père, tout en multipliant les morceaux inédits pour des bandes originales de films branchés (« Une vie moins ordinaire », « Moulin rouge », « Eternal Sunshine of the Spotless Mind »).
En 1999 paraît « Midnite Vultures », disque beaucoup plus funky et exubérant, qui se vendra moins bien que ses prédécesseurs, mais donnera lieu à des concerts spectaculaires, avec section de cuivres et effets scéniques. Si certains puristes sont déjà prompts à enterrer Beck, ils ravaleront leur fiel lors de la sortie de « Sea Change » en 2002 ! Ode à une rupture sentimentale (celle de Beck et de son ex-femme Leigh Limon), ce disque s’inspire autant de Serge Gainsbourg que de Neil Young, avec ses arrangements de cordes (exécutés par le propre père de Beck) et ses guitares acoustiques claires. Le disque sera porté aux nues par la critique et remettra Beck en tête des classements des meilleures ventes d’albums, malgré l’absence de singles…
Fidèle à sa boulimie sonore, Beck continuera de fricoter avec les artistes les plus aventureux (Air, The Flaming Lips) ou improbables (Pink), tout en sortant de nouveaux opus aussi colorés et imprévisibles que leurs prédécesseurs, tels « Guero » en 2005 (retour mitigé au style kaléidoscopique d’« Odelay »), son exigeant pendant remixé « Guerolito », le quasi hip-hop « The Information » (2006) et le toujours aussi hétéroclite « Modern Guilt » (2008).
Devenu le chantre du rock alternatif américain dans toute sa diversité, sa créativité et sa folie douce, Beck a aussi récemment collaboré étroitement avec notre Charlotte Gainsbourg nationale pour son excellent album « IRM ». Artiste complet, à la fois en marge du système, totalement inclassable et furieusement populaire, Beck n’a finalement qu’un seul défaut : il est un membre fervent de l’Église de Scientologie ! Non, décidément, personne n’est parfait…
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